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GRASSE VINTAGE Les photos anciennes de Grasse

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

LE PAYS DE GRASSE

LA MAGIE D'UN TERROIR

 

Bientôt un livre sur l'inventaire de la parfumerie au "Pays de Grasse", son passé, son présent et son futur. Une grande fresque faite d'histoires, de témoignages, de réalisations nouvelles politiques et économiques. Un livre sur "notre" parfumerie comme il n'y en a pas eu depuis longtemps. "Le Pays de Grasse, la Magie d'un terroir" de André Raspati et Gabriel Benalloul bientôt en librairie...

 

 

 

AVANT-PROPOS

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"Pour constituer la section de ce blog consacrée aux parfumeries disparues, je me suis appuyé sur l’inventaire du patrimoine industriel réalisé par la Ville de Grasse en partenariat avec le service régional de l’Inventaire. Une grande partie des textes et des illustrations iconographique en émanent directement, ce blog ayant aussi pour vocation de mieux faire connaître ce travail de fonds réalisé entre 2007 et 2009 pour ce qui touche à la parfumerie et entre 2011 et 2013 pour ce qui concerne les moulins hydrauliques.

L’ensemble de cette étude d’inventaire est également accessible sur la base de données GERTRUDE de la Région Sud. L’ouvrage historique Grasse, l’usine à parfums, édité chez Lieux-Dits en 2015 et rédigé par Gabriel BENALLOUL et Géraud BUFFA offre une synthèse des principaux acquis des recherches."

 

 

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VERSION 2020-04

Ce blog a été réalisé par : andre.raspati@gmail.com

Avec mes plus vifs remerciements aux différentes personnes qui m'ont aidé à réaliser ce blog "Grasse-Vintage" et tout particulièrement :

  • La Région PACA qui m'a aimablement autorisé à utiliser les textes et les photos publiés dans l'inventaire général du Patrimoine Culturel : https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22parfumerie+de+Grasse%22&type=Dossiers
  • Le centre de Documentation iconographique, documentaire et historique produite par les services patrimoniaux de la DRAC PACA et réalisée par Gabriel BENALLOUL -  http://patrimages.culture.fr/
  • La Maison du Patrimoine de la Ville de Grasse dont la responsable Laurence ARGUEYROLLES m’a permis d’accéder à de très nombreuses informations - animation.patrimoine@ville-grasse.fr 
  • Les Archives Communales de la Ville de Grasse qui m'ont aidé dans mes recherches et permis d'accéder à de très nombreuses informations - http://www.ville-grasse.fr/archives_communales.html
  • Corinne JULIEN-BOTTONI qui m'a aimablement autorisé à publier ses articles de l'histoire de Grasse qui paraissent régulièrement dans Nice-Matin 
  • Robert VERLAQUE, professeur, historien, auteur d'ouvrages sur Grasse (Grasse du Moyen-Age à la Belle-Epoque, Grasse au XX ème siècle), Président du Cercle Culturel de Grasse qui m'a transmis de nombreux documents
  • Alain SABATIER, photographe qui m'a autorisé à utiliser ses clichés pour illustrer mes blogs
  • Toutes les personnes qui m'ont prêté leur collection de cartes postales, de photos ou de documents. 
  • Toutes les personnes qui publient ou qui ont publié sur les réseaux sociaux des documents ayant un lien avec mon blog

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Bibliographie

  • "Contribution à la connaissance de la ville de Grasse" de Joseph FARNARIER
  • "Le Pays de Grasse" de Hervé de FONTMICHEL
  • "Grasse, Portrait d'une ville provençale" d'Alain SABATIER et Lucien AUNE
  • "Grasse, dans les bouleversements du XXe siècle" de Robert VERLAQUE

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Si un document qui figure dans ce blog n'est pas libre de droit merci de me le signaler

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L'habit des Parfumeurs "qui ont pris l'eau..."

Tous ces noms, toutes ces marques disparues...

 

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Encore un document sur l'évolution de la parfumerie à Grasse ?

Oui, des études ont déjà été publiées sur ce sujet. Elles ont été réalisées à partir de documents d'archives. Mon blog, pour sa part, s'ajoutera à ces études ; il a été permis par plus de 30 années professionnelles vécues dans le "monde" de la parfumerie grassoise.

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Voyons ce que disait l'étude déjà publiée

En Avril 1997,Valérie BIA, journaliste, publie une étude en 2 tomes qu'elle a réalisée pour le compte de la Mission du Patrimoine Ethnologique et le Musée International de la Parfumerie à Grasse dont voici quelques extraits...

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..."Grasse est une petite ville des Alpes-Maritimes, construite sur un éperon rocheux à 350 mètres d'altitude. Station de résidence pour de riches familles, ou de séjours touristiques pour des étrangers. Grasse est également une cité industrielle. La ville tient en effet depuis deux siècles, une place prépondérante dans la parfumerie française."Cet endroit qui ne payait pas de mine et était en même temps plein d'assurance, c'était la ville de Grasse, ... capitale incontestée de la fabrication et du commerce des parfums, de leurs ingrédients, des savons et des huiles...C'était la Rome des odeurs, la terre promise des parfumeurs : qui n'y avait pas fait ses classes n'aurait pas dû avoir droit au titre de parfumeur ", Patrick Suskind "Le Parfum". Liée à la tannerie, très florissante dès le XlIIe siècle dans la cité, la parfumerie prend son essor trois siècles plus tard, avec la mode des cuirs parfumés. En 1724, les gantiers-parfumeurs se séparent des tanneurs et leurs statuts sont approuvés en 1729 par le parlement de Provence. La mode de se parfumer implique une grande demande en matières premières. De nombreux parfumeurs s'installent ainsi à Grasse, attirés par le microclimat permettant de cultiver les fleurs les plus délicates comme la rose, le jasmin, la jonquille, la narcisse, l'oeillet, la tubéreuse, la fleur d'oranger, le genêt... 

 

Fresque sur un mur du parking de la parfumerie Molinard - Photo André Raspati

 

Paris impose, au début du XIXe siècle une rude concurrence aussi Grasse abandonne la création de produits finis et se spécialise dans la fabrication de matières premières naturelles. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la parfumerie passe du stade artisanal au stade industriel. L'utilisation de la vapeur, l'extension des cultures florales dans toute la Provence orientale, l'arrivée du chemin de fer à Cannes puis à Grasse, l'installation dans les bas quartiers de la ville de grandes usines modernes, ont facilité la naissance rapide de grandes entreprises industrielles appartenant toutes à des familles locales. Les parfumeries, primitivement installées dans la ville, entament une descente vers la plaine, en direction du Plan de Grasse. Les raisons de ce mouvement sont multiples : volonté de construire de nouveaux bâtiments mieux adaptés aux exigences de la production, désir de se rapprocher des voies de communication, nécessité de quitter la ville à cause des dangers des nouvelles techniques, facilité pour les adductions d'eau qui suivent la pente naturelle et, plus récemment, besoin de s'installer sur des espaces plats plus pratiques. http://Valérie BIA

 

 

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Que s'est-il donc passé ???

Grasse après la guerre de 1914/18

Les parfumeries grassoises ont su acquérir quantité de brevets, et se rendre maître d'inventions techniques qui ont donné aux parfumeurs grassois une constante avance sur leurs concurrents, tout en faisant de Grasse un lieu de recherche de très haut niveau. Mais la Grande Guerre a ralenti un moment cet essor exemplaire. La reprise n'est pas simple pour ceux qui ont de tout temps été, autant avant-gardistes que négociants. Grasse est confrontée à une baisse de chiffre d’affaires. Certains parfumeurs grassois saisiront l’opportunité que le tourisme étranger, venu visiter la côte d’Azur, pouvait leur rapporter et rachètent des parfumeries de produits finis. Méro Boyveau acquiert Bérenger Fils et l'intègre à Molinard, Muraour Frères est racheté par la famille Fuchs, fondateur de Fragonard, Etienne Carémil, maire de Grasse, rachète à un industriel suisse, M. Mühlethaler la marque de fabrique Honoré Payan, tombée en désuétude et François Chauve, fondateur de la marque « A la confiance » est racheté par Paul Robertet, sans oublier Monsieur Alziary qui crée sa marque, les Fontaines Parfumées. D'après http://faireletourdumondeenparfums.com/

 

Grasse après la guerre de 1939/45

L'industrie grassoise de la parfumerie reprendra peu à peu des couleurs après 1920 mais en revanche, la Seconde Guerre Mondiale, coupera les entreprises grassoises de leurs sources d'approvisionnement modifiant durablement la carte de l'Europe, supprimant l'empire colonial, détruisant les monopoles européens et bouleversant les bases financières des marchés. Elle a introduit les règles d'un nouveau jeu économique auquel les Grassois, comme une grande partie des industriels français d'ailleurs, étaient mal préparés

Les clients internationaux ont été amenés bien entendu à se servir ailleurs que sur les champs de bataille européens des pays engagés dans le conflit mondial. Grasse perd donc énormément de parts de marché et les ténors de la profession ne sont plus à Grasse : américains, suisses, anglais, hollandais se partagent le gâteau avec des sociétés qui deviendront gigantesques années après années, par fusions et acquisitions successives. Firmenich, Givaudan, IFF, Naarden, Harman et Reimer. Pendant ce temps le entreprises grassoises se regardent ; elles n'investissent pas dans les secteurs du progrès ; beaucoup sont dirigées par des membres de la famille propriétaire qui n'ont pas la compétence. Grasse est dépassée...

 

Le commencement de la fin

A partir des années 1950, de puissants groupes chimiques ou pharmaceutiques français, tel Elf-Aquitaine ou étrangers comme l'américain Florasynth profitent de la perte de vitesse de certaines entreprises grassoises pour s'implanter à Grasse. Le capital grassois passe partiellement alors dans des mains étrangères. Cette mutation s'est accompagnée d'une indispensable diversification : aux matières premières naturelles se sont ajoutées les compositions des parfums et surtout l'élaboration d'arômes destinés à l'industrie alimentaire ; ceux-ci constituent désormais une production de plus en plus importante dans l'ensemble des usines dispersées autour de Grasse. Ce mouvement de transfert s'accompagne également d'un changement profond de mentalités des industriels. Autrefois ceux-ci étaient des Grassois ; ils géraient leurs entreprises de façon familiale. Aujourd'hui, la plupart des dirigeants ne sont plus des gens "d'ici" mais ont été détachés par leur groupe pour rentabiliser au mieux leurs investissements et en plus Grasse n'est plus la principale région de production de fleurs à parfum mais elle demeure toutefois, avec la production et la transformation des matières premières odorantes naturelles le lieu d'un savoir-faire unique. 

En 1997, il ne restait que trois usines authentiquement grassoises, il s'agissait des usines ROBERTET, CHARABOT et MANE Fils à Bar/Loup. (Au début des années 2000, ROBERTET absorbera CHARABOT). La ville de Grasse regorgaient de fantômes d'usines, telles les usines LAUTIER, BERTRAND FRERES ou MERO-BOYVEAU qui risquaient d'être détruites pour faire place à des constructions modernes, centres commerciaux, immeubles....C'est fait pour les trois citées dans les années 2000. Certaines ont déjà été détruites comme TOMBAREL (partiellement) pour y construire une école privée ou bien CHIRIS, qui a fait place à une cité de la Justice.

Mais que restera t-il de notre passé si le patrimoine de Grasse disparaît ainsi ? L'intérêt et l'urgence d'une étude sur les Maisons de Parfumerie Grassoises, disait Valérie BIA, apparaît, pour tenter de sauver leur Histoire. De plus, les personnes susceptibles d'apporter des éléments à ce souvenir sont maintenant des personnes d'un certain âge, dont les témoignages doivent être rapidement recueillis. 

 http://Valérie BIA  

 

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La destruction de Méro & Boyveau en 2007. Au fond Grasse observe avec tristesse - Photo : André Raspati

 

 

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LES PARFUMERIES QUI ONT DISPARUES

(ordre alphabétique)

ALBERT et BERMON : voir Camilli, Albert et Laloue

ALZIARY et NOGARA : voir Les Fontaines Parfumées

ANDREOLI : voir SOZIO

BERENGER JEUNE : voir Camilli, Albert et Laloue

BERENGER FILS :  voir Méro et Molinard

BERARD

BERNARD ESCOFFIER

BERTRAND FRERES

BIOLANDES

BRUNO COURT

BRUNO JAILLARD & LOUIS DUCROT : voir Bernard Escoffier

CAMILLI, ALBERT ET LALOUE  

C.A.L et C.A.L PFIZER  :  voir Camilli

CAVALLIER FRERES

CHIRIS  

Jean COURT O​​​​​​SSOLA

J.CURRAULT :  voir Tombarelly Escoffier

EUZIERE

FARGEON, MOTTET & CIE, CRESP-MARTINENQ

HONORE PAYAN

HUGUES AINE

HUGUES FILS

HUGUES-GUEZET : voir Hugues Fils

ISNARD-MAUBERT

JEAN GIRAUD et GIRAUD FRERES

LA MARIGARDE : voir Selin

LAUTIER

S.A DISTILLERIE JEAN COTTA : voir Bertrand Frères

LES FONTAINES PARFUMEES 

MERO & BOYVEAU   

MOURARD : voir Les Fontaines Parfumées

MOUTET

MURAOUR FRERES​​​​​​

H. MURAOUR et CL. RAYNAUD​​​​​​

OCTAVE FRERES : voir Tombarel

PAYAN ET BERTRAND : voir Honoré Payan

PELISSIER- ARAGON : voir Les Fontaines Parfumées

PILAR FRERES voir Chiris

RANCE & LAUTIER

CLAUDE RAYNAUD

ETIENNE ROBERT

ROURE 

SCHMOLLER et BOMPARD 

SELIN

SEZARY ET CHEVALIER  : voir Molinard

SORNIN : voir Isnard-Maubert

SOZIO 

THOMAS-MERLE : voir Tombarel

TOMBAREL

TOMBARELLY ESCOFIER

V. TOUSSAN

WARRICK

LES COURTIERS EN PARFUMERIE QUI ONT DISPARU

 

LES PARFUMERIES (peut être) EN COURS DE DISPARITION

CHARABOT

EXPRESSIONS PARFUMEES

 

 

LES PARFUMERIES QUI ONT DISPARUES

(dans l'ordre de cette étude)

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1/ CHIRIS

2/ PILAR-FRERES LEFEVRE et CIE SUCCESSEURS

3/ CLAUDE RAYNAUD

4/ TOMBAREL

5/ MURAOUR FRERES

6/ H. MURAOUR et CL. RAYNAUD

7/ MERO ET BOYVEAU

8/ SEZARY et CHEVALIER

9/ BERENGER JEUNE 

10/ BERENGER FILS 

11/ LAUTIER 

12/ ROURE

13/ BRUNO COURT

14/ SOZIO 

15/ JEAN GIRAUD et GIRAUD FRERES

16/ CAMILLI / CAL

17/ LES FONTAINES PARFUMEES 

18/ HUGUES AINE et CHARABOT

19/ HUGUES FILS ET HUGUES-GUEZET

20/ BERTRAND FRERES

21/ SCHMOLLER et BOMPARD

22/ CAVALLIER FRERES

23/ SELIN/LA MARIGARDE

24/ ISNARD-MAUBER

25/ WARRICK

26/ FARGEON, MOTTET & CIE, CRESP-MARTINENQ

27/ BERNARD ESCOFFIER

28/ V. TOUSSAN

29/ HONORE PAYAN

30/ TOMBARELLY ESCOFIER et J.CURRAULT

31/ BERARD

32/ EUZIERE

33/ MOUTET

34/ RANCÉ  1795

35/ ETIENNE ROBERT

36/ Jean COURT O​​​​​​SSOLA

37/ BIOLANDES

38/ QUELQUES AUTRES

39/ LES COURTIERS

 

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A propos de Sanofi

Nous serons amenés plusieurs fois à parler, dans cette histoire des usines disparues, de la société SANOFI, filiale de Elf Aquitaine à l'époque où elle intervient dans la parfumerie grassoise. Pour éviter de répéter les mêmes informations à propos de chaque entreprise grassoise concernée par l'intervention de Sanofi, voici ce qu'il faut en savoir.

En 1982, le groupe pharmaceutique français SANOFI rachète le laboratoire Clin-Midy (ex Midy, Comar, Clin et Byla) qui avait lui-même repris dans un souci de diversification au tout début des années 1980, certaines firmes de la région grassoise (une usine de savons non loin de Grasse, Sordes, une entreprise spécialisée dans les arômes alimentaires à Nice, Sébalcé, une entreprise spécialisée dans les matières premières pour la parfumerie, Tombarel et plus tard, Chiris dont Naarden ne veut plus après l'avoir une seconde fois pillé après UOP).  Sanofi se trouvera donc accessoirement propriétaire de sociétés de produits aromatiques et de matières premières de parfumerie dont elle ne sait que trop faire. Mais en 1987, l'acquisition d'une autre société grassoise J. Méro & Boyveau, numéro 1 à Grasse de la fabrications des matières premières aromatiques destinées à l'alimentation, permet change la donne et donne le top de départ au pharmacien pour se lancer dans  une activité nouvelle : les bios technologies. Une filiale particulière va ainsi voir le jour. Sanofi, coup sur coup complètera son territoire en devenant propriétaire d'une pléiade de sociétés de premier ordre toutes spécialisées dans des domaines alimentaires autres que l'aromatique (texturants, gelatine, pectine, ferments...) qui sont délaissées par leurs propriétaires. Le fil conducteur de toutes ces sociétés est trouvé ; il s'agira d'ingrédients alimentaires et l'ensemble est regroupée sous l'entité Sanofi Bio Industries (SBI). Voir à ce propos l'ouvrage de cette épopée vécue de l'intérieur : l’exemplaire histoire de Chiris, 1987 et réédition sous le titre L’âge d’or de la parfumerie à Grasse, d'Éliane Perrin et Olivier Buttner, 

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Grâce à sa société SBI, le groupe SANOFI entre ainsi en force et pour quelques années dans l'industrie grassoise. Elle a donné un second souffle à quelques sociétés "abandonnées" ou à la dérive. Hélas, cela sera de courte durée. SANOFI cède sa filière SBI pour des raisons de stratégie politique interne (retour au métier maître : la pharmacie). Tout cela, laissera un goût amer à tous ses salariés qui ont été enchantés par cette belle aventure mais finalement déçus parce que ballotés et bercés par des illusionnistes financiers.

Avec les trois ou quatre successeurs de Sanofi la situation a été encore plus catastrophique. Les allemands SKW, ont été les premiers acquéreurs ; les responsables n'ont pas su développer les affaires ou au moins maintenir l'activité. Les repreneurs successifs n'ont pas su non plus s'adapter à cette activité si particulière qu'est la parfumerie grassoise.​​​​​​ C'est le moins que l'on puisse dire.... Et cela fera le bonheur de Robertet, de Mane et d'autres sociétés plus modestes qui ont été créées au moment de tous ces bouleversements dans le paysage industriel grassois.

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Pour mémoire, la Société SANOFI a été fondée en 1973 par Jean-René Sautier et Jean-François Dehecq pour réaliser une diversification des Pétroles d'Acquitaine et du Gaz de Lacq (ex-Elf devenu ensuite Total)...Sanofi n'a été à ses débuts qu'une "start-up" de dix salariés, filiale santé du groupe pétrolier Elf Aquitaine, alors dénommée Omnium Financier Aquitaine pour l'Hygiène et la Santé devenu par la suite SANté- Omnium-FInancier, SANOFI. L'entreprise est dotée de 500 millions de francs à sa création.

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Autre chose...

Il faut noter que l'histoire aide à réfléchir.  En fin de l'année 2017, nous apprenons que la Société EXPRESSIONS PARFUMEES crée par le parfumeur Jacques LIONS (ex nez de Lautier et de Méro) et qui a connu quelques années de gloire avec une progression fulgurante va être reprise par GIVAUDAN qui souhaite "mettre un pied sur le territoire historique des matières premières pour les industries de la Parfumerie..." Comme un air de déjà vu avec ROURE...

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1/ CHIRIS,  

"THE BIG ONE"

Disparition d'un empire de 2 siècles

 

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Esquisse des usines Chiris à Grasse installées dans le couvent des Capucins - https://dossiersinventaire.maregionsud.fr

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LA SERIE CHIRIS

 

Le pitch...

La belle histoire ...

1768-1966, deux siècles de l'Histoire de cette dynastie de parfumeurs grassois, les Chiris, industriels précurseurs et visionnaires. Ils fournissent en essences venues du monde entier les plus grandes maisons de parfumerie comme Guerlain, Coty, Chanel, Yardley… Tout au long de leur histoire, les Chiris ont su nouer des liens avec les personnalités les plus influentes de leur époque, une carte maitresse pour la prospérité de leurs affaires mais aussi de la ville de Grasse et de sa notoriété.

 

 

 

Les envahisseurs...

La guerre de 1939-1945 va marquer le début de leur déclin. Les affaires sont moins bonnes et en 1966, les héritiers de la société Antoine Chiris seront contraints de céder leur entreprise à la multinationale américaine UOP (Universal Oil Products). L'étiquette Chiris est remplacée par UOP Fragrances. Puis la société change de mains une deuxième fois ; elle  intègre le grand de la chimie Naarden (Pays-Bas) puis une troisième fois elle est rachetée par les laboratoires pharmaceutiques français Clin Midy Industrie eux-mêmes repris par le géant pharmaceutique français SANOFI.

 

 

 

La mort aux trousses...

L'empire Chiris n'existait déjà plus ... Le nom, la marque, cette immense marque ont disparu définitivement du monde de la parfumerie...  sauf pour quelques anciens clients égarés dans quelques pays lointains... qui n'ont pas suivi les changements sociaux de leur fournisseur...

Clap de fin....

http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/43995_1

 

 

 

 

 

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr

 

Excellent article de Corinne Julien-Bottoni paru dans Nice-Matin

 

LES CHIRIS... DE GRANDS INDUSTRIELS et DES HOMMES ENGAGES POLITIQUEMENT

https://cdlm.revues.org/8359

"La parfumerie Chiris, au stade artisanal, aurait existé dès le XIIIe siècle. Perçu comme un précurseur, Antoine  Anselme Léopold Chiris, d'origine italienne et époux de Claire Isnard, fille d'un banquier, développe en 1761 la petite fabrique familiale d’essences aromatiques à Grasse. En 1768, Antoine Chiris fonde officiellement son entreprise, fort de multiples contacts tant du côté des fournisseurs de matières premières que de celui des clients potentiels. À partir de ses travaux sur la distillation, il crée des savonnettes à la rose, bergamote et ambre, des pommades aux fleurs de rose, jonquille, jasmin, tubéreuses, cassie, des huiles parfumées, des eaux parfumées et des essences de rose, œillet, cannelle, néroli et lavande dans son atelier de parfumerie situé dans le centre de Grasse, place Neuve. Son commerce est florissant. La Révolution française n’altère que peu le commerce de la parfumerie grassoise. Sous l’Empire, les affaires d’Antoine Chiris s’accroissent rapidement. Lorsqu’il s’éteint en 1831 à l’âge de 83 ans, son fils Anselme, né le 3 septembre 1777, lui succède. 

Grasse, la place neuve. Au pied de la tour de l'horloge se trouvait la fabrique à savon Montègues-Février, peut-être la première usine Chiris ???

 

Ou bien est-ce dans ce bâtiment situé dans l'avenue Chiris que se trouvait la première usine Chiris

 

***

C’est réellement avec l’action d’Anselme qui prend la direction de l'affaire en 1816 que commence réellement l’expansion mondiale des Chiris. La fin de l’Empire napoléonien et le régime de la Restauration offrent des opportunités nouvelles avec la réouverture du marché anglais et allemand. Il entame des recherches dans le domaine de la composition et s’intéresse de près aux premières études sur les huiles essentielles. L’atelier de la Place Neuve, est devenu trop petit ; il le transfère au sud de Grasse dans l’ancien Couvent des Capucins désaffecté depuis la Révolution. À côté de son négoce, il s’introduit également dans les milieux de la fonction publique. En 1835, il est nommé juge au tribunal de Grasse. Anselme avait épousé Marie Levens en 1803 dont il eut un fils Léopold né le 12 décembre 1811 à Grasse. Très rapidement, il associe celui-ci à toutes ses recherches. Lorsque Anselme décède à Grasse en 1842, Léopold succède tout naturellement à son père.

***Léopold Chiris développe à nouveau les marchés extérieurs notamment en Russie où il rachète l’usine Rallet tournée vers la Russie bien sûr mais aussi vers le Moyen Orient tandis qu’à Grasse il doit faire face à des problèmes de production, de main-d’œuvre, de moyen et d’espace. Les nombreuses découvertes en physique, en chimie et en mécanique modifient les procédés de fabrication à partir des années 1850 et offrent des opportunités nouvelles aux industriels. Dans ce contexte, Léopold décide d’étendre peu à peu la production des plantes à parfum en Algérie, alors fraîchement colonisée et d'en extraire sur place les matières premières destinées à la composition des parfums. Dans cet esprit, en 1861, un certain Monsieur Gros, un colon venu du Vaucluse, agriculteur et parfumeur distillateur à Boufarik et les Etablissements Chiris," manufacturiers à Grasse" s'associent sous la raison sociale d'Antoine Chiris. Cette association permit à monsieur Gros d'agrandir son domaine en achetant d'importants nouveaux terrains ce qui sera très favorable au développement des affaires de Chiris en Algérie dans le futur Domaine Sainte la direction de l’entreprise à ses deux fils, François Antoine Léon (1839-1900), plus connu sous le prénom de Léon, et Edmond, nés de son union avec Marie-Claire Isnard en 1839.

***

Léon et Edmond Chiris se divisent le travail. Edmond se concentre tout d’abord sur le développement des marchés de l’Europe centrale. Il devient par la suite président du tribunal de commerce de Grasse et se consacre dès lors entièrement à la fonction publique, laissant son frère Léon à la tête de l’usine. Ce dernier reprend les projets d’extension de son père et profite des conquêtes coloniales du XIXe siècle pour y installer toutes sortes de plantations et d'usines de traitement des matières premières aromatiques dans plusieurs colonies françaises

Les sources divergent sur la date exacte d’acquisition du domaine Sainte Marguerite en Algérie. Il est néanmoins certain qu’en 1865, les 800 hectares de Boufarik sont couverts de géraniums, de cassiers, d’eucalyptus. Il y construit une usine de 3 000 m2 dans le style arabe qui constitue une véritable révolution technique. Il continue à installer des exploitations coloniales en Chine, au Laos, au Tonkin, à Madagascar, aux Comores, au Congo.

 

 

À l’augmentation de la production de matières premières s’ajoute l’adoption en 1894 des procédés d’extraction par solvants volatils. Ainsi, de cette époque date vraiment le début de l’industrie moderne des matières aromatiques naturelles.

En 1874, Léon entame sa carrière politique en tant que député des Alpes-Maritimes  au côté de Gaspar Médecin, charge qu’il occupe jusqu’en janvier 1882, date à laquelle il brigue la fonction de sénateur des Alpes-Maritimes. Il sera réélu au renouvellement triennal de 1885 et 1894. D’abord partisan de l’Empire, il adhère ensuite à la République. Sa carrière politique nationale se couple, à partir de 1891, à des charges locales : Léon Chiris devient successivement conseiller général de Saint-Auban puis de Coursegoules. Il devient alors derrière Alfred Borriglione, la seconde personnalité politique la plus importante du département. Dans ce contexte, Léon initie son fils Georges à ses affaires et l’envoie à New-York avec son cousin Georges Vallois fonder une agence qui deviendra plus tard « Antoine Chiris Company ». En 1899, il s’associe avec son fils. Un an après, en 1900, Léon Chiris meurt de maladie. Son éloge funèbre fut prononcé le 1er février par le Président Armand Fallières, qui rendit hommage à sa compétence dans toutes les matières commerciales et industrielles, et loua sa courtoisie et sa droiture. "M. Chiris, qui a été pendant quarante années, à la tête d'un des plus grands établissements industriels du pays, avait une compétence particulière dans les questions économiques. Plus d'une fois, à la tribune, dans cet ordre d'idées, il a fait entendre de sages avis et utilement défendu nos intérêts nationaux. Il savait la langue des affaires. Sa parole était simple, claire, incisive…." Léon Chiris a eu trois enfants dont deux filles ont épousé deux fils du Président Sadi Carnot.

 

Photo André Raspati 2019

 

Une statue a été élevée à Grasse en mémoire des oeuvres sociales de Léon Chiris, un homme qui fut un des meilleurs enfants du pays, le premier pionnier de sa renommée industrielle, un ouvrier actif et puissant de toutes les œuvres utiles et généreuses.

En 1913, le maire de Grasse, Honoré Cresp, décide d’élever à la mémoire de Léon Chiris un monument pour commémorer son efficace contribution à la vie économique, commerciale, industrielle et sociale de la ville. Une souscription est lancée à laquelle nombre de villes et villages avoisinants contribuent. L'iinauguration a eu lieu le 29 mars 1914.

Encadré par une arche, un buste représentant son visage est apposé sur un bloc de marbre portant l’inscription « À Léon Chiris, citoyen de Grasse et sénateur, le souvenir et la reconnaissance de son pays dédient ce monument ». À côté, deux autres sculptures achèvent la mise en scène : elles représentent une grand-mère pointant du doigt la sculpture pour en montrer l’épitaphe à une petite fille.

 

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Grâce à une conjoncture économique favorable et au développement des produits de synthèse, l’industrie est prête à passer au stade de la production de masse. C’est dans ce contexte que Georges Chiris reprend la direction de l’entreprise, secondé par son cousin qui occupe la fonction de chargé de pouvoir.

Celui-ci va ainsi accroître l’empire laissé par son père par l’achat de concessions et la création de compagnies dans les quatre coins du monde. Il n’en oublie pas pour autant la région grassoise organisant les domaines du Vignal, de l’Abadie, des Embrasques et de Puberclaire. Tout comme Léon, il s’investit activement en politique : il devient, en 1907, conseiller général des Alpes-Maritimes où il succède à son père dans le canton de Saint-Auban et membre du Conseil Supérieur des colonies.

Durant la guerre de 1914-1918, il utilise son usine pour produire de la poudre et du gaz de combat. Les plantations de la région souffrent du manque d’entretien, mais l’approvisionnement est désormais, en grande partie colonial.

La première guerre mondiale n’a ralenti qu’un moment l’essor de la parfumerie, mais la Seconde bouleverse considérablement son économie. Isolée de ses pays producteurs notamment par les attaques italiennes en Afrique qui bloquent le canal de Suez, Grasse est également coupée de ses principaux clients que sont Paris, l’Europe Centrale, l’Angleterre et les États-Unis. En 1944, Georges est contraint de travailler pour l’occupant tandis que son fils, Léon-Antoine, futur héritier de l’usine, se met au service des alliés.

Au sortir de la guerre tout doit être réorganisé. Georges Chiris reprend, comme avant-guerre, sa politique d’expansion. Il construit une nouvelle usine au Maroc dans la vallée du Dadès où il vit une partie de l’année. En 1953, il meurt à Marrakech laissant la direction à son fils Léon-Antoine. Leon Antoine Chiris travaille principalement au Brésil où il organise des plantations et une société spécialisée dans la fabrication de produits aromatiques. Il crée également une usine en Argentine et des plantations de fleurs en Afrique équatoriale. Mais à partir de 1954, il est dans l’obligation de réduire son train de vie luxueux du fait de la dégradation de ses affaires : vétusté de l’outil de production, gestion artisanale des stocks, des commandes et de la comptabilité. De plus, l’indépendance de l’Algérie touche les Établissements de plein fouet. L’usine de Boufarik est nationalisée en 1963 par le nouveau gouvernement algérien à laquelle s’ajoute la perte successive d’une grande partie des colonies françaises. Comme nous l'avons évoqué plus haut, en 1967, Léon Antoine Chiris, Jean Meynard, PDG de Chiris et époux de Pierrette Chiris, également héritière de la société, cèdent la majeure partie de l’entreprise familiale aux plus offrants : les Américains Universal Oil Product. La saga et la dynastie Chiris s'arrête... UOP cédera UOP Fragrances ou plutôt le peu qu'il reste de cette pauvre société Chiris à Naarden qui à son tour la cédera  au laboratoire pharmaceutique Clin-Midy, puis la Société SANOFI terminera cette triste histoire...

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Quelques photos des bâtiments des usines Chiris

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

Photos : Stéphane GUIRAUD - https://dossiersinventaire.maregionsud.fr

 

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La société Chiris est longtemps restée la plus importante entreprise de parfumerie de Grasse, le précurseur dans de nombreux domaines de son secteur d'activité. Sa fondation remontait au 18e siècle, 1768 selon son histoire officielle. Son installation sur le site de l'ancien couvent des Capucins remonte aux années 1860. Peu après cette installation, les anciens bâtiments de l'établissement religieux, dont on ne conserve que très peu de traces, sont remplacés ou intégrés à une construction plus imposante. L'une des dates portées sur la façade de l'usine, l'année 1868, devait renvoyer à la date d'édification de cette première structure. Des vues anciennes de la façade principale de l'usine indiquent qu'il y a eu des ajouts de constructions par la suite. Ces ajouts, dont il est impossible de suivre les étapes d'édification, se sont principalement situés contre les faces latérales du bâtiment et surtout contre la face arrière où se trouvaient notamment, la cheminée et une halle en bois abritant les aériens de l'atelier de distillation, c'est-à-dire un ensemble de tuyaux en cuivre où en y circulant, l'eau utilisée se refroidissait. Ce bâtiment qui a fait l'objet d'une inscription a été démoli. L'usine mère concentre durant plusieurs décennies l'ensemble des activités de la société. En 1899, l'entreprise inaugure un nouvel atelier situé à côté de l'usine mère. Ce nouveau local, appelé "la Mosquée", premier du genre à Grasse et copie de celui construit dans l'usine Chiris à Boufarik, en Algérie, colonie Française à l'époque, est destiné à l'extraction des parfums par solvants volatils. Les dernières et principales phases d'extension de l'établissement Chiris ont lieu en contrebas sur un terrain séparé de l'usine mère et de la halle d'extraction par une avenue. Seule la Mosquée a été conservée, le reste de l'usine a été démoli en 1999. L'usine mère a en effet été remplacée par le Palais de Justice de Grasse et les installations situées en face, sur la partie basse du site, par des logements sociaux. En 1954 la société Chiris employait encore 262 personnes.

Le Chiris social

Au milieu des ateliers industriels on trouvait une cantine et dès les années 1930, une piscine et des installations sportives qui témoignaient d'une politique patronale concernée par les questions d'amélioration des conditions de travail des employés. Les établissements Chiris mettaient à la disposition du personnel une crèche et ils ont participé à la construction d'un "village" social à Grasse, Le Bon Marché. 

 

 

 

Construction de la piscine Chiris en 1943 - Document publié sur Facebook

 

La piscine Chiris - Document publié sur Facebook

La magnifique fontaine de l'ancienne piscine Chiris aujourd'hui installée dans une propriété privée

 

Document Gisèle Rolando

 

Document Gisèle Rolando

 

La pouponnière Chiris - Document publié sur Facebook par Maryse Rouyer : L'éditeur : EDISUD, D'ELIANE PERRIN

 

Appel à la générosité du personnel pour aider les oeuvres sociales de Chiris - Document Robert Raspati

 

Chiris s'est engagé dans la réalisation du Bon Marché

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LA MOSQUÉE

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La "Mosquée" seul bâtiment des usines Chiris que la ville de Grasse a conservé pour en faire une grande salle municipale qui peut accueillir toutes sortes de congrès ou réunions politiques, sportives culturelles et cultuelles...

 

 

Photos fin XXe et début XXIe siècle

 

Fiche Patrimoine de la Ville de Grasse (avec son autorisation)

 

 

 

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

 

Photos anciennes de la Mosquée

 

Les ateliers dans la "Mosquée"

 

La Mosque. Ets Chiris Grasse

 

En  Algérie, alors colonie française, Chiris construit une usine de 3 000 m², dans le style mauresque, sur son domaine de 800 hectares de la commune de Sainte-Marguerite à Boufarik, dans la Mitidja, où il traite les matières premières aromatiques issues des géraniums, orangers, cassiers et eucalyptus.   http://wikipeia

L'usine Chiris de Boufarik en Aldérie
L'usine Chiris de Boufarik en Algérie

 

Une perle rare, le traitement des roses dans la Mosquée des Etablissement Chiris à Grasse (années 1920). Une véritable merveille...

https://www.youtube.com/watch?v=g_K9fVo9xcI&ab_channel=LaCha%C3%AEnedeLaure

 

Images du film : Cueillette des roses, mise en sac et traitement des fleurs à l’usine Chiris à Grasse. 

 

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Nostalgie... la belle époque de Chiris

 

Déclaration annuelle des salaires - Document Robert Raspati
Bulletin de salaire de 1952 - Document Robert Raspati

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Une visite de personnalités à l'Usine Chiris

 

Remise de médaille à une ouvrière par Elie Maunier, directeur, sur le parvis de l'usine des Etablissements Chiris.

 

 

 

La visite de la Reine Victoria aux établissements  Chiris en 1891

 

 

 

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Une petite vidéo sur les fouilles du chantier Chiris pendant la construction de la cité judiciaire

https://vimeo.com/30986875?fbclid=IwAR26H6iT-kjOlKlSoPKVKeo8vLGs21Ds5BXiUtSbLbuwTfIfRyiAKPmwHSE

 

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La villa Saint-Georges appartenant à la famille Chiris (Photo Jean LUCE)

 

Clap de fin...

Document Corinne Julien-Bottoni

 

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The end of Chiris

 

 

 

2/ PILAR-FRERES

LEFEVRE et Cie SUCCESSEURS

La marque a été rachetée par Chiris en 1938

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr - MIP Grasse

 

 

La fondation de la parfumerie Pilar Frères remonte à la première moitié du 19e siècle, probablement aux années 1820. Au début des années 1880, le changement de direction s'accompagne d'un changement de site de production. On choisit de s'établir sur un terrain semble-t-il encore vierge de toutes constructions, situé au pied du Pont de la Roque, récemment édifié. Cette propriété se trouve à proximité de l'ancienne usine de la société. Le premier bâtiment est construit sur la partie supérieure de la propriété. Un deuxième bâtiment est bâti, au début du 20e siècle, sur une planche inférieure

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr - MIP Grasse

Ces indications doivent probablement faire référence à l'extension du premier bâtiment de l'usine, qui est surélevé d'au moins deux étages, et à la rénovation de la façade et de la toiture. En 1938, la société Pilar est rachetée par les Etablissements Chiris, célèbre société de parfumerie grassoise. L'arrêt de l'activité de ce site s'effectue vraisemblablement peu de temps après cette fusion, et le personnel de la parfumerie est intégré aux effectifs du nouveau propriétaire. L'usine a été entièrement démolie dans les années 1970, pour laisser place à un ensemble immobilier comprenant logements sociaux, parking de douze niveaux, crèche, bureaux et réfectoire municipal.

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr - MIP Grasse

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3/ Parfumerie Claude RAYNAUD

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Elle se trouve aux premières loges de la Médiathèque

Photo Alain Sabatier : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Claude Raynaud, parfumeur, loue en 1873 une fabrique de parfums située depuis les années 1820 dans les parties basses d'un immeuble du centre ville. Jusqu'à l'arrivée de Claude Raynaud, ce bâtiment a été occupée par périodes assez courtes par des sociétés de parfumerie dont il ne reste que très peu de traces.

Il s'associe alors avec son fils Charles et son neveu Eugène Raynaud pour fonder la Société Raunaud et Cie qui acquiert ce local en 1880. Il achète également des immeubles voisins et agrandit l'usine. Il fait aussi bâtir un atelier à l'arrière de l'immeuble. Le site, dont la capacité de production semble très faible, reste en activité avec certitude jusqu'aux années 1910. On mentionne pour cette époque que la société emploie trois ouvriers. Le bâtiment est aujourd'hui un immeuble d'habitation abandonné.

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-cl-raynaud-actuellement-immeuble-a-logements/b6a203d9-fcb2-4c85-a2ed-aab19d724144

 

Photo Alain Sabatier : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - A gauche réservoir d'eau de la ville sud
Photo André Raspati - La parfumerie Claude Raynaud - 2018 -Pendant la construction de la Médiathèque

 

Photo André Raspati 2014 - Pendant les fouilles pour la future médiathèque
Photo André Raspati - La parfumerie Claude Raynaud - 2018 -Pendant la construction de la Médiathèque

 

L'usine Raynaud occupait les parties basses d'un ensemble immobilier densément construit. L'accès principal ou noble de l'établissement semblait s'effectuer, côté rue, par un immeuble d'habitation (qui porte actuellement le n°13, rue Paul Goby) de trois niveaux sur rez-de-chaussée et comprenant sans doute aussi un ou plusieurs niveaux de sous-sol. Ce bâtiment donne toujours accès, à l'arrière, à d'autres structures ajoutées au gré des besoins, et en dernier lieu, à un immeuble qui forme un L. Ce bâtiment s'ouvre au sud sur les places organisée en terrasses qui recevront la Médiathèque de la ville en 2018.   

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-cl-raynaud-actuellement-immeuble-a-logements/b6a203d9-fcb2-4c85-a2ed-aab19d724144

La parfumerie Claude Raynaud pendant la construction de la Médiathèque

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4/ TOMBAREL

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Une belle histoire qui ne finira pas très bien...

La parfumerie Tombarel ne disposait au début de son aventure que de quelques modestes ateliers de distillation situés au Boulevard Gambetta sur des locaux qui avaient appartenus au départ à une autre parfumerie, la Parfumerie Jourdan. 

En effet, créée sans doute dans les années 1820 par le parfumeur Jourdan, cette petite usine, avant de recevoir Tombarel, a abrité d'autres petites sociétés de parfumerie dont celle d'Etienne Robert.

Etienne Robert, parfumeur, lèguera son usine à Nicolas et Jean Claude Robert, probablement ses deux fils. Le site sera par la suite légué en 1853 par Nicolas Robert à sa fille qui poursuit, semble-t-il, l'activité de parfumerie avec son mari. 

 

Sur ce site s'installeront successivement la Parfumerie Jourdan, Etienne Robert, Tombarel et enfin JB Selin

 

En 1865, la fille de Nicolas Robert cèdera l'usine à Auguste Goby, un négociant grassois. Le nouveau propriétaire continuera à exploiter cette modeste activité de parfumerie Robert mais il transformera surtout une grande partie de la parfumerie en fabrique de cire et de bougies et louera des ateliers inutilisés aux frères Tombarel. 

 

L'ancienne parfumerie Etienne Robert,

 

 

François Marie Tombarel, commis parfumeur à Grasse, et son frère Jean Henri Marie, négociant à Vouziers (Ardennes) avaient créé une société de commerce en 1864. Dans cet atelier de Grasse qu’ils viennent de louer, les frères Tombarel complètent leur activité par une branche industrielle. Ils y produiront différentes matières premières naturelles, notamment de l’huile d’olives et du concentré de tomates. Les bons résultats de cette affaire, permettent de déposer en 1872 les statuts d’une société de parfumerie « Tombarel Frères » dont le siège social est à Grasse.

 

 

Cette activité dans le domaine de la parfumerie prend de l’importance à partir de 1874, après l’acquisition de la raison sociale Robert Frères. Il s’agissait du nom de la maison de Parfumerie fondée par leur cousin germain Jean Henri Robert, décédé un an plus tôt, à l’âge de 43 ans. 

Les frères Tombarel exploiteront leur entreprise de parfumerie sur ce site durant ses trente premières années d'existence. La fabrique se composait en 1881 de plusieurs bâtiments, dont une majorité figurait déjà sur les plans cadastraux de 1809. On y trouvait un laboratoire, une parfumerie, un distilloir, une chaufferie, deux réservoirs ainsi que des appartements. 

Les affaires se développent de manière satisfaisante et l’usine est rapidement trop petite. Plutôt que d'agrandir ce site, les frères Tombarel loueront des locaux dans des immeubles voisins à différents propriétaires pour y installer les entrepôts et les ateliers d’enfleurage. Il s’agira par exemple d’une salle située en contrebas des bâtiments et que la fabrique Goby avait destiné à la fabrication de pommades et d’autres locaux d'une ancienne parfumerie, à la Place Neuve. 

 

 

 

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

Documents : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

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Pendant ce temps, Auguste Goby, le propriétaire des lieux, lègue ses bâtiments industriels à son fils Xavier dans les années 1870 et son commerce de cires et de bougies à ses deux autres fils qui décideront d’en déplacer leur fabrication dans d’autres lieux.

En 1891, les frères Tombarel s’associent alors avec Xavier Goby et forment une société en nom collectif dont l’activité sera la parfumerie. Le capital social est fixé à 597 880 francs et la raison sociale demeure « Tombarel Frères ». Les associés prévoient également dans ses nouveaux statuts, de changer de siège social à l’expiration du bail de location de la fabrique principale du quartier Gambetta-La Roque. Ils installeront leurs activités commerciales et industrielles dans une nouvelle usine au sud de Grasse au quartier de la gare sur le site où elle finira ses jours.

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En parallèle et du côté du carnet mondain, les voisins industriels non seulement s'associent mais en plus marient leurs enfants...

En effet, en 1890, Marie Eugénie Tombarel, fille de Jean Henri Marie (le Tombarel des Ardennes), épousait Xavier Goby, avocat de son métier et fils d’Auguste, le producteur de cires et de bougies et propriétaire des bâtiments qui abritent son entreprise et celle des frères Tombarel. Suivant le contrat de mariage, l’apport de la famille Goby, d’une valeur de 50 000 francs, comprenait la fabrique de cires et de bougies (ancienne parfumerie Etienne Robert) ; celui des frères Tombarel, estimé à 100 000 francs, était exclusivement constitué d’une part du capital de la société. 

 

D'après :

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-etienne-robert-puis-usine-de-bougies-a-goby-actuellement-maison/9d496462-fda3-441c-b97e-e3132c1e82d7

 

L'ancienne fabrique, dite de la Roque, sera vendue en 1904 au parfumeur J.B. Selin. Il y fait construire un grand bâtiment central de trois étages sur l'emplacement d'un ancien réservoir et agrandit la propriété en rachetant notamment le jardin Luce, sur lequel sont construits dans les années 1910, un atelier d'extraction, une unité de chimie, un laboratoire et un hangar. En 1936, J.B. Selin vend l'usine à la municipalité de Grasse. L'ancienne fabrique est rapidement transformée en école. Les bâtiments de l'usine ont été démolis dans les années 1950, dans le cadre de la modernisation de l'école, qui devient l'établissement scolaire Gambetta.

 

En bas et à droite, l'école Gambetta en construction sur le terrain de la Parfumerie Jourdan

 

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La nouvelle usine au quartier de la gare

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

 

En 1894, la direction de la société Tombarel, composée des deux frères Tombarel et de Xavier Goby, achète un terrain agricole dit la Grande Ferrage dans le quartier de la future gare. Ce terrain avait été détaché quelques années auparavant d'une propriété plus importante ayant appartenu aux Hospices réunis de Grasse. 

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

L'établissement entre en fonctionnement en 1898, après deux ans de travaux. L'usine comprend alors, outre les bâtiments administratifs et commerciaux, trois bâtiments principaux : le bâtiment dit des huiles, le bâtiment dit des machines et le distilloir. Le site compte en plus un hangar et une cheminée en brique. L’entreprise connaît un développement très satisfaisant. Les affaires sont florissantes.

 

Photo : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Les frères Tombarel prennent leur retraite 

 En 1899, François Marie Tombarel se retire de l’affaire familiale. Il meurt en 1904. En 1901, la société en nom collectif est prorogée et « se continue par une société de fait entre M. Xavier Goby et sa femme Madame Goby née Tombarel qui est aux droits de Henri et de François Tombarel ». La société compte alors deux autres associés : Charles Harmel et Ezechiel Hirsch. Il semble qu’à cette époque Henri Marie Tombarel ne fasse plus partie de la société. Il décède en 1914. 

 

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La nouvelle usine Tombarel

 

 

 

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https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Document Robert Raspati

 

 

Les aménagements qui succèdent à la première phase de construction sont d'une moindre envergure. Il s'agit, pour l'essentiel, de la construction vers 1903 du bâtiment d'extraction, qui est agrandi à deux reprises : une fois dans les années 1910 et une seconde fois dans les années 1960 ; d'un deuxième hangar bâti également dans les années 1910 et qui est démoli et reconstruit vraisemblablement dans les années 1960 ; et enfin, du laboratoire édifié dans les années 1920. Ce bâtiment a été bâti sur un terrain acheté au parfumeur Jean Amic (1920).

 

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Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

En 1925, cette société est transformée en Société Anonyme. Le Siège social est toujours au quartier de la gare, le capital social est fixé à 3 800 000 francs divisé en 7600 actions de 500 francs chacune. 5990 d’entre elles appartiennent aux époux Goby. Les parts restantes sont vendues à des proches de la famille et principalement à Antoine Heurtard, rentier, Charles Harmel, parfumeur et Ezechiel Hirsch, ingénieur. La S.A. a pour objet « l’exploitation d’une usine de parfumerie, l’achat, la vente, la fabrication de tous produits et articles concernant la parfumerie, la savonnerie, la toilette, l’hygiène, la distillerie, les huiles végétales et minérales, la droguerie, l’herboristerie, les produits coloniaux et autres analogues ». Au cours de cette période les fils de François Xavier Goby, François et Jean, entrent successivement dans la société. En 1930, François Xavier Goby rachète pour 400 000 francs (empruntés à la société) les parts de plusieurs actionnaires (Heurard, Gimbert, Lambert, Godet) « afin que la famille fut seule propriétaire de la maison 

 

 

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Quelques années plus tard (1936) il commente ainsi les effets de cette opération : « Je crois que cela a été une erreur parce qu’il n’est pas mauvais de multiplier les actionnaires, surtout quand on peut les choisir, et aussi parce que ces actions, pendant ces 5 années, avaient rapporté une moyenne de 11% et que depuis cette époque nous n’avons eu que deux dividendes insignifiants ». 

Suite de l’historique d’après la documentation M.I.P. sans référencement des sources. « Après le ralentissement consécutif à la crise de 1929 et le coup d’arrêt de la guerre, l’activité de la parfumerie reprend dans des conditions satisfaisantes et se développe même sous la conduite de François Goby, puis de Jean Goby, son frère cadet, notamment la création de T.P.C. (Tombarel Products Composition) filiale américaine sise à New-York. 

 

Photo : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - P. Deguilh

 

SANOFI ARRIVE

Xavier Goby lègue la société à ses deux fils François et Jean avant de mourir, en 1949. Il faut attendre les années 1970 et des remaniements à la tête de la société pour que le site connaisse des agrandissements importants, avec l'extension significative du laboratoire, la construction du bâtiment dit des grands hydros, et d'un grand hangar de stockage.

 

En 1969, Henri Harmel, neveu de François et Jean Goby, prend la direction de la S.A. Tombarel Frères.  

Mais en 1976 à la société perdra son caractère familial ; elle est reprise par les laboratoires pharmaceutique Clin-Midy-Byla en souci de diversification eux-mêmes absorbés par le conglomérat SANOFI qui à la fin des années 1980, cédera la division compositions parfumantes à l'entreprise Lautier pour une mort assurée puis la division matières premières à la société Biolandes. La société Tombarel n'existe plus et ses usines sont définitivement fermées. Le site reste désaffecté pendant quelques années à la fin des années 1980. Puis il est divisé en deux lots et réaffecté en 1993. Le premier lot correspondant à la partie basse du site et comprenant le bâtiment des huiles, celui des machines, le hangar et le laboratoire une partie sera repris et occupée par l’Institut Catholique Fénelon qui y installe son collège. Le distilloir et la cheminée qui s'y trouvaient aussi sont détruits pour laisser place à la cour de récréation. Le second lot conservé un temps par la ville de Grasse, servira d'entrepôt municipal mais sera repris au début des années 2000 par Fénelon pour regrouper sur ce même site les écoles maternelles et primaires catholiques de Grasse, l’école Sainte-Marthe, l’institution Jeanne d’Arc et le primaire de Fénelon désormais voisines du collège. En 1944 la société Tombarel frères employait 55 personnes et en 1954 elle en employait 75.

 

Le collège Fenelon en construction sur le site de Tombarel en septembre 2017 - Photo André Raspati

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https://gw.geneanet.org/colettebureau?lang=fr&iz=721&p=charles&n=harmel&oc=1

 

 

 

ANNEXES 1

 

 

Léon Harmel (1829-1915) était le patron de la filature et usine chrétienne du Val des Bois dans la Marne. Il fu​​​​​​t la figure de proue du patronat chrétien en France dans le dernier quart du XIXe siècle.  https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Harmel

 

Lettres de Léon Harmel en 1910 :

Mardi 15 février – Voyage à Grasse

Je demande à M Xavier Goby sa fille en mariage pour mon bien-aimé petit fils Charles , la demande est agréée et les fiançailles sont fixées au lundi suivant.

Mardi 22 février – Fiançailles

Nous nous sommes levés à 4h 1/2, le Pater nous a dit la Messe à 5 heures, et nous avons fait la communion pour les fiancés, en union avec la famille Goby, réunie elle-même à une messe matinale à Grasse.

Le 20 décembre

Délicieuse journée à Grasse  avec mes petits-enfants et la famille Xavier Goby. Nous allons voir le cher Père M. Jules Briançon  bien souffrant dans sa villa Clotilde route de Magagnosc – Grasse – M. Armand et M. l’Abbé Jarry avaient déjeuné avec nous chez M. Goby.

 

Lettre en février 1915

Aujourd’hui j’ai la joie de vous faire part de la naissance de Charles Harmel, né le 16 Janvier à Grasse

(...)

Citons parmi ceux qui sont au front :

Charles Harmel, mon petit-fils de Grasse est depuis cinq mois au feu ; il mène dans les tranchées une vie très pénible. Son courage chrétien le soutient.

Documents Emeric Saucourt-Harmel

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Photo d'Avril 1910, document Emeric Saucourt-Harmel, au 2ème rang de gauche à droite : Maurice Harmel frère ainé de Julien et oncle de Charles, son épouse Elisa née Henry, Antoine Heurtard, Madame Antoinette Heurtard née Ziegler et mère d'Antoine, Julien Harmel et son épouse Eugénie parents de Charles et Cécile. Au 1er rang : Charles et son épouse Marie-Claire née Goby, Madame Clara Tombarel née Beck - née à Vouziers(08) épouse d'Henri Tombarel et mère de Marie-Claire, François et Jean -, Cécile Heurtard née Harmel soeur de Charles, Marie-Thérèse Harmel cousine de Charles (fille d'Albert et Virginie) 

Informations Patrice Perrein, petit-fils de Léon Harmel

 

Photo du 11 Janvier 1913 document Emeric Saucourt-Harmel : au 2ème rang de gauche à droite : Charles Harmel et son fils aîné Henri, Julien Harmel père de Charles, Antoine Heurtard beau-frère de Charles. Au 1er rang : Marie-Claire Harmel née Goby, une inconnue que je ne suis pas (encore) parvenu à identifier, Léon Harmel, Cécile Heurtard née Harmel

Informations Patrice Perrein, petit-fils de Léon Harmel

 

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ANNEXES 2

 

1) 1891 : Xavier Gobi devient PDG de Tombarel Frères : je l'ai lu mais sans en avoir vu de preuves formelles

2) 1901 : Charles apparaît comme associé : peu probable, il n'a que 16 ans; pour moi c'est en 1910 après son mariage

3) Le 26 avril 1910 Charles Harmel (1885-1966) épouse Marie-Claire Gobi (1891-1969) fille ainée de Xavier et Marie Gobi. Charles était le fils de Julien et le petit fils de Léon Harmel industriel au Val des Bois.

4) Antoine Heurtard (1874-1946) épouse le 18 octobre 1907 Cécile Harmel (1887-1976) soeur cadette de Charles ; les témoins du mariage sont Pierre Saucourt-Harmel ami du marié et cousin de la mariée, Jacques Harmel cousin de la mariée, Ernest Harmel ami du marié et cousin de la mariée, et Léon Harmel, grand père de la mariée. Antoine Heurtard était effectivement rentier, au sens où il vivait de ses investissements ; il était notamment propriétaire de l'Hôtel Beau-Séjour à Cannes.

 

 

5) 1969, Henri Harmel (1911-1997) fils aîné de Charles et neveu de François et Jean Goby, prend la direction de la SA Tombarel Frères

Ci-dessous Extraits  de l'Echos du Val des Bois, revue mensuelle de l'entreprise familiale distribuée gratuitement à tous les ménages, sur les mariages de Charles Harmel et Marie-Claire Gobi, et de Cécile Harmel et Antoine Heurtard

 

Echos du Val des Bois de novembre 1907

 

Echos du Val des Bois de mai 1910

 

 

PS : Prénom usuel et liste des prénoms de l'état civil : on disait Xavier Gobi et non François Xavier Gobi (cf faire-part de mariage) de même on disait Henri Tombarel et non Jean Henry Marie Tombarel

 

Patrice Perrein - Petit-Fils de Léon Harmel

 

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ANNEXE 3

  • Charles Harmel : mon grand-père n’a pas travaillé dans la filature familiale. C’était un homme charmant mais qui parlait peu de sa famille et de son travail. Les circonstances de sa venue à Grasse sont donc peu claires. Il est possible que le contact entre les familles Tombarel /Goby et Harmel ait été établi lorsque Henri Tombarel, avant de fonder la parfumerie avec son frère, a vécu plusieurs années à Vouziers (Ardenne), ville de Clara Beck son épouse (Marie Eugénie Tombarel épouse Goby y ait d’ailleurs née, nous l’avons connue avec mon frère). Vouziers est en effet géographiquement proche de Warmeriville et Pontfaverger, les fiefs Harmel.
  • A noter que sa sœur Cécile (que mon frère et moi avons bien connus) a suivi le même chemin en épousant Antoine Heurtard, un Cannois mais c’était 2 ans avant le mariage de mon grand-père, ce qui brouille un peu les pistes.
  • Enfants Harmel : mes grands-parents ont eu 6 enfants dont effectivement un Charles (4ème enfant et 3ème garçon) que tout le monde appelait Charley.
  • Henri Harmel (l’aîné des enfants de Charles Harmel et de Marie-Claire née Goby) travaillait chez Tombarel et a été jugé comme le plus en mesure de prendre la direction de l’affaire lorsque s’est posée la question de la succession de François Goby, son oncle. A noter qu’auparavant la société a longtemps fonctionné avec une sorte de triumvirat comprenant François Goby, Jean Goby (l’homme de la technique) et Charles Harmel, mon grand-père qui était entré le premier des 3 chez Tombarel Frères (il était plus âgé que François et Jean).
  • Cession de Tombarel Frères : c’est souvent le lot des affaires familiales où le capital finit par être partagé entre trop de mains au fur et à mesure des générations (exemple : le groupe Taittinger).

 

Informations Hugues Dexant

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ANNEXE 4

 

Collection d'étiquettes Tombarel 

Documents Patrice Perrein - Petit-Fils de Léon Harmel

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ANNEXE 5

 

Charles était le fils de Julien Harmel (lui même fils de Léon Harmel, dit le Bon Père ). Il a été élevé par son grand-père Léon, lequel pour des raisons de santé se rendait l’hiver sur la Côte d’Azur, plus précisément à Nice. Il avait pris l’habitude de donner des conférences sur son œuvre au Val des Bois, sur la doctrine sociale de l’Eglise et notamment sur l’encyclique Rerum Novarum de son ami le Pape Léon XIII. Mon arrière grand-mère née Tombarel, épouse Goby était très pieuse et recevait régulièrement Léon Harmel, qu’elle appréciait beaucoup .

Informations Régis Dexant

 

 

 

 

 

5/ PARFUMERIE MURAOUR FRERES

 

La société Muraour Frères aurait été fondée en 1790. Le seul site de production connu de cette société se situait en bordure du centre ancien de Grasse, rue des Cordeliers. Une partie des bâtiments de cette usine est portée sur le plan cadastral de 1809 et comprenait une tannerie et un moulin. L'implantation de la société sur ce site doit dater du milieu des années 1850 (1855 ?). En effet, un local industriel est mentionné dans les matrices cadastrales en 1855. Il s'agit vraisemblablement d'une construction nouvelle que la société a fait édifier. Le fonds de commerce Muraour Frères est vendu en 1875. Le cadastre mentionne l'extension de la parfumerie quelques années après (1884) ; elle occupe désormais aussi les anciens bâtiments de la propriété. En 1895, la société est à nouveau mise en vente.

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Elle est acquise aux enchères publiques par le docteur Péan. L'usine est semble-t-il modernisée dans les années 1910-1915. C'est sans doute à cette époque que la société fait aménager une verrière sur l'une des terrasses de l'usine. L'activité de la société Muraour Frères semble s'arrêter définitivement au moment de la Seconde Guerre mondiale (source orale). Le site, qui comprend un important jardin en terrasses, trois corps de bâtiments et dont le plus ancien local industriel a été entièrement rénové et agrandi, est occupé entre 1955 et 1962 par de jeunes techniciens grassois (source orale).

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En 1962-1963, la société FRAGONARD qui s'occupe essentiellement de parfumerie confectionnée rachète la petite fabrique de matières premières aromatiques MURAOUR Frères (10 salariés). Fragonard, qui, entre autres, fournit Elisabeth Arden, peut ainsi se ravitailler directement en produits de bases pour faire ses parfums par solution dans l'alcool à 96°.​​​​​​

La parfumerie touristique Fragonard transforme ensuite ces locaux en entrepôts, qu'elle occupe jusqu'en 1982, date à laquelle le site est vendu. Celui-ci est démoli et remplacé par la résidence de logements sociaux Les Cordeliers. 

 

Photo : http://www.ville-grasse.fr/archives_communales.html 

 

 

Le site Muraour Frères se composait d'un ensemble hétéroclite de bâtiments. L'immeuble qui occupait la limite ouest du terrain, présentait un plan rectangulaire à toiture à longs pans et s'apparentait à un immeuble d'habitation. De part et d'autre de ce bâtiment se trouvaient deux ailes construites en retour et se composant chacune de plusieurs corps de bâtiments, donnant à l'ensemble la forme d'un U. L'aile sud, plus récente que les autres constructions du site avait été bâtie à la place d'une ancienne maison de ferme en moellons apparents. A l'extrémité de chaque aile se trouvaient des verrières carrées aménagées sur les toits terrasses des bâtiments. Un jardin occupait la parcelle est du terrain.

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

 

 

 

6/ H. MURAOUR ET CL. RAYNAUD

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Avant de s'installer dans des usines de parfumeries indépendantes comme nous l'avons vu aux chapitres 3 et 5, Henri Muraour et Claude Raynaud ont été associés.

 

Photo MIP & Alain Sabatier : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

Henri Muraour et Claude Raynaud, tous deux parfumeurs, s'associent en 1864. Cette association a pour objet principal l'édification d'une usine de parfumerie. L'acte de société établi pour l'occasion indique qu'un établissement industriel est déjà en construction. Il se situe sur la propriété agricole acquise par H. Muraour en 1856, sur laquelle se trouvait une maison rurale. Des photos anciennes montrent que des travaux ont bien eu lieu sur ce site durant la seconde moitié du 19e siècle. Le niveau supérieur de la maison rurale est supprimé, un bassin et château d'eau sont ajoutés à proximité de la maison et un petit local est bâti plus à l'est. Enfin, on trace une route qui part du bas de la propriété et qui donne accès aux installations. Cette route, qui compte plusieurs lacets, remplace d'anciennes cultures (florales ?). Si aucun autre document d'archive ne confirme explicitement la mise en fonction de cette usine, il semble très probable que les divers aménagements observés aient eu un lien avec l'industrie des parfums. En 1886, au décès d'Henri Muraour, séparé de Claude Raynaud depuis 1873 et qui a monté sa société de parfumerie rue Paul Goby tandis que Claude Raynaud a installé la sienne place Vercueil, dans la quartier du Rouachier. Le site historique des deux parfumeurs n'est bien entendu plus en activité. Une résidence de plusieurs immeubles a été construite sur le bas de la propriété dans les années 1960. Les bâtiments de l'usine n'ont pas disparu : l'ancienne halle sert d'habitation, le bassin et le château d'eau sont désaffectés et le petit local est en ruines.

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/ferme-puis-parfumerie-h-muraour-claude-raynaud-actuellement-immeuble-a-logements/f0d15bbb-cd44-4ff3-a0ec-b3ab81ff7301

 

Le bâtiment principal de la parfumerie H. Muraour et CL. Raynaud (photo Alain Sabatier : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/)

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La Place du Caporal Jean Vercueil avant la construction de la Médiathèque : le bâtiment rose est l'ancienne parfumerie Claude Raynaud abandonnée depuis 1910. En face, l'accès à la rue Paul Goby par la petite rue du Four Neuf qui sera entièrement modifiée pour permettre un des accès à la médiathèque. Autour de la place, les immeubles, pour la plupart habités seront en principe réhabilités. 

 

 

7/ J. MERO & BOYVEAU  

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https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - Photo MIP

 

Toujours une belle histoire au début...

 

Photo Heller Marc : //dossiersinventaire.maregionsud.fr/

Acte 1 - La cour de l'Oratoire

"La société de parfumerie grassoise, connue principalement sous la raison sociale Méro et Boyveau, a retenu comme date officielle de fondation, l’année 1832 . Il s’agit probablement de l’époque à laquelle Donat Joseph Méro, jusque-là apprenti dans une parfumerie à Grasse, crée sa propre société. Celui-ci s’associe assez rapidement à Joseph Clément Currault, parfumeur, puisque dès 1836, ils louent ensemble une petite fabrique dans le centre de Grasse, à la rue de l’Oratoire. Cette association connue aussi sous la raison Méro et Currault, semble durer jusqu’aux années 1840."

https://www.departement06.fr/documents/Import/decouvrir-les-am/recherchesregionales201-10.pdf

"Les locaux dans lesquels avait été installée en 1836, la fabrique de parfumerie de la jeune société Méro dépendait à l'origine du couvent des frères oratoriens, situé dans le centre de Grasse. La majeure partie de ce couvent avait été mise en vente sous la Révolution. La chapelle du couvent ainsi que la sacristie avaient pu conserver leur attribution d'origine tandis que les parties restantes ont été vendues en plusieurs lots. Jean Honoré Templier acquiert le lot comprenant la cour du couvent, autrefois cultivée en jardin, et dans laquelle se trouvait jusqu'à une période assez récente (deuxième moitié 20e siècle) un réservoir d'eau. Le nouveau propriétaire destine assez rapidement les parties basses de son bien à un usage commercial. Avant même l'installation de la fabrique de parfumerie Méro, le site avait accueilli une tannerie, un four à pain et une chapellerie. Joseph Donat Méro, pharmacien associé à Joseph Clément Currault, loue dans un premier temps le rez-de-chaussée et les caves d'un immeuble et la cour. Le site qui présente déjà des signes de vétusté (des fourneaux en partie détruits) est rénové par les deux locataires. M. Méro se sépare de M. Currault dans les années 1840. La société de parfumerie de M. Méro demeure dans ces locaux jusqu'à la fin des années 1850. Durant les vingt cinq ans (1836 et 1861) d'exploitation de ce site par cette société, la petite fabrique s'est progressivement étendue aux étages supérieurs de l'immeuble et dans la cour, avec la construction d'un local. Une certaine exigüité ainsi que des problèmes de détérioration due à l'humidité dégagée par les résidus de distillation, expliquent le changement de site de production. En 1860, J. D. Méro fait bâtir une nouvelle usine. La petite fabrique de la rue de l'Oratoire a ensuite été louée simultanément au parfumeur M. Audibert et au confiseur M. Keunig, puis au début des années 1880 à la société de parfumerie Isnard et Maubert. Le site semble perdre tout lien avec la parfumerie et plus généralement avec une activité industrielle, au début du 20e siècle. Le bâtiment situé dans la cour, qui a connu d'importantes transformations, a été aménagé en salle de cinéma dans la seconde moitié du 20e siècle . Depuis quelques années, la Ville de Grasse y a installé l'Espace Projets, qui réunit divers services municipaux intéressés par les questions de Patrimoine et de rénovation urbaine."

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/couvent-d-oratoriens-puis-tannerie-puis-usine-de-chapellerie-puis-parfumerie-mero-puis-confiserie-keunig-et-parfumerie-audibert-puis-isnard-maubert-puis-cinema-actuellement-immeuble-a-logements-et-entrepot-public/c8147d69-89c3-48bc-94bb-496ce89cd6c7

 

Photo André Raspati

 

Photo MIP : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Photo André Raspati

 

Couvent des oratoriens, puis tannerie, puis usine de chapellerie, puis parfumerie Méro, puis confiserie Keunig et parfumerie Audibert, puis Isnard Maubert, puis cinéma, actuellement maison du Patrimoine de la Ville de Grasse - Vue de la cour, avec l'ancien lavoir.

"On accède à l'ancien jardin du couvent par un court passage voûté. Le réservoir d'eau se trouvait à droite du portail d'accès. Le jardin formait dans son ensemble un rectangle irrégulier entouré de toutes parts, d'immeubles d'habitations. Des bâtiments couvrent aujourd'hui en grande partie cet espace. Ceux-ci se trouvent à l'emplacement des anciens bâtiments industriels construits par J. Méro, au sud de l'aire. "

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

 

Acte 2 - Le domaine de la Paoute

"Tout en poursuivant ses activités à la rue de l’Oratoire, Donat-Joseph Méro achète en 1851 un vaste domaine de plusieurs hectares. Celui-ci se trouve au lieu-dit La Paoute, à la limite de la commune de Grasse et de Mouans-Sartoux. Le site comprend alors une maison de maître, des bâtiments d'exploitation et dépendances. Le nouveau propriétaire semble y privilégier d'emblée la production en grand de plantes à parfums. On peut supposer que cette production permet d'approvisionner en matières premières sa société de parfumerie. Il dote aussi la propriété d'ateliers de parfumerie, sans doute dans un bâtiment qu'il a fait construire pour cet usage. A partir des années 1856-1857, l'exploitation est mieux irriguée grâce à un important aqueduc que J. D. Méro a fait édifier.

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Cet ouvrage alimentait également directement les ateliers de parfumerie de l'exploitation. En 1862, J. Méro transforme, avec l'aide de l'Etat, son domaine en une ferme école, destinée à former des élèves à la culture des fleurs. La fabrique de parfumerie du site est agrandie pour accueillir les dortoirs et les salles de classe. Cette nouvelle institution ne survit pas à son fondateur et directeur, D.J. Méro. En effet, à la difficulté croissante de trouver de nouvelles recrues s'ajoutent les restrictions des aides financières de l'Etat. L'établissement est définitivement fermé par un arrêté du ministère de l'agriculture de 1875. Suivant les dispositions testamentaires de D.J. Méro (mort en 1874) et qui avait envisagé cette fermeture, la fabrique est transformée en asile pour personnes âgées. Seule l'exploitation de plantes à parfums semble se poursuivre encore quelques années. Bien plus tard, le site accueillera un centre hippique (années 1960). Depuis les années 1990, l'ensemble du domaine a été transformé en golf : le Golf de Saint-Donat..."

 

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - Photo MIP

 

Document Nice-Matin

 

La parfumerie J. Méro, puis école d'agriculture dite ferme école de la Paoute, puis hospice, puis centre équestre devenu golf de Saint-Donat - Etat actuel de la première usine J. Méro, construite en 1832, au domaine de ""La Paoute"", à 8 km de Grasse.

 

 Acte 3 - L'usine de Sainte-Lorette

 

Photo Pierre Suc

"Au début des années 1860, la société connaît des mutations importantes. En 1860, Donat Joseph Méro achète aussi une propriété agricole au quartier Sainte-Lorette. Il y fait bâtir sans attendre l’une des premières véritables usines de parfumerie, de Grasse. La petite fabrique de la rue de l’Oratoire, devenue progressivement inconfortable et mal tolérée par le voisinage, est délaissée par l’entreprise. En 1861, Donat Joseph Méro s’associe à un jeune pharmacien parisien, Alfred Achille Boyveau. Par un acte officiel, ils forment entre eux une société en nom collectif, pour une durée de neuf ans. On y prévoit notamment trois changements successifs de la raison sociale, qui consacrent l’accession progressive de M. Boyveau à la direction des affaires : J. Méro de 1861 à 1864, J. Méro & Cie de 1864 à 1867, J. Méro et Boyveau de 1867 à 1870. Joseph Donat Méro loue le domaine dit de « Saint Donat », à la Paoute et l’usine de Sainte Lorette, alors en cours de construction, à la nouvelle société.

Joseph Méro se retire en 1872 et décède en 1874. Il lègue son usine à Nicolas Lerch qui renouvelle le bail de location de l'usine à la société et 1879 et qui finance la construction d'ateliers supplémentaires, contre la face postérieure du bâtiment principal. Alfred Boyveau décède à son tour en 1885. Sa veuve poursuit seule l'activité jusqu'en 1894, date à laquelle elle s'associe à Albert Sittler et Emile Baube. La raison devient alors Boyveau, Sittler et Baube. En 1901, Mme Boyveau et M. Baube prennent leur retraite. En 1913 et 1914, Albert Sittler s'associe à son gendre, Henri Bénard et à René Honnorat. L'extension du site industriel semble reprendre à cette époque avec la construction des ateliers qui se trouvent entre le bâtiment principal et l'ancienne maison d'exploitation. Ces constructions vraisemblablement destinées à l'extraction par solvants ont dû changer d'affectation après la construction dans les années 1920 du site annexe de l'entreprise, réservé à ce mode de production (au quartier Tournamy, sur la commune de Mougins)."

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Dans les années 1920, une petite unité d'extraction aux solvants volatils a été en effet construite en même temps que certains bâtiment à l'usine de Grasse, sur la commune de Mougins, au quartier Tournamy. La voie rapide Grasse-Cannes a entrainé la disparition de cette très belle petite usine. Son expropriation a été officielle en 1984.

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L'usine Méro de Saint-Lorette -https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - Photo MIP

 

Document internet

 

Photo Alain Sabatier

 

Photo Alain Sabatier
Document internet

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Acte 4 - L'usine du Plan de Grasse

 

"En 1916, A. Sittler se retire des affaires. Suivant les dispositions de l’acte de société de 1914, Henri Bénard et René Honnorat poursuivent seuls l’activité et l’ancienne raison sociale J. Méro et Boyveau, Sittler et Bénard successeurs, devient J. Méro et Boyveau, Bénard et Honnorat successeurs. En 1919, les deux associés rachètent à Nicolas Lerch-Méro (légataire universel de D. J. Méro) le site industriel de Sainte Lorette. En 1920, ils achètent aussi l’usine voisine, appartenant à la société Bérenger fils (Molinard aujourd'hui). Ce site est essentiellement attribué par les nouveaux propriétaires à la fabrication et à la vente directe de produits finis de la marque Molinard Jeune, acquise quelques années auparavant par la société J. Méro et Boyveau."

Henri Bénard, plus tourné vers l’activité industrielle, poursuit bien entendu la fabrication des matières premières pour la parfumerie mais il donne en plus une impulsion particulière à la création et à la commercialisation d’arômes alimentaires dont il fut le véritable pionnier ce qui lui a valu le sobriquet « d’épicier » chez certains confrères grassois qui auraient dû au contraire le féliciter pour cette innovation dont ils seront bien friands quelques années plus tard, vers le dernier quart du XXe siècle. 

Tandis que la famille Honnorat, de son côté s’est orientée plutôt vers la gestion de Molinard, les successeurs de Henri Bénard (Pierre Lerouge-Bénard, son neveu puis Jean-Pierre Lerouge-Bénard) poursuivent également l'activité de parfumerie de J. Méro et Boyveau. Elle bénéficiera particulièrement du soutien de Jean-Pierre Lerouge-Bénard qui donnera tout son appui à la division Parfumerie devenue « Méro Parfums ». 

L'industrie des arômes alimentaires de son côté, connait un développement considérable et prend le leadership de la société grâce à Pierre Lerouge-Bénard et son directeur commercial Robert Négrin. Ils ont ardemment œuvré pour le développement de cette branche en collaboration étroite avec les instances législatives internationales. Dans les années 1970, la société décide d'innover totalement son implantation industrielle. En précurseur, elle achète un grand terrain au Plan de Grasse sur lequel est prévue le déménagement de la totalité de l'usine Sainte-Lorette devenue exiguë. Un premier bâtiment destiné au traitement de toutes les matières premières alimentaires naturelles y est construit. 

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Le début d'une certaine fin

 

Malgré tous les efforts face à la concurrence des autres industriels locaux et internationaux qui provoquent l'évasion d'aromaticiens, de techniciens et d'autres savoir-faire importants pour Méro & Boyveau, de nombreux marchés se perdent. L'innovation nécessaire est à la traîne... De plus un incendie a lieu dans l'usine Saint-Lorette. Cet évènement semble devoir précipiter la fermeture du site et son déménagement vers la nouvelle usine du Plan de Grasse. Mais la famille Lerouge-Bénard ne trouvent pas d’accord avec la famille Honnorat (partenaires peu actifs qui souhaitent quitter cette aventure) pour maintenir l’activité de leur société qui leur est si chère et à laquelle l’ensemble de ses collaborateurs est tant attaché. Rien n’y fera ; ils sont contraints de s’en séparer. Ils éviteront toute négociation avec l’étranger pour choisir un nouvel acquéreur français. L'entreprise est vendue au groupe Sanofi en 1983. La marque Méro Boyveau, Bénard et Honnorat se fond dans la firme industrielle qu'elle a intégrée avec d'autres entreprises d'additifs alimentaires pour devenir successivement Méro-Rousselot-Satia puis SBI, Sanofi Bio Industries. Tous les ateliers et services administratifs quittent Sainte-Lorette et déménagent d'abord dans les bâtiments de l'ancien Chiris puis au Plan dans une toute nouvelle usine dans laquelle Sanofi s'est beaucoup investi. Restée sans affectation durant pendant plusieurs années, l'usine de Saint-Lorette a été entièrement démolie durant l'hiver 2007 pour permettre la construction d'un ensemble immobilier."

 

 

Le premier bâtiment construit au Plan -https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - Photo MIP

 

WGGH

Réunion annuelle des équipes de ventes Méro avec la Direction devant le jardin de Molinard (1970/1980)

 

Méro - Pot de fin d'année avec les services commerciaux et la direction

 

Méro - Le service de la parfumerie autour du parfumeur responsable Henri Liotard

 

Méro - Une autre réunion avec Messieurs Pierre Lerouge-Bénard (PDG) et Robert Négrin (Directeur Commercial)

 

Méro - Un repas des cadres à La Brocherie II

 

 

 

Sanofi Bio Industries 

Méro & Boyveau profite alors un certain temps d'une gestion dynamique et performante inspirée par la maison mère SANOFI. Un style de grande société internationale a soufflé pendant quelques années sur le Plan de Grasse...

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Quelques photos de l'usine du Plan de Grasse après les investissements de Sanofi. Ces photos ont été prises par Alain Sabatier et disponibles sur le site  https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-nouvelle-mero-et-boyveau-actuellement-cargill/81b80236-084b-4983-82c4-14859a0abe1a

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

Acte 5 - Des éléphants dans un magasin de porcelaine...

 

Malheureusement le groupe pharmaceutique Sanofi se recentre sur son activité principale, la pharmacie et se sépare de sa filiale Sanofi Bio Industrie (très bien) vendue à une entreprise allemande, Degussa du groupe SKW-EON qui n'a aucun savoir faire dans le métier de l'aromatique et de la parfumerie ; elle est surtout soucieuse de la rentabilité...Ce groupe échoue dans sa gestion en faisant table rase du passé mais il est vrai peu aidé par une recherche et une création qui restent aphones et par une exode des collaborateurs ce qui fait le bonheur de la concurrence locale. Les marchés s'échappent ; les clients quittent l'entreprise car ils ne la pensent pas pérenne.

Elle est à nouveau cédée à une grande firme américaine, Cargill (spécialisée dans la fourniture d'ingrédients alimentaires et dans le négoce de matières premières) qui à son tour l'abandonne au groupe irlandais Kerry. Le déménagement de la plus grande partie industrielle et administrative hors de Grasse marque une réduction massive de l'activité du site dont il ne reste plus grand chose... et pour combien de temps ???

 

 

L'usine du site de Sainte-Lorette en démolition totale en février 2007 (Photos André Raspati)

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

 

Encore la fin d'une belle histoire... !!!

(documents internet)

 

 

 

 

 

 

 

8/ SEZARY & CHEVALIER

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 quelques années avant Molinard

 

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Le site Molinard a été bâti sur une ancienne propriété agricole qui comprend en 1891 une maison avec un bâtiment annexe. Une usine de parfumerie a été en partie construite entre 1891 et 1893, par Paul Eggers, parfumeur. Le site se compose à cette époque de deux corps de logis, bâtis à peu près à angle droit, reliés entre eux par une tour ronde dans laquelle a été établi un escalier en marbre blanc. Il s'agit du corps de bâtiment principal orienté nord-sud et l'aile sud, construite en retour. Suite à la faillite de M. Eggers, le site est mis en vente forcée en 1894. M. Curel le rachète et achève les travaux entrepris sur le site et le loue à une société de fabrication de liqueurs nommé Sézary et Chevalier.

 

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En 1905, M. Curel vend l'établissement à M. Muraour propriétaire de la marque de parfumerie Bérenger Fils, dont le siège se trouvait jusque-là à la place des Fainéants à Grasse. L'usine ne semble pas alors avoir connu d'importantes modifications. Un document de 1913, indique que cette usine sert de site de production à la société Molinard Jeune, propriété de la société grassoise de parfumerie Méro et Boyveau, Bénard et Honnorat successeurs, dont le siège se trouve en face de l'usine. En 1919, M. Muraour cède la marque Bérenger Fils et l'usine à la société Bénard et Honnorat toujours propriétaire du nom Molinard. Des travaux de transformation de cette usine ont lieu dans les années 1920. Il semblerait que l'architecte grassois Léon Le Bel se soit chargé au moins d'une partie de ces travaux, qui semblent concerner surtout l'aile sud qui est embellie. Le nouveau propriétaire privilégie le développement de la marque Molinard au détriment du nom Bérenger Fils, aujourd'hui tombé en désuétude malgré une timide tentative de relance dans les années 1970/80. L'usine Molinard est actuellement un lieu que l'on visite et n'est plus un site industriel à proprement parler. Il s'agit plus d'une parfumerie de démonstration. Cette vocation touristique de l'entreprise semble remonter aux années 1920.

Au moment de la vente de la société Bénard et Honnorat à la fin des années 1970 à un groupe industriel (Sanofi...), la société Molinard est détachée de l'ensemble et la famille Bénard (LEROUGE-BENARD) en conserve la propriété et l'exploite encore aujourd'hui (dans les mêmes locaux). En 1944 la société Molinard employait 58 personnes et en 1954 elle en employait 71.

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Après la Distillerie Sézary et Chevalier, la Parfumerie Molinard a conservé l'implantation des bâtiments qui existaient. L'entrée a été plusieurs fois modernisée.

 

Archives communales de Grasse

 

Nouvelles couleurs en 2019 - Document Molinard

 

Photo André Raspati

 

 

 

 

Après la Distillerie Sézary et Chevalier, la Parfumerie Molinard a conservé l'implantation des bâtiments qui existaient. L'entrée a été plusieurs fois modernisée.

 

Archives communales de Grasse

 

Nouvelles couleurs en 2019 - Document Molinard

 

Photo André Raspati

 

 

 

9/ BERENGER JEUNE

 

L'histoire de la parfumerie Camilli ou plus exactement CAMILLI, ALBERT ET LALOUE commence sans doute dans la première moitié du XIXe siècle dans les modestes ateliers de Jacques BERANGER, petit distillateur à Grasse... Voyons l'histoire.

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La Maison d'origine, une affaire de négoce de matières premières et de produits de parfumerie a vraisemblablement été fondée en 1830, à Grasse par Jacques Bérenger. Ses fils Joseph, l'ainé et Auguste le plus jeune héritent de la société de leur père dans les années 1850.

Pour développer sa propre société dans les années 1860, Auguste cède à Joseph, son frère aîné et ex associé, ses parts dans la société de parfumerie héritée de leur père.

Auguste aurait aimé désigner sa société par le mot "Fils", Bérenger Fils. Mais un arbitrage judiciaire de 1868 lui interdit d'utiliser cette désignation "fils" après le nom de Bérenger puisque logiquement son frère ainé y avait droit avant lui. La société d'Auguste devient alors la Parfumerie Bérenger Jeune.

Ce procès entre les deux frères a ainsi favorisé le développement de deux entités industrielles et commerciales bien distinctes : Bérenger Jeune, celle d'Auguste qui sera liée à l'origine de Camilli, Albert et Laloue et à la fabrication de matières premières et Bérenger Fils, celle de Joseph, orientée vers les produits de parfumerie finis et de cosmétique qui, elle, sera rachetée dans les années 1920 par le groupe Méro et Boyveau et Molinard et perdurera quelques décennies.

 

 

 

Bérenger Jeune occupe provisoirement au début un local situé dans l’ancienne rue des Augustins. Mais son premier site "industriel" se trouvait au n°45 de la rue Droite, à l'époque l’une des principales artères du centre ancien de Grasse. La fabrique était installée dans un immeuble de trois étages que Auguste Bérenger avait acheté en 1869 aux enchères publiques. La parfumerie avait remplacé au rez-de-chaussée un commerce de parapluies. Elle occupait aussi les parties basses du bâtiment, les caves, et la cour où se trouvaient un lavoir, une fontaine et une écurie. 

 

 

10/ BERENGER FILS

BERENGER FILS VERS MERO BOYVEAU & MOLINARD

 

Les ateliers du créateur Jacques Bérenger qui deviendront par la suite ceux de Bérenger Fils étaient implantés depuis l’origine aux abords immédiats de la ville de Grasse, au quartier des Fainéants, et notamment dans une ancienne auberge dite "Hôtel des Ministres". Elle s'agrandira à plusieurs reprises par l'acquisition de différents terrains voisins ainsi qu'au bas de la rue des Cordeliers. Tout cet ensemble sera cédé en 1907 à Bruno Court.

La place des Fainéants à Grasse - Photo André Raspati

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Documents Yves BOILEAU (collectionneur)

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Bérenger Fils, la société de Joseph, le fils ainé de Jacques Bérenger plus orientée vers les produits de parfumerie finis et de cosmétique sera rachetée dans les années 1920 par le groupe Méro et Boyveau et Molinard et perdurera quelques décennies.

 

 

 

11/ LAUTIER FILS

de repreneur en repreneur, une triste fin...

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Il a fallu presque 200 ans pour "faire" Lautier Fils et à peine 20 ans pour tout détruire et le faire disparaitre de l'échiquier industriel grassois.

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https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

 

Ce qu'il faut savoir

… La famille Rancé à Grasse illustre la transition de la tannerie vers la parfumerie pendant le XVIIIème siècle. François Rancé débute comme gantier mais se tournera pendant le règne de Louis XV vers le négoce et la parfumerie assisté de ses cinq fils. Malgré les changements politiques et économiques occasionnés par la révolution, les fils de François Rancé essayent de se maintenir dans la parfumerie. A la génération suivante, sous la restauration, Alexandre-François Rancé épouse une demoiselle Chiris et continue l’activité familiale.

Fils d’un docteur grassois, le Dr Antoine-Paul Lautier, Jean-Baptiste Lautier crée une affaire de négoce de parfumerie à Paris en 1845. Jean-Baptiste Lautier épouse la fille d’Alexandre François Rancé, Honorine, en 1852 puis s’associera à son beau-frère, François Alexandre Rancé, pour fonder la maison Rancé et Lautier Fils en 1856. Les associés exploitent une fabrique avenue des Capucins. A l’occasion de l’exposition universelle de Londres de 1862 à laquelle participe Rancé et Lautier Fils, les associés datent la fondation de leur maison à 1795 sans doute en référence à l’expérience des Rancé dans la parfumerie. 

Une brouille mettra fin à l’association en 1863, chaque associé retrouvant sa liberté. Ainsi à l’exposition universelle de 1867, les anciens associés exposent en compétition à Paris.  (Informations Benoit Lanaspre)

 

 

Suite à la brouille des deux beaux-frères, une nouvelle usine Lautier, est envisagée au "plateau du Paradis", au début de l'avenue Font-Laugière qui, sur cette partie changera de nom plus tard et deviendra l'avenue Alphonse Morel en souvenir du Directeur des usines Lautier Fils.

Pour sa part, l'atelier Rancé restera aussi un temps en place mais le fils de François-Alexandre Rancé, Alexandre, partira pour Milan en 1902 et y fondera une parfumerie qui existe encore, "Rancé 1795".

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Ci-dessous, l'ancienne usine "Rancé-Lautier" devenue résidence d'habitation dans l'avenue Chiris. La porte d'accès à l'usine de cette époque ferme toujours l'immeuble. 

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La porte d'accès à l'ancienne usine Rancé-Lautier

 

 

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Famille Morel-Lautier sur la terrasse de l'ancienne fabrique Rancé-Lautier, début du 20e siècle.://dossiersinventaire.maregionsud.fr/ - La grande époque : Paul Morel à gauche, François Morel à droite et Georges Lueders (l’agent de Lautier Fils à New York) au centre

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Le magnifique immeuble qu'occupait la parfumerie Rancé-Lautier comprenait à la fois la fabrique proprement dite et l'appartement patronal. Ce logement est constitué de vastes pièces éclairées par de larges baies ornées de vitraux. (Information Nice-Matin)

 

Photo Nice-Matin

 

L'histoire de la parfumerie "Rancé 1795" se trouve au chapitre 34

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LAUTIER FILS TOUT SEUL

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Document Bibliothèque Nationale de France

 

 

La construction de la nouvelle usine Lautier, commence donc à la rue des Capucins de l'époque, une usine moderne qui fonctionne grâce à la vapeur et dans le même temps, comme de nombreux confrères, l'entreprise installe un distilloir dans les Basses-Alpes destiné à la production d'essence de lavande.

En 1877, au décès de Jean-Baptiste Lautier, son gendre, Joseph Morel-Lautier, devient propriétaire de l'usine et installe définitivement la totalité de celle-ci au quartier de Font-Laugière.

En 1895, au décès de Joseph Morel-Lautier, l'usine devient propriété de sa veuve et de ses fils, Alphonse, Paul et François Morel. Sous la direction des trois frères, l'activité croit, des produits et des procédés nouveaux apparaissent. 

En 1905, Lautier Fils construit près de Beyrouth au Liban, une usine pour le traitement des fleurs du pays. Installation également de postes de distillation d'essences de lavande à Moulinet, Lantosque, Pelasque, Lucéram, Sault, Lambruisse, Saint-André les Alpes, pour l'essence à haut titrage.

En 1912 commence la fabrication de parfums synthétiques.

En 1913 : construction de nouveaux bâtiments qui, durant la première guerre mondiale, exploitent une découverte importante pour le compte de l'armée : la synthèse complète du chlorure de benzyle (excellent lacrymogène).

 

 

Les usines Lautier - https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

En 1920 et 1921 : l'entreprise fait construire une usine annexe, sur un terrain vierge, au quartier de la Cavalerie tout en procédant à d'autres extensions dans l'usine mère. Le choix de construire un site annexe a probablement été conditionné par la volonté de la direction d'éloigner un peu ses ateliers d'extraction de la zone de plus en plus habitée dans laquelle se trouvait la première usine. Ce nouveau site est bâti sur un terrain situé à proximité de la gare P.L.M., sur l'une des rives du vallon de Rastiny. On construit deux bâtiments aux formes et caractéristiques standardisées. Il s'agit de l'usine de Sainte-Flore.

 

Lautier Fils, l'usine de la Cavalerie

 

Dans les années 20 encore, Lautier Fils installe des succursales avec dépôt de ses produits à Paris, Londres, New-York, Chicago, Kobe pendant que à l'usine de Grasse, la période se caractérise par l'amélioration de l'extraction des parfums et le dépôt de nombreux brevets.

Après la seconde guerre mondiale, l'activité et la puissance de la maison Lautier Fils continuent de progresser. A la branche des essences de fruits s'ajoutent les matières premières aromatiques naturelles et synthétiques, pour la parfumerie, la savonnerie, la droguerie, la pharmacie et l'alimentation.

D'après "Les Archives privées Portal Europe"

 

Les usines Lautier Fils - https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/

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Les "hommes" de Lautier pendant cette époque faste

 

ALPHONSE MOREL (1875-1975) ------>  Fils de Joseph Morel-Lautier et petit-fils du fondateur Lautier Jean-Batiste. Après ses études à HEC, il prend la direction de la parfumerie familiale Lautier Fils. En tant qu'officier, il avait fait la guerre 14-18 dans les Balkans à partir de Salonique - Président du Tribunal de commerce - Président de la Chambre de commerce des Alpes-Maritimes - Fondateur et Président du Syndicat des industriels parfumeurs de Grasse - Créateur du premier service social de Grasse en 1939, Officier de la légion d’honneur - Créateur d'un village ouvrier appelé l'Aspic - Protecteur de juifs dans son usine en 39-45. En 1975, il décède à l’âge de 101 ans et comme toute la famille Morel il est enterré au cimetière Sainte-Brigitte  à Grasse.

 

Alphonse Morel

 

JOSEPH MOREL (1909-1958) -------> Fils de Alphonse Morel. Né en 1909, Joseph Morel est co-associé et co-directeur des établissements de matières premières pour parfumerie, Lautier et Fils, à Grasse, président du Syndicat national des fabricants d'huiles essentielles. Décédé prématurément en 1958.

 

 

 

PAUL MOREL  (1881-1962) ------->  Né en 1881 ; après le petit séminaire Paul Morel fait des études de chimie à la Sorbonne avant d'entrer, en 1902, aux établissements Lautier Fils à Grasse dont il devient co-propriétaire avec ses frères Alphonse et François. Président du syndicat national des fabricants d'huiles essentielles. Décédé à Grasse en 1962.

 

Paul Morel

 

EUGENE MOREL  (1921-1972) ---------> Fils de Paul Morel, ancien Président de la Société Lautier Fils, Eugène Morel est lui-même Président du conseil d'administration de cette société. De 1959 à 1966, il occupe également le poste de vice-président du syndicat national des fabricants d'huiles essentielles. Il s'était porté volontaire au STO 42-45 à Dresde en remplacement d'un ouvrier de l'usine convoqué alors que marié avec plusieurs enfants à charge. 

Eugène Morel succéda à son père Paul à la mort de ce dernier en décembre 1962. Monsieur Alphonse, Monsieur Paul et Monsieur François travaillaient étroitement ensemble. La génération suivante hétéroclite suite à la disparition de Georges et Joseph,  voulut mettre en place une direction collégiale avec Eugène ce qui se révéla difficile au quotidien. Eugène, diplômé de chimie parlait 5 langues couramment dont le japonais et possédait un excellent sens commercial. Il exerça ensuite ses talents à développer l’Asie entre autres ce qu’il fit avec succès, laissant de côté l’administration. En 1972 Eugène décédait à son tour prématurément."   (informations Madame Guillemette Morel-Langlois, fille de Monsieur Eugène Morel)

 

Eugène Morel

 

 

VOIR /     http://www.patronsdefrance.fr/?q=sippaf-actor-record/22785

http://www.patronsdefrance.fr/?q=sippaf-actor-record/22742  

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Après le beau temps, la pluie ...

 

Le décès prématuré de Joseph Morel en 1958 pose un grave problème à la famille Morel. Joseph Morel était certainement appelé à occuper de hautes fonctions chez Lautier Fils. Il semble avec du recul qu'il était le seul capable de remplacer Paul Morel excellent Président-Directeur-Général parmi les héritiers et les successeurs possibles. Effectivement de nombreux deuils ont frappé la famille Morel : Jean Morel, en 1935, le lieutenant Georges Morel mort au combat en 1940 puis Joseph Morel en 1958 et Eugène Morel en 1972. Ces deuils trop nombreux compliquèrent sans doute la succession à la tête de Lautier Fils.

(Ensuite de 1965 à 1975, le prix des matières premières n'a cessé de flamber.) Ensuite, la modernisation des gammes de produits n'a pas été suffisamment forte chez Lautier Fils. Le changement de stratégie vers l'utilisation des produits de synthèse dans les compositions de parfumerie développée chez tous les confrères aurait tardé à se mettre en place. Lautier Fils fit tout de même des efforts importants à l'usine Font Laugière et Sainte Flore dans l’alimentaire. Grasse sentait la soupe à l’oignon pendant des semaines chaque année à cause des oignons traités à Sainte Flore ! Mais la division des produits aromatiques pour l'alimentation n'a pas été suffisamment développée à temps. Oui malheureusement Lautier Fils qui était en pointe sur les synthétiques à Grasse avec les travaux de Gustave Louis Blanc dans les années 1920, n’a pas su exploiter ces découvertes aussi largement que possible ; d’autres en ont profité comme Givaudan par exemple pour l’aldéhyde cyclamen, découvert pourtant chez Lautier Fils.

Enfin, la filiale de Beyrouth ne répond plus à l'attente de la maison mère. Elle sera vendue. Elle n’était plus profitable depuis la fin de la seconde guerre mondiale. L'outil était devenu vieillissant ou obsolète, les matières premières à traiter sur place étaient devenues rares et chères car les terrains agricoles avaient pris beaucoup de valeur suite à l’urbanisation de Beyrouth et risquaient d’être expropriés pour faciliter la construction d'habitations. Cette importante source d'approvisionnement fera défaut.

 

Les roses à l’usine Lautier fils, à Tayouni, Beyrouth - Collection : https://br.pinterest.com/lanaspre/lautier-fils/

 

Un autre problème est à évoquer. Génération après génération, les actionnaires de Lautier Fils sont de plus en plus nombreux et l'équipe dirigeante familiale présente dans l'entreprise est trop importante. Les décisions deviennent de plus en plus difficiles à prendre. Très certainement, la dispersion de l’actionnariat a empêché aussi d'investir régulièrement dans l’affaire comme la génération précédente l’avait fait et de ce fait, l'outil industriel vieillit. Par contre, la concurrence comme Mane ou Robertet réussit mieux ; elle est plus stable et plus dynamique. Bref, les affaires ne sont plus aussi bonnes qu'avant et certains actionnaires, semble-t-il seraient tentés de se désolidariser de l'actionnariat familial. C'est le cas peut être, de François Morel qui aurait vendu ses parts unilatéralement en abandonnant ses frères Paul et Alphonse. Mais rien n'est sûr... Toujours est-il que dans ce contexte, le loup rentre dans la bergerie... Petit actionnaire minoritaire au départ, Rhône-Poulenc pointe son nez dans le capital de Lautier fils en 1968 mais il en devient l’actionnaire majoritaire en 1972 et c'est le début de la fin pour

Pourquoi ...la société des usines chimique Rhône-Poulenc chez Lautier ?

En 1963, W. Baumgartner vient de se voir confier la responsabilité de Rhône-Poulenc, et un problème central l’attend, celui de la trop grande dépendance du groupe vis-à-vis du textile (Rhodia). Il s’attelle, pendant sa décennie au pouvoir de RP, prioritairement à diversifier ses activités et à développer ses secteurs chimique et pharmaceutique. C'est pour cette raison que RP renforce ses positions dans le domaine de la parfumerie et de l'aromatique en s’introduisant pour 34% dans le capital de la société Lautier Fils située à Grasse. Par ce biais, RP est représenté dans le capital des filiales américaine, britannique, brésilienne et grecque de la société Lautier Fils. Le groupe RP est à cette époque, l'un des grands producteurs d'intermédiaires de synthèse de la parfumerie mais aussi de la chimie alimentaire avec, entre autres, un produit phare très utilisé à Grasse par les fabricants de produits aromatiques pour l'alimentation : la vanilline de synthèse en grande compétition gagnante avec les gousses de vanille naturelles toujours trop chères.  Rhône Poulenc est à cette époque (1969-1972)le plus grand groupe chimique français.

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Les Ets Lautier Fils depuis le pont du Sud
Les usines Lautier Fils depuis la voie des CP

 

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L'échec de Rhône-Poulenc chez Lautier

L’histoire montre que le groupe Rhône-Poulenc et sa filiale commune avec le Comptoir des Textiles Artificiels « Rhodiaceta », sont à la fin des années 1950 deux sociétés en pleine expansion dont la prospérité économique et financière est reconnue de tous. Mais dans les années 1979/80 l'immense RP est à la dérive...Que s’est-il passé ? Comment expliquer la défaillance de cette société ? Quelles peuvent être les raisons de ce déclin : la conjoncture économique internationale ?  La stratégie industrielle des dirigeants ? Quelle était la situation de l’industrie en France à cette époque ? La division textile de RP a en fait entrainé fusions, cessions, fermetures...Alors sauver Lautier dans cette situation devient impossible et Rhône-Poulenc est contraint de vendre la société grassoise sans n'y avoir rien apporter.

https://scd-resnum.univ-lyon3.fr/out/theses/2013_out_millon_i.pdf

 

 

 

Les "gourmands" défilent à Grasse....

L'américain Florasynth d'abord rachète donc Lautier en 1981, puis c'est au tour du groupe allemand Bayer, le créateur de l'Aspirine et propriétaire de Monsanto, de devenir en 1995 le nouveau "patron" et d'en mettre une couche de plus. Il fusionne Lautier avec sa division arômes Haarmann et Reimer. La marque Lautier disparait...C'est une catastrophe pour le personnel. Et ce n'est pas tout... Haarmann & Reimer (qui a donc "avalé" Lautier) et Dragoco, deux grandes sociétés de produits aromatiques basées toutes deux à Holzminden en Allemagne fusionnent en 2003 pour former un nouveau groupe dans l'univers de la parfumerie et l'aromatique, le groupe SYMRISE qui sera le fossoyeur de Lautier. Il a fallu presque 200 ans pour "faire" Lautier et à peine 20 ans pour tout détruire et le faire disparaitre de l'échiquier industriel grassois.

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Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

 

Pour les salariés, la fin de l'histoire... vue par les salariés… témoignage

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De Bayer, en 1995, qui la fusionne avec sa division arômes Haarmann et Reimer. Elle devient enfin Symrise...L'usine Symrise ferme ses portes à Grasse : 73 personnes licenciées.

article de  Catherine Fournier pour "Usine nouvelle" 02/2004

 

 

"C'est définitif. Les menaces qui pesaient sur le spécialiste des arômes Symrise, à Grasse (Alpes-Maritimes), ont été confirmées. Le 30 juin prochain, l'usine mettra la clef sous la porte. Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), entériné le 17 décembre dernier, prévoit le licenciement de 73 salariés, sans possibilité de reclassement interne. Seules 28 personnes gardent leur emploi dans une antenne administrative chargée de « conserver certains gros contrats », selon Jean-Luc Revol, seul délégué syndical FO de Symrise France. Le couperet est tombé le 23 octobre 2003 lors du comité d'entreprise. La direction a laissé échapper « qu'il y avait 80% de chances pour que la fabrication des produits liquides soit transférée en Allemagne », où se concentre le gros de l'activité du groupe. Le 17 septembre, les salariés étaient officiellement informés et consultés sur la délocalisation de la production à Holzminden, le siège. Un mois plus tard, le plan social était clôturé. « Nous avons préféré négocier de bonnes indemnités plutôt que de nous lancer dans une procédure judiciaire interminable », explique Jean-Luc Revol, avant de conclure : Au bout de six plans sociaux, les salariés n'avaient plus envie de se battre.» 

 

 

 

"Quand le groupe allemand Bayer fusionne Lautier avec sa division arômes Haarmann et Reimer le site commence alors à péricliter. « Nous bénéficions d'un peu plus d'1,5 million d'euros en liquidité. Au lieu de les utiliser pour ré-industrialiser le site de Grasse, Bayer les a injectés dans ses filiales allemandes », estime M. Revol. Résultat : entre 1997 et 2000, quatre plans sociaux se succèdent. En 1997, le site de Saint-Ouen l'Aumône (Val d'Oise), et qui employait 112 salariés, est fermé. Grasse assure tout seul la production. Mais en 1998, son centre de recherches et développement « arômes » puis « parfums » déménage à Neuilly-sur-Seine et Puteaux (Hauts de Seine), le nouveau siège français. 30 salariés quittent l'entreprise. En 2000, la production d'arômes pour la parfumerie est transférée au Bouveret, en Suisse. 60 personnes sont licenciées. « On nous a retiré notre activité originelle, la parfumerie, déplore Jean-Luc Revol. 

 

 

"La production restante, les arômes alimentaires, n'était pas suffisante pour rentabiliser le site ». En septembre 2000, Bayer finit par revendre sa division arômes Haarmann et Reimer au fonds d'investissement suédois EQT qui a racheté aussi, dans l'intention de les fusionner, l'allemand Dragoco, son concurrent direct dans les arômes et les parfums, également basé à Holzminden. Stratégie qui, selon Jean-Luc Revol, a porté le coup de grâce au site de Grasse. « Les gros problèmes d'organisation liés à la fusion de deux concurrents ont nui à la compétitivité du nouveau groupe Symrise. Nous en avons fait les frais. »  En avril 2003, le site grassois a connu son cinquième plan social. 53 personnes ont été remerciées, en vue « d'absorber les 52 salariés de Dragoco». Le sixième et dernier plan social a été fatal, le reste de la production étant délocalisé en Allemagne." 

Catherine Fournier

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Symrise a gardé à Grasse une petite antenne (bureaux et laboratoires) sans doute pour conserver l'image d'une société grassoise... Une misère !!! Mais à Grasse personne n'est dupe...

 

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Les anciennes usines Lautier 

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Les sites des anciennes usines de Lautier à Font-Laugière et à La Cavalerie garderont approximativement les mêmes dispositions et attributions (production, extraction) jusqu'à leur fermeture définitive en 1993, date à laquelle ils ont été entièrement remplacés  par la nouvelle usine de l'Avenue Marcel Pagnol que le groupe industriel Florasynth, alors propriétaire de Lautier, avait fait bâtir dans les années 80/90. Celle-ci devait effectivement remplacer les deux anciennes unités grassoises. Ces dernières ont été démolies au début des années 2000 et ont été remplacées par des programmes immobiliers neufs. La société Lautier Fils a été totalement intégrée au groupe Florasynth, qui a fermé, à la fin des années 1990, son usine grassoise.

 

Photos André Raspati

 

Grasse « préempte » le site de l'ex-usine Symrise

L'USINE NOUVELLE  - Publié LE 22/02/2008

Pour éviter sa transformation en une activité éloignée du pôle aromatique, la ville de Grasse a décidé de racheter l'ancien site industriel Symrise, et d'en céder ensuite la propriété à l'agglomération Pôle Azur Provence chargée de l'aménager pour l'accueil de nouvelles activités aromatiques conformes au développement du pôle de compétitivité arômes saveurs senteurs.

« Depuis sa fermeture, il y a trois ans, la ville se mobilise pour conserver sa vocation industrielle à ce site moderne », précise Damien Gaucherand, directeur général des services de la ville de Grasse. L'usine est à la vente pour 14 millions d'euros depuis 2004, après délocalisation des activités restantes en Allemagne. Son histoire est exemplaire des mouvements de fusion, concentration qui depuis plus de dix ans modifie la carte industrielle grassoise.

Propriété de l'Américain Florasynth, son destin bascule en 1995, avec son rachat par le groupe Bayer, qui la fusionne avec sa division arômes Haarmann et Reimer. Le site va ensuite péricliter. Les fonds de l'entreprise, au lieu d'être utilisés pour réindustrialiser le site, sont injectés dans ses filiales allemandes.

Entre 1997 et 2000, quatre plans sociaux se succèdent. En 1998, son centre de recherches et développement « arômes » puis « parfums » déménage. Puis en 2000, la production d'arômes pour la parfumerie est transférée au Bouveret, en Suisse. En juillet 2002, l'entité Haarmann et Reimer est revendue au fonds d'investissement suédois EQT qui a également repris, dans l'intention de les fusionner, l'allemand Dragoco, son concurrent direct dans les arômes et les parfums également basé à Hozminden, en Allemagne du Nord. La fusion avec Symrise condamne le site à la fermeture.

Jean-Pierre Leleux, maire de Grasse, va donc utiliser son droit de préemption sur les 6 hectares du site et les vastes locaux pour un coût d'acquisition évalué selon les services fiscaux à10 millions d'euros. La transaction est engagée avec le groupe Symrise. L'agglomération aura ensuite la responsabilité de l'aménagement du terrain et des bâtiments avant de sélectionner les sociétés aromatiques qui s'y installeront. D'autant que le rachat d'un terrain mitoyen d'un peu moins de 2 hectares permet d'envisager une opération d'aménagement d'ensemble propice au développement du pôle aromatique grassois."

 

Photo Usine Nouvelle

 

Grasse investit 13,3 millions d'euros pour aménager son pôle Arômagrasse

 L'Usine Nouvelle - 23/07/2012 

Dans les Alpes-Maritimes, le pôle Arômagrasse accueille cette année, ses premières entreprises spécialisées dans la fabrication de parfums.

 

"La communauté de communes Pôle Azur Provence (PAP), dans les Alpes-Maritimes a investi 13,3 millions d'euros dans l’achat des terrains et bâtiments, dont l'aménagement est en cours. Cet investissement s'inscrit dans la suite logique de l'acquisition en  2006, de l’ancien site industriel de matières premières aromatiques, abandonné par Symrise (62 000 mètres carrés, 8 hectares).

Le site, désormais baptisé "Arômagrasse", est loué à des entreprises de la filière des arômes et parfums à la recherche d’espace pour développer leurs activités et accueille déjà ses premières entreprises. Ce pôle répond à une forte demande dans un territoire au foncier très contraint.

Six entreprises ont déjà signé le compromis de vente. Parmi elles, Bougie et Senteur et SIS (société spécialisée dans la rénovation d’usines aromatiques), une PME sortie du Centre de promotions des entreprises de Grasse (Alpes-Maritimes). Elle emploie aujourd’hui une quinzaine de salariés.

Selectarôme, qui fabrique des arômes alimentaires, est aujourd’hui installée à Cannes-La Bocca (Alpes-Maritimes), sur un terrain qui permettra à la PME familiale de 11 personnes, de construire des nouvelles installations et de se développer. D’autres viennent de l’extérieur comme  Lydeha (fabrication de parfums en région lyonnaise) ou Quimdis (produits aromatiques, région parisienne).  

Arômagrasse pourrait également proposer un hôtel d’entreprises avec laboratoires, qui aura vocation à accueillir les entreprises sorties de la pépinière Innovagrasse. Le pôle pourrait aussi, à terme, héberger des activités de services liées au secteur des arômes et parfums.  Michel BOVAS"

 

Photos Internet

 

Je remercie Messieurs Benoit Lanaspre et Guitry Jean-Paul pour l'aide précieuse qu'ils ont apportée à la réalisation de cet historique de la Maison LAUTIER FILS

 

 

 

12/ ROURE     

... celui qui a abandonné Grasse...

 

 

 

C’est en 1820 que Claude ROURE créa avec succès à Grasse l’un des premiers ateliers d’extraction et de distillation de matières premières et huiles essentielles « parfumantes » qui étaient alors utilisées un peu pour les soins chez les apothicaires mais en grande partie pour la ganterie. Comme on le sait, parfumer les gants était plus que nécessaire ; ils conservaient une odeur désagréable due au traitement des peaux et à leur putréfaction naturelle. Certains artisans et petits industriels de l’époque s'étaient effectivement orientés vers la fabrication de parfums à partir des fleurs cultivées dans le climat exceptionnel de Grasse telle que la Rose, le Jasmin, la Tubéreuse etc… Claude Roure qui avait épousé Marie-Honorade BERTRAND, appela sa société « ROURE BERTRAND » dont la marque de fabrique était une cornue sur son four en briques. On retrouvera cette d’ailleurs cette marque sur les documents commerciaux et le fronton qui ornait un des bâtiments de l’usine de Grasse. L’entreprise se développe bien.

 

 

En 1845, Jean François ROURE, fils du fondateur prend en mains la société qui prend la raison sociale nouvelle ROURE BERTRAND Fils celle-ci ne sera d’ailleurs modifiée qu’en 1926, lors de la fusion avec la Société Justin DUPONT. C’est à cette époque que certaines parfumeries de Grasse entretenaient des relations très suivies avec la ville de Cologne qui achetaient à Grasse, l’essence de Néroli, constituant essentiel de « l’Eau de Cologne ». ROURE BERTRAND Fils était un des fournisseurs de cette essence obtenue par distillation de la fleur d’oranger bigarade régionale.

D'après :  http://assoargr.fr/argr/spip.php?article1

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Les usines Roure vers 1900

 

Jean François ROURE décède en 1866, laissant deux fils : Claude Zacharie et Louis Maximin qui prennent en mains les destinées de ROURE BERTRAND Fils. Ce sont eux qui en firent une très grande Maison Internationale et c’est surtout à partir de 1873 que la progression fut rapide quand Louis Maximin présente au cours d’une exposition à Vienne pour la première fois les « Essences Concrètes » faisant faire à son industrie un progrès technique considérable. Ces essences concrètes provenaient de la distillation sous vide à basse température de l’alcool de lavage des pommades d’enfleurage, une nouveauté qui fit sensation dans le monde des matières premières pour la « Parfumerie ». Louis Maximin apportera aussi une amélioration considérable dans les techniques de production : mécanisation des ateliers, modernisation du matériel et mise en œuvre de nouveaux procédés de fabrication.

 

 

 

De son côté, son frère Claude-Zacharie donna une autre dimension à la branche commerciale exportatrice dans toute l’Europe Centrale, particulièrement en Russie. Grâce à lui, ROURE BERTRAND Fils fut le fournisseur presque exclusif de la plus grande savonnerie de Russie et le resta pendant plus de cinquante ans, réalisant un chiffre d’affaire considérable, jusqu’à ce que la Révolution de 1917 ne mette, provisoirement, un terme à ces relations privilégiées. Claude Zacharie décède en 1880 et Louis Maximin reste seul propriétaire de l’entreprise jusqu’à sa mort en 1898. Il laissa trois enfants : Louis son fils aîné (qui épousera Louise VARVAT et qui n’eut pas de descendant), Marie (qui épousera Jean AMIC et qui donnera naissance à 3 enfants : Thérèse épouse de Jean FABRE, et eut deux fils, François et Louis)  et le troisième enfants, Jean.

D'après : http://assoargr.fr/argr/spip.php?article1

 

 

 

Lithographie Lalande à Paris rue des Lombards-Document Yves Boileau

 

 

Louis-Maximin eut le temps d’initier aux affaires son fils Louis et son gendre Jean AMIC (qui, par ailleurs, deviendra, en 1911, Sénateur des Alpes Maritimes). Son fils aîné Louis prendra une part active à la marche de ROURE BERTRAND Fils et lui donnera une nouvelle impulsion en publiant le Bulletin Scientifique et Industriel de la Maison ROURE BERTRAND Fils, traduit en anglais et en allemand et dont la notoriété devait s’étendre universellement. C’est dans le bulletin d’octobre 1900 qu’on trouve pour la première fois l’historique de l’extraction des parfums par les solvants volatils et l’apparition de concrètes et d’absolues. Ces importantes innovations seront présentées à l’Exposition Universelle de Paris de 1900 avec un Grand Prix à la clé et une confirmation d’une renommée mondiale.

En 1902, Louis ROURE très clairvoyant et convaincu des ressources que la chimie organique pouvait apporter à la parfumerie créa personnellement, à Argenteuil, une usine de produits de synthèse avec l’aide de Justin DUPONT et sous le nom de cet éminent technicien et ami.
Dès 1904, la Maison Justin DUPONT obtenait une médaille d’or à l’Exposition de Saint Louis aux États Unis et, parallèlement, la Maison ROURE BERTRAND Fils, se développait avec succès.

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Au décès de Louis-Maximin Roure, Marie et Louis Roure, deux de ses enfants reprirent donc les rênes de l'affaire et Jean Roure récupérait ses parts ce qui ne fut pas simple avec les secrets et les intrigues du monde la parfumerie de cette époque et de ce milieu très fermé des grandes maisons de la ville de Grasse. Ayant signé une clause de non-concurrence, Jean laissa de côté pendant de nombreuses années le milieu de la parfumerie mais vécut largement ainsi de ses rentes. A la fin de sa vie toutefois, il eut envie de laisser quelque chose à ses petits-enfants. La clause de non-concurrence étant caduque, il pouvait revenir dans le monde la parfumerie. C’est alors qu’il racheta l'usine Bruno Court.

D'après : http://roure-parfum.blogspot.fr/

 

 

 

A la mort de Justin DUPONT, l’usine d'Argenteuil fut confiée à un nouveau directeur : Max ROGER qui était, lui aussi, un grand chimiste et qui la réorganisa. Il créa d’importantes fabrications et améliora certaines autres (Ionones, Méthylionones, Aldehyde alpha amylcinnanique, dérivés 
du lemongrass, du vétyver dont l’Acétivenol, par exemple, fut par la suite, une spécialité de ROURE très appréciée).La Société DUPONT resta autonome jusqu’en 1926 car il n’était pas souhaitable que pendant cette période la clientèle soit au courant de l’intervention de la chimie dans la parfumerie. On eût crié au sacrilège !.

En 1926 donc (année de la mort du Sénateur Jean AMIC) les deux Maisons fusionnèrent pour former la Société Anonyme des Etablissements ROURE BERTRAND Fils et JUSTIN DUPONT. Toute la parfumerie avait alors compris (24 ans après Louis ROURE) l’intérêt qu’il y avait à utiliser la chimie organique qui permettait de créer des parfums plus modernes avec des notes tout à fait originales et plus diversifiées. Argenteuil permit à ROURE BERTRAND Fils et JUSTIN DUPONT de prendre une place prépondérante dans le monde des producteurs aromatiques de synthèse.et lui assura beaucoup plus largement les propres besoins de ses parfumeurs... Un premier coup dur pour Grasse…

 

En 1922, François FABRE entre dans la société et se charge de la direction de l’usine de produits naturels de Grasse et de la clientèle de l’Europe et de celle de l’Amérique du Sud où les résultats sont excellents en quelques années. En 1927, son frère Louis entre dans la société à son tour et prend en charge l’activité commerciale avec l’Amérique du Nord, l’Angleterre et la place de Paris où il réussit à imposer de nombreuses créations de ROURE à une clientèle extrêmement active, souvent liée à la Haute Couture et dont le développement international était considérable. En 1936, nouveau coup dur pour Grasse. Un important laboratoire de création pour la parfumerie est installé à Neuilly ce qui permet évidemment de développer plus fortement encore les affaires à Paris.

http://assoargr.fr/argr/spip.php?article1

 

 

L’épandage du bâtiment d’extraction par solvants de l’usine Roure-Bertrand vers 1905 - Publication Facebook

 

Il en résulta qu’en 1939, ROURE BERTRAND Fils et JUSTIN DUPONT occupait le premier rang des maisons françaises et, peut être d’Europe, dans la branche des matières premières aromatiques pour la parfumerie et la savonnerie. La Guerre de 1939/1945 vint, malheureusement, troubler cette excellente situation. De 1926 jusqu’à sa mort, en décembre 1947, Louis ROURE assura, brillamment, la Présidence et la Direction Générale de la nouvelle Société. Cet homme d’une très grande bonté fut unanimement regretté.

 

A  sa mort Louis ROURE laissa une Société en pleine expansion avec des ramifications dans le monde entier. Ses trois neveux, qui assuraient déjà avec compétence la marche des affaires depuis de nombreuses années, se partagèrent alors l’entière responsabilité de la société.
Jean FABRE assura la Présidence. La Direction Générale fut confiée à François et Louis AMIC.
En 1944, le Siège Social qui était depuis l’origine à Grasse, avait été transféré à Paris 47 bis rue du Rocher, puis quelques années plus tard, 17 bis rue Legendre afin de centraliser tous les services administratifs dont la complexité grandissait. Il sera déplacé une dernière fois, en 1973, 55 rue de la Voie de Bans à Argenteuil où seront alors regroupés tous les services de la rue Legendre et ceux du Laboratoire de Parfumerie de Neuilly qui prendront place dans l’enceinte de l’Usine."

La raison sociale, qui avait été modifiée fin 1975, était alors : ROURE BERTRAND DUPONT.

 

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A la mort de Jean FABRE en 1950, Louis AMIC lui succéda à la Présidence jusqu’en 1970 lorsqu’il fut contraint de démissionner pour raison de santé.

Le Secrétaire Général Charles VIDAL, qui était entré dans la société en 1943, assurera la Présidence jusqu’à son départ en retraite en 1980.
La sixième et dernière génération qui participera à la direction de cette grande Société, sera représentée par 
– Pierre FABRE (fils de Thérèse et Jean FABRE) qui prendra la direction de l’usine de Grasse au moment du départ à la retraite de son oncle François AMIC 
 Jean AMIC (fils de Louis) qui, entré en 1962, assurera la direction du centre ROURE DUPONT INC à New York, de 1964à 1970. Avant son retour en France, il préparera le transfert du centre de New York vers Teaneck dans le New Jersey où il se trouve toujours en 2001. Il succédera à Charles VIDAL à la Présidence jusqu’à la fin en 2000. Ce sera le dernier Président...

 

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En 1963, Roure à cours de moyens financiers est rachetée par l’entreprise suisse Hoffman-La Roche qui laissa, cependant, une relative autonomie puisque toutes les activités dont les fabrications à Grasse et à Argenteuil sont maintenues et continueront. En 1991, Roure fusionne avec Givaudan alors le plus grand producteur suisse de bases synthétiques pour l’industrie du parfum, déjà filiale également d’Hoffman-La Roche et le grand frère ennemi de Roure avant. Roure devient GIVAUDAN-ROURE
 

Les productions des matières premières naturelles et synthétiques de ROURE étant presque ridicules devant celles dont disposait le « Grand Frère », sont arrêtées à Argenteuil et à Grasse, avec les conséquences inévitables pour le personnel qui a connu des départs en retraite anticipés et des licenciements. Enfin, le 8 juin 2000, le nom de ROURE liés pourtant à des souvenirs de deux siècles disparaît de la raison sociale sans états d’âme et GIVAUDAN devient autonome en se séparant d’avec Hoffman La Roche. ROURE qui en provençal veut dire chêne, un bois noble symbole de la force et de la durée, ne désigne plus que l’Amicale des Anciens jusqu’au jour où tout s’éteindra…définitivement…

D’après un manuscrit de François AMIC conservé par Madame Janine EVAIN (fille de Jean et Thérèse FABRE donc nièce de François AMIC).

D'après :  http://assoargr.fr/argr/spip.php?article1

 

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Le seul site connu occupé par la société de parfumerie Roure-Bertrand est son usine du quartier des Capucins (actuelle avenue Pierre Sémard). Elle a été bâtie en premier lieu sur une ancienne propriété religieuse où se trouvait un bâtiment. La moitié droite du bâtiment dit des expéditions a assez précisément la même emprise au sol que l'ancien bâtiment religieux. En 1865, Pierre Levens-Cresp propriétaire du site fait bâtir, selon les matrices cadastrales, une distillerie sur la parcelle E 442, qui correspond à celle du bâtiment dit du distilloir et de la chaufferie qui lui est accolée, avec sa cheminée en brique. La documentation ancienne confirme que ces installations sont bien les premières structures de l'usine construites sur ce site et ajoutées à l'ancien bâtiment religieux. La société Roure semble investir les lieux en 1871 selon la date portée sur l'entrée du bâtiment des absolues et en 1876 selon le cadastre.

A cette époque on peut supposer que le bâtiment religieux sert aussi de local de production. La société de parfumerie ajoute à partir de là régulièrement de nouvelles structures. Le premier ajout qui date des années 1880 se trouve sur la parcelle située derrière le bâtiment religieux. La nouvelle construction, dite des absolues, est largement agrandie dans les années 1890 peu avant la construction (vers 1900) de l'atelier d'extraction. A cette date le site comprend deux groupes de constructions (le bâtiment des expéditions et celui des absolues d'un côté et de l'autre, le distilloir, la chaufferie et l'atelier d'extraction) séparés par la route départementale n°6. Cette route est privatisée et intégrée au site industriel à une date inconnue.

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Dans les années 1910, l'entreprise devenue propriétaire d'un terrain dit jardin Felker situé en face du site Roure, procède à la démolition d'un ancien bâtiment rural et à la construction, à la place, du bâtiment administratif, communicant avec le bâtiment des expéditions par une galerie vitrée aujourd'hui disparue. Le site comprenait aussi d'autres structures plus secondaires, notamment le dépôt d'alcool.

 

Le bâtiment administratif a été réhabilité au début des années 2000/2010. Il est devenu le siège de Pole-Azur-Provence

 

A partir des années 1940 et surtout après guerre on ajoute de nombreuses constructions qui se limitent le plus souvent à de petites structures en tôle ou en parpaings de ciment à l'aspect très simple. L'ensemble de ces petites structures ont été démolie après la fermeture du site en 1998 et la disparition de l'entité commerciale Roure-Bertrand. N'ont été conservés et inscrits à l'inventaire que les principaux bâtiments construits avant les années 1920. De même, l'ensemble des éléments techniques (tuyaux, chemins de câbles) ainsi que les divers réservoirs et bassins ont été supprimés. En 1944 la société Roure employait 117 personnes et en 1954 elle en employait 150."

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Le ramassage de quelques matières premières autour de l'usine et ailleurs

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10525712b

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
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Quelques ateliers de l'usine Roure à Grasse

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10525712b

 

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
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Quelques étiquettes et documents de ROURE

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
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Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
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Roure et les années 2000

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Le site de l'usine ROURE à Grasse a été entièrement reconverti : Bureaux, commerces, clinique, parkings, bâtiments administratifs....

 

 

Un grand ensemble de logement sur une partie du site des usines Roure

 

En souvenir de "la belle époque"... 

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10525712b

 

Photos Alain Sabatier

 

Photos Alain Sabatier - 1950
Photos publiées sur Facebook- 2020
Le personnel de Roure - Photo collection Corinne Julien-Botoni

 

 

 

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Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
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Grasse inaugure une distillerie dans une ancienne usine à parfums
Publié le 22 Février 2019 - par Jean-Pierre Largillet -

Une nouvelle branche pour le savoir-faire grassois en matière de parfums ? C'est ce que laisse présager l'inauguration cet après-midi de la nouvelle distillerie Comte de Grasse, dans les anciens locaux de l'usine à parfumerie Roure. Premier produit déjà sur le marché, le gin 44°N (se prononce 44 degrés nord) est créé à l'aide de techniques d'extraction traditionnelles de la parfumerie, combinées à des technologies de distillation modernes.

 

Photo Photo Web Time Media : l'ancienne usine à parfums Roure reprend une vie industrielle avec l'installation de la distillerie.


Est-ce une nouvelle branche dans les activités arômes et parfums de Grasse qui est en train de pousser? L'inauguration de la nouvelle distillerie Comte de Grasse, cet après-midi, dans l'ancienne usine de parfumerie Roure (là où se trouve actuellement Innovagrasse et le siège de la communauté d'agglomération CAPG) tient du symbole. Car c'est le pari un peu fou lancé par un spécialiste de marketing indien, Bhagath Reddy, PDG et fondateur de Comte de Grasse qui est en train de se réaliser : fabriquer un alcool de prestige comme on fabrique un parfum avec les mêmes équipements et la même méthode.

Une méthode baptisée Grasse HYPRX
C'est aussi tout naturellement qu'est venu le choix d'une ancienne parfumerie pour installer une nouvelle distillerie dans la cité des parfums. Epicentre de la parfumerie mondiale Grasse accueille pour la première fois une distillerie nichée sur la Côte d’Azur. Une distillerie qui a déjà son premier alcool de marque : le gin 44°N (se prononce 44 degrés nord). Suivant le concept fondateur, il est créé à l'aide de techniques d'extraction traditionnelles de la parfumerie, combinées à des technologies de distillation modernes.

Cette façon de procéder vient d'ailleurs défier les idées initiales sur la création d'arômes et le développement durable dans l’industrie des spiritueux de luxe : Comte de Grasse introduit pour la première fois dans la distillation du gin une macération par ultrasons, une distillation sous vide et une extraction supercritique au CO2.

Cette méthode – marque déposée par la maison, nommée procédure de distillation Grasse HYPRX – permet d’extraire le meilleur de chaque plante tout en préservant les molécules aromatiques, et permet ainsi d’obtenir l’effet recherché : une complexité et une délicatesse exceptionnelle, ainsi qu’une profondeur de saveur longue et raffinée.

Des ingrédients qui proviennent aussi de la région
Les ingrédients constituants le liquide proviennent aussi de la région, bénies par une alliance de soleil et de chaleur constants. Le cade (genévrier oxycedrus), le zeste d'orange amère, l'immortelle, le mimosa, le jasmin, les pétales de centifolia, la lavande et le miel local ne sont que quelques-uns des 20 ingrédients précieux fournis par la communauté locale. La distillerie bénéficie également de l’eau de source la plus pure des Alpes-Maritimes. Une nouvelle extension en route pour le savoir-faire grassois en matière de parfums, savoir-faire désormais inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco.

 

Photo Web Time Media

 

Embouteillé dans un superbe verre Bleu Klein, avec des accents jaunes chatoyants et un coffret de présentation raffiné, le 44°N est disponible à l'achat en ligne directement de la distillerie à un prix qui s'est inspiré aussi de celui de la parfumerie : 75 € pour 50cl.

 

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Roure, dans le domaine du privé...

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Dans l'arrière pays Grassois, un jour de neige, le cocher en haut de forme, attend (d'après les commentaires publiés à propos de cette photo trouvée sur internet) Monsieur et Madame Louis Maximin Roure. L'attelage ne manque pas de distinction avec ces deux chevaux au pelage lustré, et une voiture vernie simple et soignée.

http://roure-parfum.blogspot.fr/

 

Plus récent, la "Vedette" et le chauffeur des Roure.

 

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En périphérie de la ville historique de Grasse, sur le boulevard Carnot, la famille Roure fit édifier autour de 1900 une grande villa art nouveau pour héberger la famille. Elle fut habitée par plusieurs générations de Roure puis par d'autres descendants (Estrangin ?). On y faisait , parait-il, du patin à roulettes dans la grande salle à manger.

http://roure-parfum.blogspot.fr/

 

 

Sur cette deuxième photo, nous sommes en 1912. On peut y reconnaître quelques membres de la famille Ferrand. Madame Eugénie Ferrand, née Brocard avec son ombrelle. Les Brocard était une autre grande famille de parfumeurs en Russie. Marcel Ferrand de dos qui sera fauché par la Grande Guerre quelques jours avant l'Armistice. Et sans doute, sous un grand chapeau, Henriette Ferrand, épouse de Jean Roure, propriétaire de la maison.

 

 

http://roure-parfum.blogspot.fr/

 

Cette dernière photo, montre une partie de la maison, du côté de l'entrée réservée aux autos.  Cependant leurs tailles respectives laissent imaginer la hauteur des plafonds et la perspective que devait offrir le grand escalier de marbre derrière cette porte. Nous sommes toujours en 1912. On y voit Madame Eugénie Ferrand, née Brocard avec son ombrelle et, sous son grand chapeau, Henriette Ferrand, épouse de Jean Roure, propriétaire de la maison.

 

 

Vers la fin des années 60, la mairie de Grasse ne se porta finalement pas acquéreur de ce bien qui aurait nécessité des frais très important pour l'entretenir. Il fut vendu, puis détruit, pour céder la place à de grands immeubles qui occupent tout l'espace du jardin et abritent aujourd'hui de multiples familles.

http://roure-parfum.blogspot.fr/

 

 Sur la nouvelle place de Roure, le G de Grasse certes mais beaucoup y voient celui de GIVAUDAN...

13/ BRUNO COURT

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Au tout début, il s'agissait d'une parfumerie fondée à Vence en 1812, par les frères Paulin et Bruno Court, la parfumerie "Notre Dame des Fleurs".

 

Le château Notre Dame des Fleurs à Vence sur les étiquettes de la parfumerie Bruno Court

 

 

Sébastien Merle (père d'Antoine et Augustin Merle, apprentis, puis, collaborateurs de l'usine Notre Dames des Fleurs à Vence acquiert en 1872 le fonds de commerce et le transfère à Grasse.

 

1950 - L'usine Bruno Court installée dans l'ancien couvent des Cordeliers - Document rare de Jean Napoli

 

Le 2 décembre 1878 il cède son affaire à ses deux fils qui décident de l'exploiter sous la raison sociale "Bruno Court". Depuis cette date Antoine Merle assure la direction commerciale et Augustin Merle la direction technique. Ils installent l'usine dans l'ancien couvent des Cordelliers restauré et transformé en local industriel (photo ci-desus), procèdent à son extension au dessus de la place Martelly. On assiste à l'installation des premiers ateliers d'extraction des hydrocarbures.

 

 

Antoine Merle décède en 1900, c'est son frère Augustin qui assure la direction générale de la Maison. Augustin Merle décède à son tour en mars 1918, c'est la veuve d'Antoine Merle qui dirige la maison.  Les extensions de la fabrique semblent se ralentir à partir des années 1920.

 

 

Le traitement des fleurs chez Bruno Court dans l'ancien couvent des Cordeliers

 

Document Corinne Julien-Bottoni
Les bâtiments Bruno Court au dessus de la Place Martelly un jour de neige

 

Des difficultés économiques déjà apparues chez Bruno Court avant la Seconde Guerre mondiale, s'aggravent encore avec le conflit. Bruno Court cesse son exploitation. La société et les locaux sont vendus en 1951 à messieurs Pierre Ziller (député) et Jean Roure.

Petit rappel ...Au moment du partage de l'héritage de Roure après le décès de Louis-Maximin Roure au tout début du XXe siècle, ses enfants Marie et Louis Roure déjà impliqués dans la parfumerie Roure, reprirent les rênes de l'affaire. Jean Roure, le troisième et plus jeune enfant récupérait ses parts. Ayant signé une clause de non-concurrence, Jean laissa de côté pendant de nombreuses années le milieu de la parfumerie mais vécut largement de ses rentes. A la fin de sa vie toutefois, il eut envie de laisser quelque chose à ses petits-enfants. La clause de non-concurrence étant caduque, il pouvait revenir dans le monde la parfumerie. C’est alors qu’il racheta pour une somme rondelette l'usine Bruno Court.

 

L'orgue à parfum de Bruno Court

 

Mais les techniques de la parfumerie d'hier avaient changé. La deuxième révolution industrielle dans le monde de la parfumerie était en marche. Les compagnies se restructuraient, mettaient en place de nouveaux processus ce que Bruno Court à eu du mal à suivre ou n'a pas su faire....D'après :  http://roure-parfum.blogspot.fr/search/label/Bruno%20Court   

 

 

 

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Pierre Ziller et Jean Roure maintiennent malgré tout l'activité de Bruno Court quelques années, avant de céder à nouveau l'entreprise, à la fin des années 1950, à  la société V. Mane et Fils. Celle-ci met un terme à l'activité de Bruno Court et vend les locaux dans les années 1960. Le site est progressivement démoli et laisse place à divers programmes immobiliers : constructions d'un supermarché Monoprix dans la partie couvent des Cordeliers, puis de parkings publics, parking Martelly et parking Notre Dame des Fleurs et enfin d'un hôtel, l'hôtel du Patti. En 1954 la société Bruno Court employait 30 personnes." 

http://http://www.archivesportaleurope.net/ead-display/-/ead/pl/aicode/FR-FRAD006/type/hg/id/FRAD006_ABEL/unitid/118J+0001+-+118J+0026

 

Document Hôtel du Patti

 

"Dans sa forme la plus étendue, c'est-à-dire peu avant sa démolition, l'usine Bruno Court comprenait une quinzaine de bâtiments répartis en deux groupes distincts, séparés par une rue. Ces deux unités étaient disposées perpendiculairement et bordaient les limites sud et ouest de la place Martelly. Les anciens bâtiments du couvent formaient l'aile sud de l'usine. Les quelques structures qui avaient été ajoutées par les industriels n'avaient pas modifié dans sa consistance globale l'ancien établissement religieux. L'église en constituait le corps de bâtiment principal. Un deuxième corps de bâtiment en forme de U et un autre bâtiment rectangulaire plus récent lui étaient accolés. La cheminée en brique se trouvait à l'extrémité est de l'église. L'aile ouest de l'usine se composait d'un ensemble composite de bâtiments peu élevés (deux à trois niveaux) pour la plus part rectangulaires avec toiture à long pans, couverture en tuiles mécaniques et tuiles creuses. Ce groupe d'ateliers étaient disposés autour d'une cour centrale. Une photographie du début du 20e siècle montre que les murs d'une majorité de ces bâtiments étaient en moellons de pierres, sans enduit. Seul l'atelier d'extraction, moins ancien que les autres bâtiments présentait une structure en béton avec poteaux poutres apparents en façade, formant nervure. Cet espace comprenait également une verrière et au moins deux bassins construits dans les jardins."

 

http://https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22parfumerie+de+Grasse%22&type=Dossiers

 

 

14/ SOZIO

 

 "L’entreprise Sozio est une maison de création de parfums qui produisait des compositions parfumantes pour différents secteurs industriels : le parfum, la cosmétique, l’ambiance mais également la détergence. Créée en 1758 à Grasse, cette entreprise familiale fût l’un des pionniers de la parfumerie et a notamment contribué au développement de la notoriété de la parfumerie française."

https://www.europages.fr/J-ET-E-SOZIO/FRA305153-00101.html 

 

 

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Une succession de propriétaires et de noms de marques

JEAN ARTAUD - Date présumée de création : 1703 - , parfumeur-distillateur, maison fondée en 1703 à Grasse, usine à vapeur pour la fabrication des matières premières pour la parfumerie et la droguerie.

CRESP-GIRARD - 1757

CRESP-GIRARD l'Ainé - successeur en Décembre 1828

CRESP GIRARD Fils - (date indéterminée), en la personne de Louis Antoine CRESP. Il était toujours propriétaire de la raison sociale Jean Artaud. Les ateliers de fabrication de CRESP-GIRARD Fils étaient à cette époque situés au numéro 1 de la Rue des Augustins. Ces locaux, utilisés à la fin du XXe siècle par une menuiserie, ont été par la suite rattachés au Musée International de la Parfumerie.

Honoré Joseph SOZIO, employé de Louis-Antoine CRESP, lui achète le 12.07.1883 le fonds de commerce exploité sous les raisons sociales CRESP- GIRARD Fils et JEAN ARTAUD. Jean GIRAUD, parfumeur à Grasse depuis 1856, se porte caution pour Honoré Joseph SOZIO son futur gendre. Les ateliers de la parfumerie JEAN GIRAUD, parfumeur-savonnier- distillateur, se situaient dans un immeuble actuellement disparu au Boulevard Victor Hugo).

 

 

SOZIO et ANDRIOLI - 1885 Honoré Joseph Sozio s'associe à Monsieur Andrioli sous la nouvelle raison sociale SOZIO & ANDRIOLI. Peu après, Monsieur Andrioli se sépare de Honoré Joseph Sozio et se retire des affaires. 

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En 1891, sur un terrain de près d'un hectare, Quartier Sainte-Lorette la première partie de la nouvelle usine est construite avec un grand distilloir de 10 appareils, une chaudière à vapeur, sa cheminée monumentale et une centrale électrique.

En 1899, construction d'un nouveau bâtiment sur quatre niveaux dont deux sont réservés à l'activité de la marque JEAN GIRAUD fils, avec une grande chaufferie à deux unités.

En 1907, construction d'un nouveau bâtiment destiné à l'extraction des concrètes florales par les hydrocarbures, il n'y a que Roure et Chiris qui ont déjà réalisé ce genre d'atelier à Grasse.

En 1910, construction d'un grand bâtiment de 1200 mètres carrés au sol et à trois niveaux qui va abriter les ateliers d'enfleurage sur chassis, les appareillages de préparation des absolues (batteuses, glacières, évaporateurs sous vide), et de nouveaux bureaux.

 

 

Documents Jean Napoli


 

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En octobre 1911, Antoine Ernest SOZIO, fils de Honoré Joseph entre dans l'affaire dans le cadre d'une société en nom collectif J & E SOZIO, raison sociale qui n'a plus jamais été changée. Il est établi entre Joseph Honoré Sozio et Antoine Ernest Sozio une société en nom collectif ayant pour objet la fabrication de matières premières et articles confectionnées de parfumerie. Cette maison a son siège social au 25 Avenue Sainte-Lorette à Grasse et trois succursales à Bois-colmombes (Seine), Paris et Nice. Cette société en nom collectif débutera le 10.10.1911 jusqu'au 09.10.1921. Les marques de fabrique employées seront J & E SOZIO et JEAN GIRAUD Fils. 

En 1922, une usine est construite à Bois-Colombes pour la préparation et le conditionnement des produits finis de la marque JEAN GIRAUD Fils. 

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SOZIO de père en fils

En 1928, Honoré Joseph Sozio se retire en cédant à son fils Antoine Ernest, la totalité de l'entreprise. En 1940, Henri SOZIO, fils d'Antoine Ernest entre à son tour dans l'affaire. Il en deviendra le Directeur Général en 1950. Le 4 Juin 1961, Antoine Ernest Sozio décède. Le partage successoral attribue à sa veuve la marque JEAN GIRAUD Fils qu'elle n'exploitera plus et qui va disparaître. En juin1966, Henri Sozio transforme l'affaire familiale en une société anonyme sous la même raison sociale J & E SOZIO, il en devient le P.D.G mais le terrain et les bâtiments restent indivis entre Henri Sozio et sa soeur Josette, et sont loués à la S.A.

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La famille SOZIO perd la main au profit de PROTEX

En 1979, Henri Sozio négocie avec Robert Moor, Président du groupe français PROTEX la cession de 70% des actions de la société anonyme SOZIO. La vente est réalisée au profit d'une filiale du groupe BIOPROX à effet du 1er Janvier 1979. Robert Moor devient le nouveau P.D.G de la S.A SOZIO, Henri Sozio restant sous contrat le Directeur général pour 4 ans.

En 1982, la famille SOZIO cède 35% restants des actions SOZIO S.A au Groupe PROTEX, Henri Sozio et sa soeur restant propriétaires-indivis du terrain et des immeubles. Le 14 Décembre 1982, âgé de 65 ans, Henri Sozio prend sa retraite. 

Date d'arrêt des comptes le 31.12.1996. Radiation d'office par suite du transfert du siège de 25 Avenue Sainte-Lorette à Grasse au 6 Rue Barbes - 92305 Levallois Perret. Le 24.01.1997 dépôt d'un acte au Greffe du Tribunal de Nanterre sous le N°97B280. La société ne conserve aucune activité à son ancien siège. 

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Créé en 1932, Protex International est un groupe industriel français indépendant qui développe, fabrique et commercialise des produits chimiques pour de nombreux secteurs. A l’origine spécialisée dans les produits auxiliaires pour le textile, l’entreprise a su décliner son expertise dans différents métiers : Agriculture, Agroalimentaire, Chimie fine, Chimie de spécialités, Electronique, Papier, Parfums, Peintures, Textile, Traitement des eaux. Sa capacité d’innovation et ses compétences étendues (fabrication de produits de synthèse, de polymères et de formulations) lui permettent d’accompagner ses clients dans leur démarche de développement de produits plus performants techniquement et écologiquement .Aujourd’hui, Protex International compte parmi ses clients les plus grandes entreprises de l’industrie de chaque secteur auxquels s’adressent ses produits.

http://www.protex-international.com/

En 2004, le groupe PROTEX, intègre l'activité SOZIO à sa division PROXIS

 

http://www.jesozio.com/fr/profil/

 

 

 

Fin du XXe siècle, l'usine Sozio de l'avenue Saint-Lorette à Grasse est transformée en immeuble d'habitation

 

 

 

 

15/ JEAN GIRAUD

Le nom de Jean GIRAUD apparait dans la liste des associés ou des propriétaires de la parfumerie devenue SOZIO comme nous l'avons vu au chapitre précédent. Hélas, nous disposons de bien peu de renseignements sur cette famille de parfumeurs grassois. 

 

 

  Les parfumeurs Giraud ont déjà produit différents parfums et savons quand a été créée en 1853 la société Giraud Frères devenue plus tard Jean Giraud et Jean Giraud Fils qui semble avoir été une sorte de "consultant" ou de collaborateur extérieur avant l'heure pour différents parfumeurs ou producteurs d'huiles essentielles à Grasse, comme ce fut le cas avec Honoré-Joseph Sozio vers 1900. Grace à cela, l'entreprise connut un certain succès en exportant un grande partie de ses productions vers l'Amérique du Sud.

 https://cleopatrasboudoir.blogspot.fr/2015/01/jean-paul-giraud-et-fils.html

​​​​​​http://www.ebay.com/gds/Vintage-J-Giraud-Fils-Perfumes-/10000000004788709/g.html

 

 

Giraud Frères

La raison commerciale et les marques de fabriques de Giraud Frères, ont été acquises au cours de son histoire par la Société Tombarel. Il n'a que très peu de renseignement sur cet autre Giraud.

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Quelque parfums de Jean Giraud et Fils :

  • 1890 Essence Concentrée L'Iris Blanc 
  • 1890 Lavande des Alpes
  • 1900 Eau de Cologne Ambrée (parfum oriental)
  • 1906 Parfum Rêvé 
  • 1906 Fleur de Lavande
  • 1906 Fleur de Muguet
  • 1906 Fleur de Violette
  • 1906 Fleurs de Rose
  • 1906 Genêt de l'Estérel
  • 1906 Rosat-Geranium
  • 1910 Fleur de Jonquille
  • 1910 Fleur de Giroflee
  • 1911 Fleur Mimosa
  • 1912 Dans les Nues
  • 1916 Lilas blanc 
  • 1916 Rose blanche 
  • 1916 Musc
  • 1916 La Riviera
  • 1916 Le Jasmin
  • 1916 Essence Bouquet
  • 1916 Mont Blanc Bouquet
  • 1916 Ylang Ylang
  • 1917 Bouquet Egyptien
  • 1918 Mariana  
  • 1919 Le Cyclamen
  • 1919 Veraflor 
  • 1920  Aux Fleurs de Jasmin
  • 1920 Eau de Cologne Supérieure
  • 1920 Eau de Rose Concentrée
  • 1920 Folavril
  • 1920 Frago
  • 1920 Les Fleurs de Nice
  • 1920 Madapril
  • 1920 Mystèriose
  • 1920 Japtis Parfum
  • 1920 Idilio
  • 1920 Odorantis
  • 1920 Parfum Cassiris
  • 1922 L'Ambré
  • 1922 La Rose
  • 1922 La Violette
  • 1922 Le Chypre
  • 1922 Le Cougourdon Provencia
  • 1922 Royal Bouquet
  • 1922 En Nue
  • 1922 Lysmina
  • 1922 L'Œillet
  • 1923 Maflor
  • 1926 Brisolia
  • 1926 La Soirée
  • 1927 Saga-Zain
  • 1932 Fils Orana
  • 1932 Orana 

https://cleopatrasboudoir.blogspot.fr/2015/01/jean-paul-giraud-et-fils.html

 

 

 

 

 

16/ CAMILLI, ALBERT ET LALOUE

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L'histoire de la parfumerie Camilli ou plus exactement CAMILLI, ALBERT ET LALOUE commence sans doute dans la première moitié du XIXe siècle dans les modestes ateliers de Jacques BERANGER, petit distillateur à Grasse... Voyons l'histoire.

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La Maison d'origine, une affaire de négoce de matières premières et de produits de parfumerie a vraisemblablement été fondée en 1830, à Grasse par Jacques Bérenger. Ses fils Joseph, l'ainé et Auguste le plus jeune héritent de la société de leur père dans les années 1850.

Pour développer sa propre société dans les années 1860, Auguste cède à Joseph, son frère aîné et ex associé, ses parts dans la société de parfumerie héritée de leur père.

Auguste aurait aimé désigner sa société par le mot "Fils", Bérenger Fils. Mais un arbitrage judiciaire de 1868 lui interdit d'utiliser cette désignation "fils" après le nom de Bérenger puisque logiquement son frère ainé y avait droit avant lui. La société d'Auguste devient alors la Parfumerie Bérenger Jeune.

Ce procès entre les deux frères a ainsi favorisé le développement de deux entités industrielles et commerciales bien distinctes : Bérenger Jeune, celle d'Auguste qui sera liée à l'origine de Camilli, Albert et Laloue et à la fabrication de matières premières et Bérenger Fils, celle de Joseph, orientée vers les produits de parfumerie finis et de cosmétique qui, elle, sera rachetée dans les années 1920 par le groupe Méro et Boyveau et Molinard et perdurera quelques décennies.

 

 

Documents Yves BOILEAU (collectionneur)

 

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Les ateliers du créateur Jacques Bérenger qui deviendront par la suite ceux de Bérenger Fils étaient implantés depuis l’origine aux abords immédiats de la ville de Grasse, au quartier des Fainéants, et notamment dans une ancienne auberge dite "Hôtel des Ministres". Elle s'agrandira à plusieurs reprises par l'acquisition de différents terrains voisins ainsi qu'au bas de la rue des Cordeliers. Tout cet ensemble sera cédé en 1907 à Bruno Court.

La place des Fainéants à Grasse - Photo André Raspati

 

De son côté, Bérenger Jeune occupe provisoirement au début un local situé dans l’ancienne rue des Augustins. Mais son premier site "industriel" se trouvait au n°45 de la rue Droite, à l'époque l’une des principales artères du centre ancien de Grasse. La fabrique était installée dans un immeuble de trois étages que Auguste Bérenger avait acheté en 1869 aux enchères publiques. La parfumerie avait remplacé au rez-de-chaussée un commerce de parapluies. Elle occupait aussi les parties basses du bâtiment, les caves, et la cour où se trouvaient un lavoir, une fontaine et une écurie. 

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LE LANCEMENT DE CAMILLI, ALBERT ET LALOUE  

En 1874, Auguste, le plus jeune fils Bérenger, âgé de soixante ans, s’associe à Linus Albert, son employé de commerce de quarante deux ans pour préparer sa succession. Ils forment entre eux une nouvelle société pour la distillation et la vente des eaux de fleurs d’oranger et essences, ainsi que la production de conserves de tomates. La raison de la société ne change pas ; elle reste Bérenger Jeune. En février 1876, Auguste Bérenger se retire et laisse Linus Albert seul à la direction des affaires. Mais Linus Albert meurt prématurément en 1893, sans successeur désigné, à l’âge de 61 ans. Lucie Audibert Nicolas, la veuve de M. Albert reprend alors la direction de la parfumerie et s’associe à François Bermon, voyageur de commerce de la société.

 

Camilli, Albert et Laloue - Usine de Sainte-Lorette

 

En 1901, cette association est prorogée une première fois. La raison sociale devient alors Bérenger Jeune, Albert et Bermon, successeurs. Mme Albert se soucie également de conserver une société à caractère familial en désignant son fils, Eugène Paul Antoine, voyageur de commerce dans l’entreprise, comme son successeur, afin d’anticiper un départ imprévu.

En 1906, la société achète un terrain vierge au quartier Sainte Lorette et y édifie une nouvelle usine. Dans un nouvel acte de prorogation de la société datant de 1911, on mentionne le changement de site : « Prorogation de dix ans de la société en nom collectif Bérenger Jeune, Albert et Bermon, successeurs ayant pour objet l’exploitation d’une fabrique de parfumerie à Grasse, autrefois, rue Droite n° 45 et actuellement avenue des Casernes et avenue Sainte Lorette où se trouve désormais le siège ».

À partir de 1920, la société Bérenger Jeune, Albert et Bermon successeur connaît d’importantes transformations. Le 06 décembre 1920, Eugène Paul Antoine Albert, le voyageur de commerce et fils de Lucie Audibert Nicolas, un certain François Camilli et un certain autre, Eugène Laloue forment une société en nom collectif, au capital social d’un million de francs, dont 650 000 sont apportés par M. Camilli. L’association a pour objet « la vente de matières premières de parfumerie, de savonnerie, de droguerie et de tous articles s’y rattachant » et choisit la raison sociale Camilli, Albert et Laloue, successeurs de Bérenger Jeune et d’Albert et Bermon.

https://www.departement06.fr/documents/Import/decouvrir-les-am/recherchesregionales201-10.pdf Gabriel Benalloul

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE : L'USINE DE SAINTE-LORETTE

Camilli, Albert et Laloue - Usine de Sainte-Lorette - Photos Palmyre Parker - Facebook - Groupe Mémoire et Photos des Alpes Maritimes

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE : L'USINE DE SAINT-CLAUDE

Donc, en 1920, M. Camilli, M. Albert et M. Laloue prennent  la direction de la parfumerie Bérenger Jeune. La société était alors installée depuis une dizaine d'années dans l'usine de Sainte-Lorette. Pour diverses raisons (manque de place, trop grande proximité avec des habitations ?) il n'avait pas été possible d'y implanter un atelier d'extraction de forte capacité, alors que le procédé connaissait au même moment un important développement dans l'industrie de la parfumerie. Dès son entrée en fonction, la nouvelle direction, soucieuse d'accroître l'activité de la société, achète alors un terrain agricole dans un autre quartier et y fait aménager un site annexe dévolu à la production . On le nomme assez rapidement l'usine de Saint-Claude, en référence au quartier, encore faiblement urbanisé, où il se situe. 

Camilli, Albert et Laloue - Usine d'extraction de Saint-Claude
Camilli-Albert et Laloue - Usine de Saint-Claude - Photo internet
Photos N&B Palmyre Parker - Facebook - Groupe Mémoire et Photos des Alpes Maritimes

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE : LES ATELIERS

 

Photos N&B Palmyre Parker - Facebook - Groupe Mémoire et Photos des Alpes Maritimes

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE : A L'EPOQUE DE L'ENFLEURAGE

 

Photos N&B Palmyre Parker - Facebook - Groupe Mémoire et Photos des Alpes Maritimes

 

Document Jean Napoli

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE : LES LABORATOIRES

 

Photos N&B Palmyre Parker - Facebook - Groupe Mémoire et Photos des Alpes Maritimes

 

Article Nice-Matin - Document Jean Napoli

 

 

En novembre 1925, cinq années d’intenses remaniements se terminent chez Camilli, Albert et Laloue par la formation entre la société C.A.L. et divers autres actionnaires, parmi lesquels le célèbre parfumeur Joseph Spoturno Coty, d’une seconde société anonyme dénommée «Les cultures florales méditerranéennes », au capital d’un million de francs et ayant pour objet la culture en France, dans les colonies et à l’étranger, des plantes et fleurs destinées à la parfumerie . 

 

CAMILLI, ALBERT ET LALOUE (C.A.L.) ET LE PARFUMEUR COTY

 

François COTY, un petit corse devenu grand parfumeur

 

Mme Andrée Martin, ancienne employée de la société a expliqué dans un document la véritable nature des relations très secrètes qui unissait la société C.A.L. à François Coty. « M. François Camilli, très lié avec M. François Coty, corse comme lui, donna immédiatement au début des années 1920 une vive impulsion à l’affaire. Le procédé d’extraction par les hydrocarbures venait d’être découvert et la nouvelle société [C.A.L.] sachant qu’elle pouvait déjà compter sur la clientèle de François Coty qui était à l’apogée de sa gloire avec de grands parfums parisiens de la belle époque, décida de se lancer dans cette fabrication. Les commandes passées par François Coty furent tellement importantes qu’il fallut songer doubler et même à tripler les installations. Pour faire face à ces dépenses ainsi que pour l’achat de matières premières dont les cours étaient très fluctuants, la jeune société Camilli, Albert et Laloue dut s’endetter auprès des banques. En 1924, François Coty annula une partie des importantes commandes qu’il avait passées et que Camilli, Albert et Laloue avait fabriquées au moment des récoltes. Voulant rester fidèle aux engagements pris, M. François Camilli accepta de François Coty qu’il y ait une purge d’hypothèques légales, suivant acte administratif du 06.10.1924. François Coty devenait en fait le patron de l’affaire mais n’apparut jamais dans les statuts de la nouvelle société qui, aux termes d’un acte du 28.12.1924, enregistré le 31.12.1924, devait régir la société Camilli, Albert et Laloue transformée en société anonyme. François Camilli avait accepté que la purge d’hypothèque soit effectuée par François Coty car celui-ci lui avait promis de lui rendre son usine dès qu’il aurait pu se dégager de sa dette. Ce compromis resta ignoré de tous jusqu’à la mort de François Camilli en 1959. En effet, la forte personnalité de François Camilli imposait la discrétion la plus totale à ceux qui étaient dans le secret de cette transaction. D’autre part, cette discrétion était indispensable si l’on voulait que la S.A. Camilli, Albert et Laloue prit de l’importance. Car quel est le grand parfumeur parisien qui aurait acheté du CAL s’il avait su que celle-ci appartenait à Coty ? » 

 

 

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https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fran%C3%A7ois_Coty.jpg#/media/Fichier:François_Coty.jpg

 

Le parfumeur américain Coty devient en 2015 le numéro un mondial du parfum. Il détient déjà dans son escarcelle Calvin Klein, Marc Jacobs, Balenciaga ou Adidas ainsi que bon nombre d’eaux de toilette griffées au nom de personnalités aussi variées que David Beckham, Beyoncé ou Jenifer Lopez et y ajoute les marques de Procter & Gamble, comme Gucci, Hugo Boss, Lacoste, Escada ou Dolce & Gabbana. Coty a en effet remporté la mise aux enchères organisée par son compatriote Procter & Gamble pour la vente de trois lots de parfums, marques de produits de beauté et soins pour cheveux.

 http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/06/17/coty-pourrait-devenir-leader-mondial-du-parfum_4655745_3234.html

 

et plus encore : Les parfums Coty, des années folles à LadyGaga....

 

 

 https://www.lesechos.fr/23/12/2010/LesEchos/20832-075-ECH_parfums---coty--des-annees-folles-a-lady-gaga.htm

 

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE (C.A.L.) ET PFIZER

La majorité des actions de la société Camilli-Albert et Laloue, devenue propriété des Parfums COTY depuis le début du XXe siècle se trouvait dans les années 1960/1964, donc depuis une trentaine d'années après la mort de François COTY en 1934 entre les mains de Mme Coty qui était de nationalité américaine.

Or, la parfumerie Coty et Madame Coty étaient, à cette époque, très liées à Pfizer ... le second groupe Chimique des États-Unis après Dupont de Nemours. (Pfizer est plutôt connu en France par les produits Colgate-Palmolive). Après la mort de Monsieur Camilli, directeur de la société resté intéressé à l'affaire jusqu'à sa mort en 1961, Pfizer rachète toute l'affaire Coty en 1963, et, par conséquent, Camilli-Albert et Laloue (avec ses 80 salariés à l'époque).

La société des Parfums Coty possédait à l'époque un nouveau laboratoire de recherches à Suresnes, où étaient centralisées toutes les recherches de la firme concernant les parfums. Ces derniers représentent la moitié des activités de la société, l'autre moitié étant consacrée aux cosmétiques. L'intervention directe de Pfizer dans les parfums était motivée par le fait que le groupe qui orientait, jusqu’à présent ses recherches sur le plan médical, s'intéresse désormais aux produits de beauté. Cet élargissement des activités de Pfizer entrait dans le cadre de la diversification des laboratoires pharmaceutiques, d'autant plus qu'au stade de la recherche, il y a complémentarité entre les produits de santé et les produits de beauté. En même temps, la nouvelle société Coty sous le contrôle de Pfizer a entrepris une cure de Jeunesse en balayant les vieilles méthodes en vigueur depuis la fondation de la maison par François Coty.... L'intégration de Camilli-Albert-Laloue dans le groupe Pfizer, assure à la société Coty les matières premières aromatiques nécessaires à l'élaboration des parfums, et la dispense du même coup de payer tribut au monopole grassois...." 

Il semblerait que certains établissements grassois importent des bidons d'huiles essentielles, en changent l'étiquette pour y apposer leur nom, et revendent le tout au double du prix d'achat. Dès lors, on comprend que les utilisateurs cherchent à s'affranchir de la domination des entreprises grassoises et évitent le plus possible les huiles ayant transité par Grasse. Ils ont d'ailleurs bien du mal à s'y retrouver....

 https://www.departement06.fr/documents/Import/decouvrir-les-am/recherchesregionales-22-01.pdf

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CAMILLI, ALBERT ET LALOUE QUITTE GRASSE

une série en trois saisons

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Alpes-Maritimes%20&NUMBER=1&GRP=13&REQ=%28%28Alpes-Maritimes%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=Tous

Première saison

En 1985, Camilli Albert et Laloue qui dépend de la Division Food Science de Pfizer Inc. devient CAL Pfizer. Mais Pfizer décide en 1996 de se recentrer sur son activité d'origine. Il cède au groupe finlandais Cultor la division Food Science de Pfizer Inc, donc CAL-Pfizer devient CAL-Cultor. Cultor est spécialisé dans la fabrication et la vente de produits pour les Arômes et Parfums. Peu de temps après et sans doute pour confirmer cette politique, Cultor achète l'usine Chauvet située à Seillans dans le département du Var. La stratégie de Cultor prévoit une concentration de ses activités industrielles françaises ce qui implique des regroupements et des investissements importants sur le seul site choisi à ce moment là des tractations qui sera celui de Seillans. CAL-PFIZER devient alors CAL-CHAUVET

Deuxième saison

Tous ces mouvements aboutissent à l'arrêt de l'activité des deux sites de la société à Grasse. Lors de sa fermeture définitive, le site de Saint-Claude a été entièrement démoli et est occupé par une résidence de retraite. L'usine de Sainte-Lorette est quant à elle transformée en bureaux. La production de parfumerie est donc entièrement déplacée à Seillans et regroupée avec celle de la Société Marcel Blanc (ancien Maire de Seillans), que CAL-PFIZER avait déjà acheté en 1985.

Troisième saison

Mais, nouveau changement.  CAL-CHAUVET est repris par FIRMENICH qui regroupera toute son activité sur le site de la ZI des Bois de Grasse. Et le site de Seillans sera entièrement désaffecté.

Nombreuses informations de Alain Morello (ex Roure et retraité de CAL-PFIZER)

 

Pour avoir plutôt l'air d'un parfumeur historique de Grasse 

 

 

17/ LES FONTAINES PARFUMEES

 

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Document Corinne Julien-Bottoni

 

 

 

Un domaine agricole qui devient la parfumerie Alziary et Nogara,

 

La genèse de la société de parfumerie des Fontaines Parfumées prend naissance aux abords de la vieille cité de Grasse, sur une exploitation agricole comprenant deux corps de ferme et d’une maison de maître, datant de 1640. Après de multiples successions, Monsieur Alziary s’y installe en 1840,  pour créer une fabrique de matières premières pour la parfumerie, la savonnerie, la droguerie et l’huile d’olive. Il y est fait état d’un moulin sur la propriété, comme il y en existait de nombreux dans la région. Cette partie du domaine sera exploitée en 1901 par la parfumerie Mourard.

 

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La parfumerie Alziary et Nogara  devient Pélissier-Aragon

 

Située à côté de la source du Foux, la société Alziary et Nogara distillait et pratiquait l’enfleurage de plantes à parfums. La société sera ensuite rachetée par Louis-François Pelissier en 1873 puis par Emile-André Pelissier autour des années 1920 et ensuite par l'association Pélissier-Aragon. C'est à cette époque, que le nom des Fontaines Parfumées apparaît.

 

 

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Dans un souci de trouver un revenu complémentaire, les fabriques à parfum de Grasse, vont saisir l’opportunité du développement touristique de la Côte d’Azur. La Baronne Alice de Rothschild, propriétaire du grand domaine à Grasse que l'on sait, reçoit  ses hôtes de prestige tels la Reine Victoria, L’Empereur du Brésil, Lady Churchil, qui ne manqueront pas visiter ces fabriques. La fabrique Alziary n’y échappe pas et accueille de nombreux touristes. D'autres parfumeurs de l'époque profitent de cette aubaine des visites d'usines pour augmenter leur chiffre d'affaires. Méro & Boyveau s'entiche de Molinard Jeune et de Bérenger Fils, Fragonard de Muraour et Honoré Payan est repris par Etienne Carémil ...

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Le site prend une vocation plus touristique qu'industrielle. Les bâtiments de productions sont ouverts au public et se visitent suivant un parcours montrant les diverses étapes de fabrication du parfum. Le visiteur est ensuite dirigé vers la boutique, installée au rez-de-chaussée de la villa de maître, où il peut acheter des produits finis.C’est à ce moment qu’Emile André Pélissier lance la marque Les Fontaines Parfumées et commercialise l’Eau recueillie sur place et que la société revendique naturellement parfumée. Une légende… Si ce n’est que les débris de la lavande sont souvent jetés dans le cours d’eau de la source La Foux qui alimente la fontaine de la propriété. Et l’eau prendra les odeurs de la lavande…. Ces fontaines sont disposées soit à l’extérieur soit à l’intérieur au rez-de-chaussée à côté de la boutique. La visite consistera à découvrir les coulisses de la fabrication des parfums, avant de les acheter et rapporter des cadeaux pour leurs proches, qu’ils paient à prix d’usine…. (déjà une impression...) !

http://faireletourdumondeenparfums.com/connaissez-lhistoire-fontaines-parfumees/

 

 

L'installation vers le milieu du 19e siècle d'une société de parfumerie avec fabrique dans la propriété dite des Fontaines Parfumées, s'est limitée en grande partie à une ré-occupation de bâtiments existants. Cet ensemble, qui présente les caractéristiques d'un domaine du 18e siècle, voire du 17e siècle, avec son parc (allée arborée, jardins, essences rares) et ses pièces d'eau (fontaine, réservoirs, canaux) est reporté clairement sur le plan cadastral de 1809.

Les modifications dues à l'activité industrielle ont donc été limitées. Celles-ci se sont d'abord concentrées dans les deux maisons de ferme ou anciennes dépendances de la maison de maître, qui elle, conserve sa fonction résidentielle.

Vue ancienne de la villa et d'une partie des locaux annexes.

 

L'établissement des Fontaines Parfumées a fermé au début des années 1970. La principale maison de ferme a été restaurée et transformée au début des années 2000 en maison d'accueil spécialisée, tandis que la villa et la seconde maison de ferme (qui menaçaient de s'effondrer) la fontaine et le reste du domaine ont été intégrés à un programme de réhabilitation très important réalisé par LVMH, c'est à dire DIOR  et VUITTON... qui souhaitaient redorer le blason des extraits de fleurs du pays de Grasse. Une aubaine extraordinaire pour la ville de Grasse et son statut de capitale historique des parfums.

 

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Une ancienne Carte Postale (recto, veso) encore "parfumée" des Fontaines Parfumées, accompagnée d'une affichette publicitaire de 1928. (Infos Laurent Anton Gracia)

Documents Laurent Anton Garcia

une ancienne Carte Postale (recto, veso) encore "parfumée" des Fontaines Parfumées, accompagnée d'une affichette publicitaire de 1928.

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Les Fontaines Parfumées version Vuitton et Dior - Photo 2017

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18/ HUGUES AINE 

QUI DEVIENT CHARABOT ET QUI DEVIENDRA ROBERTET

 

L'usine Hugues Aîné devenue Charabot construite sur le domaine de la Sabrane

 

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L'usine HUGUES AÎNE de la rue Mirabeau 

Le siège de la parfumerie Hugues Aîné, créée officiellement en 1817, avait été achetée en 1799 par Jean Joseph Hugues fondateur de l'entreprise. Il s'agissait à l'origine d'une partie de l'ancien hôpital Saint-Jacques, établissement religieux du centre de Grasse, mis en vente par le gouvernement révolutionnaire. En 1832, la fabrique est agrandie. Jean Joseph rachète l'autre partie de l'immeuble dont fait partie son atelier de parfumerie. L'extension du site se poursuit dans les années 1840. Elle est menée par Henri, le fils de Jean Joseph Hugues devenu le patron de la société. Il achète un immeuble situé dans une des rues voisines de l'usine mère, la rue Mirabeau, le site comprenait donc deux unités distinctes. Le fils d'Henri, qui prend la succession de son père en 1859, agrandit ces deux unités. Il achète en 1864 et 1869 deux immeubles : l'un jouxte le siège historique de la société et l'autre l'immeuble acquis par son père dans les années 1840. Pour faciliter la communication entre ces deux ensembles espacés, il fait creuser un tunnel qui passe sous la chaussée (1865) et qui les met en relation. La fabrique devait à ce moment concentrer l'ensemble des activités d'une parfumerie, c'est-à-dire les ateliers de production (enfleurage, distillation), l'administration et la manutention (conditionnement, stockage). En 1881, l'une des façades de la fabrique est embellie. Ce bel ouvrage permet de matérialiser plus concrètement l'implantation de l'établissement industriel. En 1901, la société fait bâtir un site annexe dans un quartier moins urbanisé au nord de Grasse. Elle y installe un atelier d'extraction. On déplace alors progressivement l'ensemble des ateliers de production du siège historique vers cette nouvelle usine. Celle-ci se substitue définitivement à la fabrique du centre ville dans les années 1920, alors que la société Hugues Aîné devient la parfumerie Charabot & Cie. L'ancienne fabrique est vendue progressivement. La ville de Grasse possède aujourd'hui les parties les plus anciennes de l'usine, où se trouve notamment la façade principale de l'usine qui devrait être réhabilitée en 2018

 

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L'histoire

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Documents  

http://HISTORIQUE DE SOCIÉTÉS DE PARFUMERIE DE GRASSE 1800-1939 Gabriel BENALLOUL

Dans cette famille des parfumeurs Hugues, il y a eu le Grand-Père, Jean Joseph Hugues qui crée la parfumerie en1817 ; puis le Père, Henri Hugues son fils aîné qui succède à son père en 1839 ; il travaillait avec ses 2 frères dans l'entreprise familiale et enfin arrive le petit-fils,  Jean Joseph Hugues, fils de Henri qui prend les rênes de la société en 1859 quand son père se retire. Et le travail de cette famille pendant une cinquantaine d'année sera récompensé à partir de 1864 par l'acquisition de la propriété agricole "La Sabrane"qui deviendra un siècle plus tard le "grand "Charabot" que nous avons connu.

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Jean Joseph Hugues, le fondateur

Jean Joseph Hugues (le grand-père), à l’origine menuisier, crée dans le premier tiers du 19ème siècle, une société de parfumerie, rue de la Porte du Cours. L’année 1817 est retenue dans l’histoire de l’entreprise comme la date de fondation officielle. La première mention qui établit concrètement un lien entre Jean Joseph Hugues et la parfumerie, date de 1829. Enfin, la raison de commerce Hugues Ainé n’est explicitement énoncée qu’en 1856. Comme souvent, il est difficile d’établir avec certitude les débuts d’une petite structure commerciale de ce type, que ce soit en raison de tâtonnements inhérents à l’activité elle même ou bien d’un cadre législatif et juridique toujours en évolution. Dès l’origine, Jean Joseph Hugues (le grand-père) donne à sa société, à l’image de nombreuse autres sociétés grassoises, un caractère familiale en y intégrant, entre 1829 et 1839, ses trois fils. À cette époque la société est nommée Hugues Fils.

 

Henri Hugues (le fils aîné), l'entrepreneur

A la mort de Jean Joseph Hugues (le fondateur), le 10 Avril1839, Henri, le fils aîné, succède à son père à la tête de la société.  À cette époque la société est nommée Hugues Aîné. Sous sa direction, la fabrique, toujours située à la rue du Cours est agrandie. Cette période est également marquée par l’implantation de la famille Hugues au dessus du quartier de l’ancien Palais de Justice, qu’elle contribue à urbaniser. C'est là qu'au début du 20ème siècle, elle fera bâtir son second site de production.

Le premier acte connu de la société Hugues Aîné, est en fait intégré dans le contrat de mariage du fils d’Henri Hugues, en 1856. On profite, en effet, de cet événement pour inscrire l’accord établi verbalement et par lequel Jean Joseph Hugues Fils, âgé de vingt six ans et jusque là sans profession, s’associe à son père Henri, ceci avec « le versement d’une somme équivalente aux avoirs de ce dernier pour l’exploitation de la fabrique de parfumerie Hugues Aîné ». En 1859, Henri Hugues, malade, est contraint de quitter l’entreprise. Par un nouvel acte de société, on procède à la liquidation de l’association qui existait ente le père et le fils. Henri Hugues meurt en 1862.

 

Jean Joseph Hugues (le petit-fils), l'industriel

La rue Mirabeau à Grasse

L’arrivée à la tête de l’entreprise de Jean Joseph Hugues (junior), troisième génération, coïncide avec une tendance générale d’intensification de l’industrialisation et d’expansion de la parfumerie à Grasse. L’adoption de la machine à vapeur comme mode d’alimentation en énergie et la construction des premières usines en remplacement des petites fabriques en sont les illustrations les plus significatives. Pour la société familiale rebaptisée Hugues Aîné, comme pour d’autres, commence donc une période de croissance. Elle se caractérise, pour cette maison, par plusieurs extensions de la petite fabrique du passage Mirabeau et rue du cours, lui donnant ainsi sa taille définitive, et par l’achat du grand domaine agricole de la Sabrane en 1864 et 1875, sur lequel ses successeurs font bâtir l’usine moderne, évoquée plus haut.

 

La propriété agricole la Sabrane au nord de Grasse achetée par Hugues Ainé

 

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La façade de la rue Mirabeau : un coup de "com"

 

Jean Joseph Hugues (le petit-fils), jeune chef d’entreprise, s’illustre notamment par le soin qu’il porte à la communication commerciale de sa société. Il développe des thèmes tels que qualité et tradition, innovation et réussite … Ainsi, conçoit-il, par exemple, un document « publicitaire », dont on garde encore plusieurs copies, assez unique dans la forme. Ce document présente le nouveau procédé de distillation par injection de vapeur directe, mis au point par la société Hugues Aîné, en 1864. Il propose ainsi l’image d’une société capable d’innover en utilisant et en intégrant des technologies modernes (la vapeur des chaudières à charbon). Même s’il est assez probable qu’à la même époque, d’autres sociétés de parfumerie maîtrisent des modes de distillation assez semblables, lui en fait un argument de communication. Les différents éléments de ce « discours commercial » se trouvent synthétisés dans la façade de l’ancienne fabrique Hugues Aîné. Au début des années 1880, Jean Joseph Hugues fait embellir l’une des entrées de sa fabrique, côté traverse Mirabeau, par un ajout d’ornements architecturaux : le nom de la société est inscrite en lettre rouges sur l’élévation, un balcon avec garde corps en fer forgé est visiblement créé, la cheminée de l’usine, par l’alternance de briques rouges plus ou moins foncées, présentait des motifs. Les fonctions d’un tel édifice, unique à Grasse, sont multiples : afficher de façon ostensible, par un décor luxueux, la réussite de la société, mais aussi marquer l’ancrage de cette entreprise dans la ville. Enfin, en affichant sur cette façade, sous forme de médaillons, les prix remportés par l’entreprise lors de foires et d’expositions, la société donne les gages d’un travail sérieux et de qualité. 

Photo publiée sur Facebook

 

Photo : Alain SABATIER

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/atelier-de-fabrication/dec0cacc-c2be-4baf-a53b-3177f19931c8

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La quatrième génération

Henri Hugues, le fils de Jean Joseph (junior), intègre officiellement la société familiale le jour de son mariage, en 1882, pour une première période, fixée à dix ans. En 1885, la fille de Jean Joseph Hugues, la soeur d'Henri, Anne Marie Joséphine épouse Antoine Ferrand, bientôt associé, lui aussi, à la direction de la société Hugues Aîné..

Une société en nom collectif est donc formée en 1893, entre Jean Joseph Hugues (junior), Henri Hugues, son fils et Antoine Ferrand, son gendre pour l’exploitation de la Maison de Parfumerie Hugues Aîné dont le siège social est déclaré au 8 rue du Cours. Cette association est prévue pour une durée de 15 ans. Le décès de Jean Joseph Hugues le 01Mai1897, n’entraîne pas de modifications des statuts de la société. En 1908, la société en nom collectif arrive à échéance. Henri Hugues se retire des affaires. Avec ce départ s’achève une succession de quatre générations de dirigeants de la famille Hugues, fondatrice de la Parfumerie Hugues Aîné. Il ne reste que le gendre, Antoine Ferrand...

 

L'usine installée sur le domaine agricole de la Sabane dont on voit en haut à gauche la ferme principale

 

 

De Hugues Aîné à Charabot & Cie : 1893 – années 1920

Antoine Ferrand crée pour une nouvelle période de 15 ans, une société en nom collectif avec deux autres associés : Eugène Charabot et Jacques Moréna. Ce dernier fait déjà partie de la société depuis plusieurs années, où il occupe un poste de direction. Il décède en 1910. En 1916, son fils, Pierre, intègre l’entreprise comme associé. On en profite pour prolonger la société de sept ans, prorogation jusqu’en 1930. On prévoit également trois changements successifs de la raison sociale : Antoine Ferrand & Cie, de 1916 à 1919 ; Ferrand, Charabot & Cie de 1919 à 1924 ; E. Charabot & Cie de 1924 à 1930. Ces dernières dispositions soulignent l’accession progressive d’Eugène Charabot à la tête de la société. En 1918/1919 et en 1924/1925, Henri Hugues et Antoine Ferrand vendent à l’entreprise une grande part du domaine de la Sabrane sur lequel une unité industrielle avait commencé à être bâtie et dont ils sont propriétaires. 

 

 

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Charabot & Cie : 1925 – 1936

Un an après l’adoption de la raison commerciale E. Charabot & Cie (1924) et à l’occasion du départ d’Antoine Ferrand, on procède à de nouveaux changements de statuts. Le 18 mai 1925, Eugène Charabot et Pierre Moréna forment pour une durée de 99 ans la Société Anonyme Charabot & Cie. L’augmentation du capital à six millions de francs est importante. Sur les 6000 actions (de 1000 francs chacune) créées, 5900 reviennent aux deux associés. En 1927, deux ans après sa formation, la S.A. est transformée en S.A.R.L..On compte à cette époque 120 employés permanents. Ce nombre pouvait s’élever à 180 lors de périodes de surcroît de travail. Il a été de plus de 200 dans les années 1980.

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Rare peinture de Charabot sous forme de Carte postale vers 1960 - Document Jean Napoli

 

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Dans l’acte de fondation de la S.A.R.L., on relate le changement de siège social de l’entreprise. De la rue du Cours à Grasse, on le transfère au site industriel de la Sabrane. Par deux actes non datés, passés sous seing privé (enregistrés au T. C. de Grasse en 1932), on procède à des changements à la tête de la société : Pierre Moréna vend la totalité de ses parts dans la société Charabot & Cie à un certain Lucien Simon et se retire des affaires. Eugène Charabot vend 150 de ses parts de la société à son nouvel associé.

Pierre Moréna quitte la société avec l’idée de fonder sa propre société. Mais ce dernier meurt en 1934 sans avoir eu le temps de réaliser ce projet. À partir des années 1933-1934 et jusqu’à la fin de la décennie, commence une période de crise dans l’histoire de l’entreprise. Après des tentatives de renflouement de la société Charabot & Cie, l’état de faillite est prononcé par la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence en 1936. L’affaire sera ensuite rachetée en 1937 par Alexandre Klaguine.

 

Les camions chargés de fleurs arrivent à l'usine pour leur traitement
Les corbeilles de fleurs sont dirigées vers les ateliers d'extraction
Les fleurs de jasmin sont livrées chez Charabot pour leur traitement vers 1930 -Document Jean Napoli

 

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La Société Charabot & Cie et Barthélémy Sansoldi,

Le tournant de la Société Charabot & Cie s’effectue en 1952 lors de son rachat par Barthélémy Sansoldi, fondateur d’ARCO dont les établissements de Bordeaux sont spécialisés dans le négoce des matières premières destinées à la parfumerie. Le 2 janvier 1952 Barthélémy Sansoldi et Pierre Gout forment entre eux une S.A.R.L. La société, qui garde la dénomination Charabot & Cie, a son siège social à Grasse, Route Napoléon. Sa durée est fixée à 99 ans. Le 22 août 1968, la S.a.r.l. Charabot & Cie devient une société anonyme. La S.A. Charabot & Cie se tourne vers l’international et de nombreuses filiales sont crées : Etats-Unis, Grande Bretagne, Japon, Mexique, Réunion, Madagascar, Archipel des Comores …

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Aujourd’hui, la société Charabot est implantée non seulement sur les hauteurs de Grasse (Siège des services administratifs et de la recherche et développement) mais également au Plan de Grasse (à côté de Robertet). Cette dernière usine (conforme aux exigences technologiques les plus récentes) accueille les fabrications des corps de synthèse et des isolats de naturels. L’usine Charabot développe plusieurs activités : la production et la commercialisation de matières premières aromatiques naturelles et synthétiques, ainsi que la conception et la distribution de compositions aromatiques. La Société réalise 80% de son chiffre d’affaire à l’exportation. Effectifs : Milieu des années 1920 : 120 personnes en permanence ; 180 avec employés saisonniers ; 1950 : 43 personnes ; 1954 : 47 personnes ; la société Charabot & Cie comptait en 2006 plus de 300 employés.

 

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L'usine de la Sabrane

 

Croquis de l'usine de la Sabrane

 

Comme nous l'avons vu plus haut, en 1875, Jean-Joseph Hugues (le petit-fils) acquiert le domaine de la Sabrane, propriété agricole située sur les hauteurs de Grasse. De cette ancienne propriété agricole, il ne reste vraisemblablement aujourd'hui en 2017 que l'actuel bâtiment du gardien, qui est une ancienne bergerie.

 

L'ancienne bergerie de la Sabrane devenue la conciergerie de Charabot

 

L'atelier de distillation chez Charabot vers 1930 - Document Jean Napoli

 

Entre 1901 et 1914, une usine est implantée sur le site, qui est dévolue à l'extraction et à la distillation. Sont alors construits, progressivement, différents autres bâtiments, ainsi qu'une première demeure patronale. Après la Première Guerre mondiale, et peut-être même dès 1917, une seconde vague de construction aboutit au rassemblement sur le site de l'ensemble des activités de la maison Hugues Aîné. De nouveaux bâtiments sont construits qui semblent pour la plupart achevés en 1923.

 

 

La villa d'habitation fait, elle aussi, l'objet d'importants travaux d'agrandissement et de réaménagement. On peut penser que c'est sous l'impulsion d'E. Charabot que l'entreprise s'est rassemblée sur le site de la Sabrane, ce qui a entraîné les chantiers des années 1920. Quand en 1936, la faillite est prononcée, Charabot revend l'entreprise à Alexandre Klaguine. Ce dernier la revendra à Barthélémy Sansoldi en 1953. Peu de transformations sont par la suite intervenues. Certains bâtiments ont été surélevés à la fin des années 1980. L'entreprise a ensuite organisé la délocalisation de l'usine au Plan de Grasse. L'essentiel de la production y a été transférée en 2005, alors que sont pour l'instant maintenus sur place les bureaux de la direction et les activités commerciales. 

 

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Document Jean Napoli
Les bâtiments commerciaux
Les laboratoires de création

 

Charabot rejoint Robertet

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Un nouveau tournant en 2007 

Monsieur SANSOLDI décèdé, sa seconde épouse hérite de l'entreprise CHARABOT, la gère un temps puis la cède à ROBERTET en 2007. ROBERTET en fait état sur son site avec un bref historique.

 

 

Voir le site : https://www.robertet.com/le-groupe-robertet/charabot/

 

La villa Sabranette ou villa Santa Clara

La villa d'habitation des propriétaires de Charabot SA

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En 1909, Pierre Ricord, entrepreneur de travaux publics à Grasse, acquiert un terrain situé sur le domaine de la Sabrane et attenant à l'usine de parfum Hugues Aîné. Il y fait construire une demeure, dont on peut penser qu'elle est achevée en 1916. Il la revend en 1919 à Eugène Charabot, qui vient de prendre le contrôle de la parfumerie, et fait procéder à partir de 1925 à d'importantes transformations conçues par l'architecte Léon Le Bel et réalisées par l'entreprise Thorand et Cie. La maison est augmentée d'une nouvelle façade et de divers ajouts ; une importante extension formant habitation et mur de clôture, grâce à plusieurs niveau de galerie et un campanile, est élevée sur une parcelle achetée en 1925, et reliée à la construction principale par un porche ; un jardin en terrasses, agrémenté d'une collection d'objets d'art et de ruines médiévales, est aménagé entre ce nouvel ensemble et l'usine. C'est l'ingénieur Albert Caquot qui a été chargé de la conception technique de la cour d'entrée.

 

 

 

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Déjà une "belle villa" à l'époque de Hugues Ainé 

Le château de Malbosc

 

 

Le château du domaine de Malbosc a été la propriété des Lombards de Gourdon puis des Villeneuves Bargemon et de Hugues Aïné le parfumeur (d'après Patrick Isnard).

Cette superbe propriété du château de Malbosc était très bien alimentée en eau. Cela tient à son approvisionnement par une source privée appartenant au château. Cette source se trouve au dessus de la chapelle Saint-Christophe et de la propriété Isnard qui en assure la continuité vers le château des Hugues. Il est dit d'ailleurs que Hugues Aîné, très préoccupé par les besoins en eaux de ses usines de parfumerie, aurait réalisé des dérivations de sa source du Haut Malbosc vers ses deux sites industriels, celui de la rue du Cours et celui de la Sabrane au nord de Grasse. Il aurait même participé à la distribution d'eau dans certaines parties de la ville de Grasse.

 

 

 

D'autres HUGUES

19/ HUGUES fils  & HUGUES-GUEZET

La sortie du personnel de la parfumerie Hugues Fils à la rue Chiris

Les bâtiments qui formaient le site de la Parfumerie Hugues Fils étaient situés à l'angle de l'avenue Chiris et le Boulevard Crouet. Ils ont été en majorité bâtis durant le 19e siècle en face des usines Lautier. A cette époque , l'avenue s'appelait "Montée du Clavecin".

C'est en 1887 qu'on évoque pour la première fois la présence d'une usine de parfumerie dans cet endroit. Elle appartenait alors à certain Jacques Hugues qui était lié à la parfumerie L. T. PIVER, (Louis Toussaint PIVER,) pour laquelle il met à disposition cet établissement et le dirige.

A l'origine, la parfumerie L.T. Piver avait été fondée par le "maître gantier parfumeur versaillais", Michel Adam en 1774. Louis-Toussaint Piver y avait été embauché comme apprenti pour ses connaissances en chimie. 

Dès les années 1860, la maison L.T. Piver possède trois usines en France dont celle de Grasse, l'usine de Jacques Hugues.

​​​​​​Il cède ensuite ces locaux à son fils qui fonde, au début du 20e siècle, la société Hugues-Guezet. Le site semble perdre toute fonction industrielle après la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, à la place des locaux industriels supposés se trouvent d'anciens ateliers d'ébénisterie et un centre religieux et de prière. Les autres bâtiments servent de logements."

 

 

 

20/ BERTRAND-FRERES

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Quand en 1933, Melle Suzanne Schlienger, fille de M. Schlienger, copropriétaire de BERTRAND FRERES S.A épouse M. Robert Thibaut, industriel célèbre (société GIBBS), les frères François et Jean Baptiste Bertrand ont certainement compris, dans leurs tombes que la société BERTRAND -FRERES qu'ils avaient fondée en 1858 ne s'en remettrait pas...

 

 

Et pourtant tout se passait parfaitement bien du côté du n°6 de l'avenue Font-Laugière à Grasse, adresse du siège social de la société mais, bien plus tard, ce mariage sera fatal à leur belle aventure.

 

 

Voyons donc ce qui s'est passé...

"Un début prometteur"

"Les frères François Emilien Bertrand et Jean-Baptiste Bertrand parfumeurs au Quartier Font-Laugière à Grasse fondent en 1858 la société BERTRAND FRERES pour l'exploitation à Grasse du commerce de parfumerie, distillation, essences.... 

Malgré de nombreux changements de propriétaires dans les années qui suivront, la société conservera la même raison sociale.

 

 

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"Faire et refaire..."

En1866, le frère François Emilien se retire des affaires et l'autre, Jean-Baptiste Bertrand reste mais "la société de fait qui existait entre eux est dissoute. Jean-Baptiste, toujours dans l'affaire s'associe alors à un certain Pierre Mulhens, parfumeur à Cologne pour exploiter la raison de commerce BERTRAND FRERES. Puis quelques années plus tard et toujours sous la raison sociale BERTRAND FRERES est créée une nouvelle société en nom collectif entre de nouveaux propriétaires de l'entreprise : Messieurs Biron, Auguste Muller et Hubert Schlienger,

 

 

Nouvelle dissolution le 30 Juin 1906 de la société et formation aussitôt d'une nouvelle entité juridique pour entériner des changements entre propriétaires Hubert Schlienger père, Louis-Emile Schlienger fils, et Muller Auguste. Cette société est contractée pour 15 ans donc jusqu'au 30 Juin 1921 avec la possibilité pour M. Schlienger père de se retirer quand il lui plaira. La raison sociale reste BERTRAND FRERES et le siège reste fixé à Grasse au Quartier Font Laugière. 

Mais, en même temps....

 

L'usine Bertrand-Frères au quartier Saint-Joseph

 

....A l'image d'autres sociétés de parfumerie de Grasse, la société Bertrand Frères fait construire au début des années 1920 un site annexe dédié à l'extraction par solvants volatils. Deux raisons principales motivent la construction de ce nouveau site : éloigner des zones habitée les ateliers d'extraction et éviter de surcharger par l'ajout de constructions nouvelles le site de l'usine mère au bâti déjà très dense. Cet établissement annexe est construit dans une plantation de roses que la société possédait au sud de la ville dans le quartier Saint-Joseph. Contrairement aux sites annexes de ce type, construits à cette époque à Grasse, cette usine connaîtra par la suite, une extension importante.

 

L'usine Bertrand-Frères au quartier Saint-Joseph en 1925

 

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A l'échéance de Juin 1921, la société est prolongée pour 10 ans donc théoriquement jusqu'en Juin 1931 toujours sous la raison sociale BERTRAND FRERES. Mais le 8 Juin 1925, Hubert Schlienger (le père) se retire de la société et de ce fait Louis-Emile Schlienger (donc le fils) et Auguste Muller (qui, lui est toujours là), restent les seuls propriétaires de la société BERTRAND FRERES. Le 9 Juin 1925 ils créent une société anonyme dont l'objet est la vente, l'achat, et la fabrication de tous produits et articles concernant la parfumerie, la savonnerie, la toilette, l'hygiène, la distillerie, les huiles végétales et minérales, la droguerie, l'herboristerie, les produits coloniaux et autres analogues, produits chimiques, etc, etc .... Sa dénomination reste BERTRAND FRERES, siège Quartier Font Laugière. Sa durée est fixée à 75 années c'est à dire jusqu'au 30 Juin 2000 sauf ...


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Pendant ce temps, par ailleurs... et qui pour l'instant n'a rien a voir avec Bertrand Frères,

...en 1923, Lever, une société anglaise qui fabrique des savons sous la marque Lever s'associe à la société française Pierre Thibaud et Cie, propriétaire de la marque Gibbs (savons à barbe, dentifrices) pour l'Europe. En 1925, Lever et une firme néerlandaise qui fabrique de la margarine sous la marque "Margarine Unie" s'associent pour former une des toutes premières multinationales des produits de grande consommation, la société UNILEVER. La société Thibaud-Gibbs intégrera le groupe Unilever en 1955 qui ne cessera de grossir par de nombreuses acquisitions.    A suivre.... plus bas....

https://fr.wikipedia.org/wiki/Unilever

https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Lever

 

Un amour qui change tout...

Revenons à Bertrand Frères...  En Mai 1932 Auguste Muller, décède et par ailleurs, en 1933, Melle Suzanne, la fille de Louis-Emile Schlienger, épouse Monsieur Robert Thibaut qui, au départ n'était que le publiciste de la société GIBBS (savons à  barbe, dentifrice...) dont il est devenu peu à peu un des plus gros actionnaires.

Ce mariage entraine de fait une association entre la société BERTRAND FRERES et celle qui deviendra plus tard THIBAUT-GIBBS. Ceci vaut pour les usines à Grasse, au quartier Font Laugière (distillation, chimie, parfumerie, laboratoire, bureaux..) et à Saint-Joseph (usine hydrocarbures, usine alimentation...). Mais, pour Grasse, rien ne change pendant plusieurs années sauf peut être l'acquisition en Mai1966 de la S.A DISTILLERIE JEAN COTTA, une petite société de parfumerie installée dans la ville voisine de Valbonne.

 

 

 

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Un Monopoly international commence et "assassine" Bertrand Frères

 

1950 - Des aménagement complémentaires se poursuivent sur le site de Saint-Joseph. La cheminée en béton date selon toute vraisemblance de cette époque.  Le siège social de la société est fixé au 44 Route de Plascassier, à Grasse c'est à dire à l'usine de Saint-Joseph.

1967 - NAARDEN (une très grande société internationale spécialiste de matières premières et compositions pour la parfumerie et les arômes) rachète GIBBS. La société BERTRAND FRERES qui était contrôlée à 65% par la firme THIBAUD GIBBS est donc absorbée par NAARDEN qui depuis longtemps cherchait à s'introduire à Grasse. Mais, l'essentiel des extensions et agrandissements sur le site de Saint-Joseph aura lieu après ce rachat.

1980 - Disparition de la société BERTRAND FRERES avec la fermeture et la démolition de l'usine de Grasse. Seule l'entrée de l'usine, avec ses bâtiments, sera conservée. Un projet immobilier voit le jour dans les années 2000, incluant aussi la friche industrielle voisine de Lautier Fils. Ces deux sites n'étaient séparés que par une ruelle. En 1987,  la société Bertrand Frères employait 135 personnes. En 1944 elle en employait 60 et en 1954 elle en employait 65. Pour le personnel, la messe est dite ...

Et pour la suite de l'histoire....

1987 - UNILEVER acquiert Naarden International et le fusionne avec PPF (Proprietary Perfume and Flavours) dont il était propriétaire et lance QUEST International

1988 - Le nom de Bertrand Frère disparaît.

1990 - Au début des années 1990, le site de Saint-Joseph est cédé au groupe Quest, qui l'occupe jusqu'en 1998, date à laquelle l'usine est vendue pour la partie ouest, à la société BIOLANDES et la partie est ayant été rattachée au site industriel voisin, exploité par le groupe SANOFI-BIO-INDUSTRIE. Biolandes est une jeune société d'extraction de matières premières pour la parfumerie.

 

La partie d'usine acquise par Biolandes

 

 

 

 

 

 

1993-1996 - Un grand nombre de petites entreprises spécialisées sont acquises, renforçant le portefeuille de produits et de technologies des parfums, des arômes et des ingrédients alimentaires.

1997 - société chimique britannique ICI (Imperial Chemical Industries) acquiert Quest International auprès d'Unilever.

2006 - ICI annonce la cession de Quest International à GIVAUDAN. Biolandes cesse toutes ses activités sur le site de Saint-Joseph.

2007 L'acquisition de Quest par Givaudan a été finalisée le 2 mars 2007. Quest est complètement intégrée à Givaudan et a cessé d'exister en tant qu'entreprise distincte.

 

Clap de fin à Font-Laugière

 

Document Corinne Julien-Bottoni

 

 

 

 

21/ SCHMOLLER & BOMPARD

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Cette société de Matières premières pour parfumerie a été fondée en 1880 et continuera son activité pratiquement un siècle. Ensuite l'histoire est plutôt perturbée...

En 1975 effectivement, Schmoller et Bompard passe sous le contrôle des laboratoires Bottu ensuite devient Orgasynth puis Centipharm dans le groupe Axyntis. Voyons en détail...

 

Schmoller et Bompard à la belle époque - Photo Région PACA - Inventaire général du Patrimoine culturel

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Publication de Parfums, cosmétiques, arômes en 1978

 

L'association entre Pierre Bompard et Herman Schmoller date de la fin des années 1870. La production de la société Schmoller et Bompard a démarré au moment de la fondation de l'entreprise qui s'implante dans une ancienne maison rurale au Quartier de la Croix. S'y trouvait auparavant une savonnerie portée sur les plans cadastraux de 1809 et appartenant alors à la famille de M. Bompard. La société de parfumerie fut en fait fondée en 1880 par Pierre Bompard qui prit Herman Schmoller comme associé. Ce dernier mourut en 1894 et fut remplacé dans la société par un certain Honoré Guichard. Le 1er Septembre 1899 Pierre Bompard, fabricant parfumeur demeurant à Grasse et Honoré Guichard, fabricant parfumeur à Grasse ont formé entre eux une société en nom collectif ayant pour objet l'exploitation d'un commerce de parfumerie, distillerie, essences et huiles.   

 

Schmoller et Bompard à la belle époque - Photo Région PACA - Inventaire général du Patrimoine culturel
Schmoller et Bompard à la belle époque - Photo Région PACA - Inventaire général du Patrimoine culturel

 

 

Cette société est contractée pour 20 années à compter du 1/09/1899. La raison sociale sera SCHMOLLER & BOMPARD. Le siège est à Grasse, Quartier de la Croix.

A la mort de Pierre Bompard la direction de l'affaire est assurée par Honoré Guichard qui conserve l'association avec Paul, Jules et Ernest, les fils de Pierre Bompard. 

En1920, La société en nom collectif est transformée en société anonyme SCHMOLLER & BOMPARD, fabrique de matières premières pour parfumerie dont l'objet est la vente, la fabrication de matières premières pour parfumerie, achat et vente d'huile d'olive ainsi que toutes sortes de marchandises se rattachant à la parfumerie. Le siège social est à Grasse Quartier de la Croix. Sa durée est de 50 années (1920-1970).

 

 

 

En1924, les affaires sont bonnes et une autorisation est même accordée à la société SCHMOLLER & BOMPARD pour la construction d'une usine destinée à l'extraction des matières premières de parfumerie par les hydrocarbures. En 1942, Charles Bompard, fils de Paul et petit fils du fondateur Pierre Bompard entre dans la société comme adjoint à l'ingénieur chimiste. A sa retraite, Charles Bompard le remplace. 
 

 

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André Guichard, successeur des Guichard est directeur de la société jusqu'en 1965, date à laquelle son groupe d'actionnaires vend ses parts à Alan de Montgomery. Charles Bompard, co-associé rachète les parts de ses oncles Jules et Ernest et conserve la direction technique mais, devient directeur général adjoint. En 1972, Alan de Montgomery vend ses parts qui représentent la majorité de la société à la société BOTTU Produits pharmaceutiques.

 

Flacons en vente sur eBay

 

La dernière extension significative de l'usine date des années 1970, avec la construction de 6 bâtiments rectangulaires sur un terrain contigu à l'usine. Charles Bompard, toujours directeur technique, est nommé président directeur général et le reste jusqu'en 1975, date à laquelle il se retire, étant en désaccord avec l'orientation commerciale adoptée et presque uniquement axée sur les matières premières destinées à la production de produits pharmaceutiques. L'établissement se spécialise à partir de là et à la suite de rachats de l'entreprise, dans la production de produits chimiques et pharmaceutiques et s'éloigne de la parfumerie. Le nom tombe alors progressivement en désuétude puis disparait.

Après 1975, SCHMOLLER & BOMPARD devient FONT LAUGIERE CHIMIE (F.L.C) ensuite, COMPAGNIE JACQUES DUGNOLLE du nom du gendre de M. Bottu, créateur des Produits Bottu puis se dénomme ORGASYNTH sigle donné par les nouveaux propriétaires où la parfumerie est presque inexistante avant de devenir CENTIPHARM dans le groupe AXYNTIS. Les parties les plus anciennes (19e siècle) de l'usine sont aujourd'hui désaffectées. En 1954 la société Schmoller et Bompard employait 262 personnes.​​​​​​

 

 

La société SCHMOLLER & BOMPARD est radiée du registre de Commerce de Grasse en 1982. 

http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

 

La partie moderne de l'usine devenue Orgasynth dans les années 2000 puis Centipharm en 2007

 

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Axyntis succède à Orgasynth sous le nom de Centipharm

Créé en 2007, le groupe Axyntis, entreprise de taille intermédiaire composée de deux divisions (les colorants et la chimie fine) est, avec près de 460 salariés et quatre sites  (Pithiviers, Calais, Montluçon et Grasse) leader sur le secteur de la chimie fine en France et réalise un chiffre d’affaires annuel de 90 millions d’euros.

https://www.axyntis.com/fr/groupe-axyntis

 

https://www.axyntis.com/fr/groupe-axyntis

 

23 Chemin de la Madeleine - 06131 GRASSE CEDEX - FRANCE

 

 

22/ CAVALLIER FRERES 

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Document : Dans les coulisses d'une parfumerie grassoise

 

Sauf mentions autres, les photos sont de https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-cavallier-freres/26b94768-edb8-43bf-8eac-1d799085299e


"Elle fut fondée par François et Denis Cavallier en 1784 ou 1785. De ce lointain passé, la société a conservé le symbole, des armoiries d'inspiration héraldique : trois gants rouges sur fond gris surmonté d'une coupe à parfum sur fond bleu, l'ensemble sur blason or. (voir sur les étiquettes ci-dessous)
A la fin du XVIIIe siècle, les ateliers étaient installés peut être au sud de la ville, à la Place Neuve mais les textes parlent aussi de la rue Tracastel et de la rue de la Fontette. 

 

Document Mme Marie-Christine Jacolin

 

Jean-François Cavallier acheta le 18 Décembre 1868 "devant Me Chauvin, notaire à Grasse, au marquis Henri Villeneuve de Bargemon, un lot de terrains situés non loin de l'emplacement actuel de la gare et y fit édifier des bâtiments industriels" : l'entreprise familiale devenait "usine de parfumerie".
Des huiles d'olives et d'amandes, des pommades, on passa à la fabrication des matières premières, huiles essentielles et produits aromatiques pour la parfumerie et la savonnerie. 

La maison passe à M. Saisse par un mariage avec Melle Anne Cavallier. 

Le 26.03.1912 Louis Hippolyte Adrien Saisse, industriel, et Anne- Marie Catherine Cavallier, sa femme, demeurant à Grasse ensemble, ont cédé à Jean-Louis Marie Denis Saisse, leur fils, sans profession, demeurant à Grasse, le fonds de commerce de parfumerie que M. Saisse, cédant, exploitait à Grasse, Avenue de la Gare sous la raison CAVALLIER FRERES  comprenant la clientèle, l'achalandage, la raison commerciale, le matériel servant à l'exploitation et les marchandises neuves en magasin et dans les dépôts. "

 

En date du 13/12/1920, Denis Saisse, demeurant à Grasse, agit directement pour la raison sociale CAVALLIER FRERES. L'objet du commerce est la fabrication de matières premières pour la parfumerie et l'usine se situe au 10, Avenue de la Gare à Grasse. 

Le Préfet des Alpes-Maritimes, par arrêté du 8 Février 1923, a autorisé Denis Saisse à construire une usine pour l'extraction des parfums par les hydrocarbures.

Denis Saisse dirigea l'affaire jusqu'à sa mort en 1938. 

Autour des années 1950, la firme est encore solidement implantée : distilloirs, bureaux, ateliers techniques aux 10 et 12 Avenue de la Gare, mais aussi usine d'hydrocarbures au Quartier de la Cavalerie, unité de traitement des lavandes et lavandins à Barrème et un centre de production en Espagne...

 

 

 

 

 

Documents ci dessus : collection privée Sandrine Lamotte (avec son autorisation)

 

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L'intérieur de l'usine Cavalier au moment de sa fermeture - Document internet

 

"Le 26.01.1954, il a été constitué une société à responsabilité limitée ayant pour objet l'exploitation d'un fonds de commerce de matières premières pour parfumerie et savonnerie, situé à Grasse, et appartenant indivisément aux Saisse. Cette société est dénommée S.A.R.L CAVALLIER FRERES. Sa durée est de 99 ans à compter du 01.01.1954. Son siège est à Grasse, 10 Avenue de la Gare. 
Le 25.03.1966, la S.A.R.L CAVALLIER FRERES est transformée en S.A CAVALLIER FRERES. 

 

 

En 1966, les successeurs cédent l'affaire à la maison ROBERTET. La maison CAVALLIER, dont les bureaux et les laboratoires sont voisins de ceux de ROBERTET, Avenue Sidi-Brahim, a conservé son nom et sa raison sociale, mais elle a cessé de produire en grande quantité pour se spécialiser dans l'import-export des matières premières naturelles pour la parfumerie." 

 

L'usine Cavalier est abandonnée par Robertet - Document internet

 

"Les deux sites de l'entreprise rachetée sont progressivement abandonnés. Les derniers bâtiments qui subsistaient de l'usine d'extraction sont démolis à la fin des années 1990. Un lycée technique a été construit sur le terrain de l'usine."

http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

 

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La parfumerie Cavallier, sans faire partie des plus importantes usines de Grasse, bénéficie d'une excellente notoriété. Si au début de son activité, elle s'était positionnée en tant que négociant en gros de matières odorantes destinées essentiellement à des pharmaciens, elle choisit de se positionner et de se spécialiser dans l'extraction à la vapeur d'eau des fleurs de bigaradier (orangers amers) et des feuilles et jeunes rameaux du même arbre. Elles fabriquait donc et surtout l'essence de néroli et de petitgrain bigaradier. Elle s'était aussi positionnée, comme ses confrères grassois, vers quelques autres essences, jasmin, rose, coriandre, lavande et lavandin...mais en quantités plus modestes. C'est donc d'abord avec l'Angleterre que sa clientèle change. De son statut de petit négociant avec une pléiade de petits produits destinés à une pléiade de petits clients, elle devient industrielle en commercialisant enfin des quantités importantes d'essences nobles. Mais sur ce marché anglais la concurrence était forte et il a fallu une ouverture exceptionnelle vers l'Allemagne avec les deux produits phare de la maison : le néroli et le petigrain pour connaître des heures de gloire commerciale. Ces deux essences ont été référencées pour entrer dans la composition de ce qui s'appelait à l'époque un "médicament" et qui deviendra en 1810 la fameuse "Eau de Cologne", un parfum noble et un des produits majeurs de la parfumerie de luxe de cette époque.

 

La cueillette des fleurs d'oranger en 1942 à Bar sur Loup - Photos Robert Raspati

 

Grâce à ses bonnes relations commerciales, elle eut donc l'énorme avantage et chance d'être choisie comme fournisseur privilégié par les deux plus grands célèbres fabricants de l'eau de Cologne. Jean-Marie Farina le créateur du produit en 1709 et Ferdinand Mülhens qu'il a copié avec sa célèbre "4711" (dont un des héritiers fut collaborateur de Méro-Parfum dans les année 1980). La société Mülhens prit par ailleurs et pendant un moment une participation chez Bertrand-Frères. Mais la deuxième guerre mondiale posera évidemment des problèmes aux relations entre Cavallier et les clients allemands et aussi, les affaires étant les affaires la concurrence grassoise jouera des tours à Cavallier auxquels les héritiers ne pourront résister. Ils vendront l'entreprise en 1966 à un confrère, Robertet, son voisin à Grasse qui continuera à exploiter la marque Cavallier dans le monde de l'eau de Cologne.

 

Document : Dans les coulisses d'une parfumerie grassoise

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Miette Cavallier 1870-1884.

© Fonds Jean Luce/Bergé-Andreu, Archives - départementales des Alpes-Maritimes

La parfumerie Cavallier s'est souvent contentée de peu de personnel. Au temps de Jean François Denis, nous lisons dans les premières correspondances des années 1870 qu'il est souvent en déplacement et qu'à Grasse, c'est un collaborateur, puis sa femme « Miette» qui s'occupe du reste de l'affaire. Elle le conseille dans son démarchage et fait souvent référence aux concurrents grassois, qu'elle connait bien. Elle correspondra avec les clients et les fermiers et composera aussi des formules de divers échantillons pour les expédier à Paris afin que son mari puisse continuer ses tournées. Jean François Denis Cavallier meurt en 1883. Miette, sa femme, s'occupera de l'affaire avec Catherine Cavallier dit Ketty, leur fille unique. Pour en savoir plus veuillez consulter aux Archives de Grasse le Fonds privé 39S « Cavallier-Frères », ainsi que l’ouvrage : Cavallier-Frères : Dans les coulisses d’une parfumerie grassoise (1785-1966)/ Gabriel Benalloul, G.Buffa, N.Deschamps et P. Prenant, Nice.- Serre éditeur, 2013,153p.

Archives communales de Grasse.

 

Catherine Cavallier, épouse Saisse.

©Fonds Cavallier-Frères, ACG

Catherine Cavallier fille de Jean-François Cavallier se marie en 1884 avec Adrien Saisse, un agent de vente de produits exotiques de Marseille, qui possède une succursale à Maracaibo au Venezuela et dont on peut découvrir, dans le fonds privé de la famille 39S, la correspondance de 1881 à 1884. Elle contribuera à faire évoluer la parfumerie grâce à ses nombreuses connaissances dans le milieu grassois, au côté de sa mère, aidé d'Adrien Saisse, son mari. Ils vendent l'affaire familiale à leurs fils Denis, en 1911. Mais elle continuera jusqu'à sa mort en 1916 à s'occuper des affaires et des domaines agricoles avec son fils. Pour en savoir plus veuillez consulter aux Archives de Grasse du Fonds privé 39S « Cavallier-Frères », ainsi que l’ouvrage : Cavallier-Frères : Dans les coulisses d’une parfumerie grassoise (1785-1966)/ Gabriel Benalloul, G.Buffa, N.Deschamps et P. Prenant, Nice.- Serre éditeur, 2013,153p. 

Archives communales de Grasse

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D'après l'excellent ouvrage de l'Association Sauvegarde du Patrimoine des Alpes Maritimes " Dans les coulisses d'une parfumerie Grassoise (1785-1966) par Patricia PRENANT

 

 

 

 

 

 

Catherine Hugues vve Lamotte, née SAISSE (16.02.1917 - 4.07.2012), 1ère femme chef d'entreprise qui a dirigé l'usine Cavallier Frères, seule femme de son époque à siéger au syndicat des Parfumeurs..un exemple pour toutes les femmes et pour notre industrie du parfums, et pour notre ville de Grasse

(infos Sandrine Lamotte via Facebook)

 

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23/ Jean-Baptiste SELIN

(JB SELIN)

La Marigarde

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La parfumerie SELIN a été fondée en 1821, Boulevard Gambetta à Grasse sur le terrain où sera construit en 1962/63 l'école primaire Gambetta.

La petite usine Selin qui sera louée à Tombarel

A l'origine, la fabrique SELIN appartenait à M. Jourdan. A la mort de ce dernier, Mme Jourdan continua l'exploitation de la fabrique pendant quelques années, puis la laissa en héritage à un parent, le fils de Jean Joseph Mougins de Roquefort, maire de Grasse, attaché à la cour d'Aix. Ce dernier n'étant pas parfumeur et fixé à Aix, la loua de nombreuses années à TOMBAREL et ce jusqu'en 1888. A cette date, les frères Tombarel faisaient bâtir leur usine près de la gare P.L.M. 

 

 

La fabrique passe en 1899 à Jean-Baptiste Selin, ses parents avaient été employés à la fabrique HUGUES AINE. Jean-Baptiste Selin déclare qu'à la date du 1er août 1925, il a transformé sa maison de commerce de produits de parfumerie en une société anonyme pour une durée de cinquante ans. Jean-Baptiste Selin a aussi acquis la marque WARRICK FRERES lors de la cessation d'activité de cette usine (vers 1920). 

 

En 1962-1963, les bâtiments ont été transformés en école communale (école Gambetta)

 

La société de parfumerie J. B. Selin, fondée par Jean Baptiste Selin, est rachetée ensuite en 1929 par Eugène Miquelis qui avait travaillé une dizaine d'années chez Chiris puis Bertrand Frère. Avec le savoir et le savoir faire récupéré chez ses anciens employeurs,Eugène Miquelis crée alors sa propre marque, "Figène". Il produira parfums, eaux de Cologne, poudres, rouges à lèvres, dentifrices, crèmes à raser... Il déménagera son usine dans de nouveaux locaux situés sur la route de Cabris dans les années1950/60. Les bâtiments de l'ancienne usine seront transformés en école communale en 1962/63, l'école Gambetta (photo cidessus)

D'après http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

 

 

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La Société Grassoise de Parfumerie SELIN (SGP SELIN)

prend le relai

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1973 - La Société Grassoise de Parfumerie est créée à Grasse par André TRUCHI et son père, Paul-Etienne TRUCHI.

La société est spécialisée dans la fabrication de matières premières d'hémisynthèse dérivées d'huiles essentielles, destinées à la fabrication de concentrés de parfums.

1986 - La SGP rachète la société  d'Eugène Miquelis et sa marque Figène qui avait été créée par Jean-Baptiste Selin

1991 - Rachat d'Etudes & Diffusions Olfactives, actuelle filiale de composition de parfums.

1997 - La société acquiert un troisième site sur Grasse, destiné à la production de matières premières.

 

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La Société Grassoise de Parfumerie est également connue sous les noms ETABLISSEMENTS MIQUELIS , PARFUMS FIGENESGP SELINSGP SELIN - FRAGRANCE INDUSTRY - GOLD LANG.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les anciens établissements Eugène MIQUELIS , Parfums FIGENE

 

 

 

 

 

 

 

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LA MARIGARDE

 

 

La société coopérative La Marigarde, formée entre plusieurs producteurs grassois de plantes à parfums, se dote d'une unité de production au début des années 1950. Cette nouvelle usine se trouve alors à proximité de l'usine de l'Union Coopérative Florale de Grasse. Ces deux entités semblent fusionner durant les années 1960. Elles regroupent après quelques temps leur activité sur le site de l'Union Coopérative Florale. L'ancienne usine de La Marigarde est actuellement exploitée par la société de parfumerie grassoise S.G.P. Selin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24/ ISNARD-MAUBERT-GEOFFROY 

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La famille ISNARD, impliquée dans la vie de la cité de Grasse dès le XIIe siècle avec notamment le consul de Grasse, Bertrand Isnard, se lancera au XVIIIe siècle dans l'industrie de la parfumerie qui s'installe peu à peu dans l'économie locale. C’est ainsi que, d’un côté Antoine Isnard, négociant parfumeur depuis 1740 et de l’autre Léopold Isnard, époux de Madame Maubert, créent la parfumerie « Isnard-Maubert » en 1826 dont la fabrique était située place de la Buanderie. En 1878 la parfumerie est vendue à Monsieur Geoffroy et devient pendant quelques temps Isnard-Maubert-Geoffroy, négociant parfumeur successeur. En 1892, Mme Veuve Geoffroy vend à son fils, commerçant à Lyon, l’entreprise de parfumerie de la Place de la Buanderie.

Publication Nice-Matin

 

 

En 1911, Jean-Laurent Geoffroy, le négociant industriel de l’époque, vend la totalité de l'entreprise à Louis César Joseph Marie Serraire et Antoine Marius Maximin Louis Serraire. Puis en1919, Aima Pauline Joséphine Tañeron, veuve de Joseph Serraire et Louis César Joseph Marie Serraire, industriel demeurant tous deux à Grasse ont cédé conjointement et solidairement entre eux à René Marie Charles Joseph Sornin la Parfumerie Isnard-Maubert toujours située à la place de la Buanderie mais qui deviendra un moment R. Sornin & Cie puisMaubert et Cie et redeviendra finalement Isnard-Maubert. La société a été radiée du registre de Commerce de Grasse en date du 28.10.1981 par suite de l'apport fusion à Lautier-Florasynth  

D'après  http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

 

 

 

25/ PARFUMERIE WARRICK

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La société de parfumerie Warrick Frères a été fondée officiellement en 1877, par trois frères d'origine anglaise, domiciliés à Nice qui possédaient une petite usine de parfumerie à Nice comme l'atteste la gravure ci-dessous parue en 1863 dans le journal "L'illustration".

 

Document ebay

 

Ils décident de s'installer à Grasse et établissent une autre usine de parfumerie dans un ancien bâtiment religieux, l'ancien petit séminaire (fondé en 1690 par Mgr de Verjus) au bas de la rue Tracastel, qu'ils auraient acquis en 1883. Pour la petite histoire, le Petit Séminaire et la Chapelle St-Martin étaient relié par un souterrain passant sous la Place St-Martin. 

Les 3 frères créent alors une société en nom collectif WARRICK FRERES pour l'exploitation d'un "commerce de parfumerie, distillerie, essences et huiles". Ils équipent la fabrique par la construction d'un local sans toit, situé contre la face est de l'immeuble. Ils y installent un laboratoire et la cheminée de l'usine.

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En 1896, Arthur et Charles Warrick décident de dissoudre la société pour s'associer à Stéphane Dumoulin, manufacturier demeurant à Grasse pour former une société en nom collectif dont l'objet reste l'exploitation d'un commerce de parfumerie, distillerie, essences et huiles. La raison sociale est toujours WARRICK-FRERES et le siège rue Tracastel mais aussi place Neuve. 

 

En1899, Charles WARRICK se retire de la société qui continue d'exister entre Arthur Warrick et Stéphane Pierre Dumoulin. En 1900 ils obtiennent même la Médaille d'argent à l'Exposition Universelle de Paris. Ils font aménager dans une partie de l'usine, un atelier d'extraction assez sommaire, qu'ils couvrent par une toiture en tôle ondulée. A cette époque l'usine comprend, les bureaux, les salles d'enfleurage à froid, une salle des presses, un distilloir de quatre alambics et un atelier de rectification.

 Les frères Warrick cessent leurs activités à Grasse au début du XXe siècle. En 1909, Stéphane Pierre Dumoulin se retire mais les marque de commerce WARRICK-FRERES et S. DUMOULIN du fonds de commerce de parfumerie exploité à Grasse, Rue Tracastel continuent à être exploitées ; elles seront  rachetées par le parfumeur grassois J. B. Selin et l'immeuble vendu àl'état en 1924 et cédé à la commune en 1926. Le bâtiment a été rénové à la fin du XXe siècle. Les parties qu'occupait l'usine ont été transformées en parking et la petite avancée, aujourd'hui couverte, est occupée par les services techniques de la ville de Grasse.

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/petit-seminaire-puis-parfumerie-warrick-freres-actuellement-immeuble-a-logements-entrepot-public/d665efeb-815c-4a5c-abe4-5a64a060af2b

 

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Vue générale de Grasse et de l'immeuble Warrick. / Photographie de 1892

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Pendant la 1ère guerre mondiale, le bâtiment des usines Warrick a servi de cantonnement à une compagnie de chasseurs alpins. Il n'était plus exploité. 

En Octobre 1924, l'immeuble abritant l'ancienne parfumerie est vendu à l'Etat. Actuellement, il abrite des ateliers municipaux. Les tunnels sous la Rue Tracastel et la Place St-Martin ont été bouchés. 

 

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L'usine Warrick-Frères était installé dans ce bâtiment, l'ancien Séminaire de Grasse

 

Les frères Warrick ont éclairé la cathédrale de Grasse

Pendant qu'ils développent leur activité industrielle, les frères Warrick participent au développement de la cité. Outre le téléphone, cette fin du XIXe siècle voit aussi l’arrivée de l’électricité à Grasse. L’entreprise Warrick Frères profite de l’occasion pour soigner son image de marque en illuminant la cathédrale : « La lumière électrique est et demeure longtemps encore un éclairage de luxe. Néanmoins sa propagation fait tous les jours des progrès, et nombre d’établissement publics et industriels délaissant le gaz, ont recours à ce mode d’éclairage ; à Grasse aussi, diverses usines, mettant à profit la vapeur, fabriquent l’électricité pour leur usage. Voici qu’aujourd’hui on nous assure que l’église paroissiale va prochainement être éclairée, elle aussi, à l’électricité : c’est la proximité de l’importante usine de parfumerie Warrick Frères qui permet de mettre ce projet à exécution. Douée de machines puissantes et perfectionnées, cette usine s’est chargée de fournir l’éclairage électrique à notre cathédrale » .

Les Warrick font rayonner le nom de Grasse en Grande-Bretagne et aux États-Unis jusque dans les années 1920.

 

https://www.departement06.fr/documents/A-votre-service/Culture/archives/recherches-regionales/cg06_recherchesregionales207_2.pdf

 

 

 

 

26/ FARGEON puis MOTTET ET Cie

ensuite CRESP-MARTINENQ

et actuellement FRAGONARD

 

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Plan partiel de la ville de Grasse en 1809 - Document Olivier Mottet

 

Le jardin des plantes et le Boulevard Fragonard n'existaient pas encore sur ces plans de la ville de Grasse qui datent de 1809. Ils ont été réalisés plus tard, en 1850. Les deux petites maisons situées sous le Cours et quelques parcelles voisines appartenaient à un certain Monsieur Ricord qui, vers 1840, vendit la partie de sa propriété avec les deux maisons à la ville de Grasse et l’autre partie sur laquelle un premier atelier avait été bâti vers 1800 par le parfumeur FARGEON, l'apothicaire et le parfumeur de la Cour de France natif de Montpellier sera cédée au parfumeur MOTTET qui était son voisin  à l'Hôtel Clapiers Cabris où étaient installés les ateliers de la parfumerie Mottet.

 

 

 La ville a racheté de son côté le terrain avec les deux maisons afin qu'aucune bâtisse ne puisse dénaturer la vue depuis l'Esplanade du Cours fraîchement aménagée et aussi en attendant de réaliser le futur « Jardin des Plantes » et le tout aussi futur boulevard Fragonard. 

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Depuis le XVIIIe siècle, la famille MOTTET se partage entre Grasse et Marseille. C’est une famille grassoise installée depuis 1613, propriétaire de terres agricoles à Grasse dont des étendues d’oliviers au quartier des Moulins puis aux quartiers Sainte-Anne et Saint-Jacques. La famille MOTTET débute dans la parfumerie en 1782 à Marseille (quartier de la Canebière) où elle dispose de propriétés immobilières, d’un site de productions et de magasins. Entreprise de négoce, elle dispose également de magasins à Clamart, New-York et place du Dôme à Milan. Par alliances matrimoniales, elle est alliée à la famille DROMEL à la famille DEMOUSSIAN, respectivement savonnier et parfumeur marseillais. Claude MOTTET s’intègre à la parfumerie grassoise en épousant en 1812 Louise BRUERY, issue d’une famille de parfumeurs. Il installe logiquement ses ateliers et salles de production dans une partie de l’hôtel Clapier-Cabris acheté aux enchères à la marquise de Cabris alors couverte de dettes, acheté donc par son beau-père, le parfumeur BRUERY (aujourd'hui Musée d’art et d’histoire de Provence). Ceci explique le voisinage avec les terrains de Monsieur Ricord...

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En février 2020, Monsieur RODRIGUEZ Thierry, archiviste en Bretagne m'a fait parvenir copie d'un document authentique qu'il possède et qui émane du parfumeur BRUERY Nicolas (1784-1832), donc le beau-père de Claude Mottet. Ce parfumeur Bruery était un grand bourgeois de la ville de Grasse. Il deviendra sous la Restauration "Officier de la Grade Nationale pour l'ordre et la sécurité de cette ville sous le règne de Louis XVIII. Ce document dont la copie ci-dessous qui m'a été confiée, concerne une transaction d'huiles essentielles pour la création de parfums, commande faite à un négociant Monsieur PERES NEVEU.

 

 

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Claude MOTTET et son fils Jean-Joseph MOTTET achètent donc milieu du XIXe siècle différents terrains situés au futur boulevard Fragonard voisins de leur hôtel Clapier-Cabris pour y installer et agrandir leur fabrique notamment le corps principal et l'avancée construite contre les trois premiers niveaux de ce bâtiment, côté cour, l'usine Fragonard d'aujourd'hui. 

Paul-Marie MOTTET (1854- 1913), le petit-fils, reprendra l’entreprise familiale. Il sera aidé dans le dernier quart du XIXe siècle par plusieurs membres d'une famille CRESP dans la gestion et la direction de la parfumerie auxquels ils s'associera, Louis Cresp tout d'abord puis Edouard Cresp, Jean-Honoré Cresp suivi de Simeon-Honoré Cresp, son fils. Ils exploitent ensemble une société ayant pour objet la fabrication et la vente de matières premières pour parfumerie et autres articles s'y rattachant.

  Paul-Marie MOTTET s'associera aussi plus tard à un certain Louis MARTINENQ. Ils formeront avec Edouard CRESP et Jean-Honoré CRESP la société MOTTET P et Cie. Il leur vendra ses parts dans l'entreprise en 1906 et se retire des affaires. La parfumerie change alors de nom et devient la société Cresp-Martinenq dont le siège social est à Grasse, au Boulevard Fragonard. La société poursuit la construction de nouveaux bâtiments, à l'image de l'atelier d'extraction bâti en 1903. Mais la société Cresp-Martinenq d'abord en règlement judiciaire, fait faillite en 1925 malgré une bonne activité pendant quelques années.

 

Parfumerie Fargeon, puis Mottet & Cie, puis Cresp-Martinenq, actuellement Fragonard - Collection Musée Grasse

 

Le fonds de commerce et les bâtiments sont rachetés par un certain Eugène Fuchs, aux enchères publiques du Tribunal de Grasse. Effectivement, Eugène Fuchs originaire d’Alsace, mais sous le charme de la ville de Grasse, décide de racheter Muraour Frères et Cresp- Martinenq, deux anciennes usines grassoises en difficulté. Elles seront dirigées par la suite par ses enfants : Fuchs Lucienne Veuve Gratiot, Fuchs Emilie épouse Costa, Fuchs Germaine épouse Joyce, et Fuchs Georges.

 

 

Parfumerie Fargeon, puis Mottet & Cie, puis Cresp-Martinenq, actuellement Fragonard - Collection Musée Grasse

 

 

Ils fondent une société en nom collectif en mars 1926 qui aura pour objet l'exploitation d'un commerce de parfumerie à vocation touristique et installée à Grasse au boulevard Fragonard près du Cours dans les bâtiments de l'ancienne usine Cresp- Martinenq avec essentiellement un grand immeuble servant actuellement d'usine de parfumerie et contigu au jardin public, un vaste terrain, une grande bâtisse avec dépendances et hangars qui servent à l'usine de parfumerie ainsi qu'une grande cheminée d'usine. 

 

 

La raison sociale de cette nouvelle société est Parfumerie FRAGONARD-FUCHS & CIE. Les opérations commerciales commenceront en juillet 1926. Ils la nomment "Parfumerie Fragonard" en référence au célèbre peintre grassois du 18e siècle et dont le père François Fragonard était "gantier parfumeur". Cette société toujours dirigée par les descendants de la même famille, est encore en activité dans le premier quart du XXIe siècle. La vocation touristique de l'entreprise, qui présente dans ses locaux une forme traditionnelle de l'industrie des parfums. Il n'a pas été possible d'ajouter des constructions nouvelles sur le site de Fragonard. Par contre, dans les années 1980, un autre bâtiment, situé en périphérie sud de la ville (proche des Quatre chemins et de la sortie de la voir rapide Cannes-Grasse) sera utilisée comme usine musée pour recevoir plus de clients encore et dans d'excellentes conditions de parking pour les particuliers comme pour les bus de touristes. La réussite est considérable. 

 


& :  http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

 

 

 

 

 

27/ PARFUMERIE BERNARD ESCOFFIER

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Cette fabrique de parfumerie a sans doute été fondée en 1820 et s'est installé au quartier de la Roque. C'est  le fils de Bernard Escoffier qui la dirige mais il meurt pendant un voyage d'affaire en 1885. 

 

 

La société continue néanmoins son activité pendant quelques années sous la responsabilité de Antoine Gardenty. En octobre 1908, Antoine Gardenty, parfumeur, demeurant à Grasse et Charles Schlabs employé de commerce demeurant à Grasse ont formé entre eux une société en nom collectif ayant pour objet la fabrication et la vente de matières premières à l'usage de parfumerie. La durée de la société est de 15 années (1908 à 1923). Le siège de la société est à Grasse au Quartier de la Roque. La raison et la signature sociales sont BERNARD ESCOFFIER Fils. Le capital social est de 150 000 F en marchandises, matériel, immeuble et numéraire. Mais, M. Schlabs étant sujet allemand, et la première guerre mondiale ayant éclatée en août 1914, la société en nom collectif fut dissoute par un jugement rendu par le Tribunal de Commerce de Grasse à la date le 11 décembre 1914. 

 

Situation de l'usine Bernard Escofier sur un plan de 1881

 

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En 1920, la parfumerie Bernard Escoffier est rachetée par une société Lyonnaise. Elle se transforme provisoirement en société en nom collectif BRUNO JAILLARD & LOUIS DUCROT bien que désignée encore sous la dénomination BERNARD ESCOFFIER Fils. Elle a toujours pour objet la fabrication et la vente d'essences, de matières premières pour parfumerie et parfums naturels.  Cette société BRUNO JAILLARD & LOUIS DUCROT avait été constituée à Lyon, en mai 1919 et son siège social était à Lyon avec une succursale à Grasse l'usine Bernard Escofier. Elle a été dissoute en décembre 1920 comme conséquence des apports faits par elle à la société anonyme BERNARD ESCOFFIER Fils. 

 

Document : http://clio.ish-lyon.cnrs.fr/patrons/IN000010536/IN000010536Doc1472.pdf

 

En février 1921, la société BERNARD ESCOFFIER Fils de Grasse et la Société Chimique de Lyon ont fusionné. La raison sociale demeure BERNARD ESCOFFIER Fils. Il s'agit d'une société anonyme BERNARD ESCOFFIER Fils, 40 Rue Vaubecour à Lyon. Elle est inscrite au registre du Commerce de Lyon. L'activité se déplace peu à peu vers Lyon et l'usine de Grasse ferme vers 1930. La plupart des bâtiments ont été transformés en logements.

D'après http://Ethno_Bia_1997_297b.pdf

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Document Inventaire PACA - Photo Alain Sabatier

 

L'histoire officielle de la maison Bernard Escoffier indique que l'entreprise s'était installée dans son usine du quartier de la Roque dans les années 1820. Au début, l'activité semble se concentrer dans un local construit spécialement pour la parfumerie. Celui-ci est implanté dans la partie basse du jardin d'un immeuble plus ancien, déjà indiqué dans le plan cadastral de 1809, et qui appartient également à la société. Le reste du jardin où l'on construit une véranda, ainsi qu'une partie de l'immeuble sont rapidement intégrés à l'activité. En 1910, le site comprend, dans l'immeuble, les bureaux et l'atelier d'extraction, dans la véranda, la salle des expéditions et des essences, à côté dans une aile ajoutée à l'immeuble, les presses et un moulin. Enfin dans le bas de la propriété se trouvaient le distilloir et la cheminée. 
Suite à des travaux qui doivent avoir lieu dans les années 1910, la façade de l'immeuble et la toiture sont transformées et prennent leur aspect actuel. (Document Inventaire PACA de Gabriel Benalloul)

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En 1920, la parfumerie Bernard Escoffier est donc rachetée par la société Lyonnaise qui maintient l'activité sur ce site jusqu'en 1930. L'usine est ensuite vendue puis transformée en fabrique de boisson alcoolisée, aromatisée à l'anis (source orale). Après la guerre, le site reste inoccupé quelques années. La cheminée et la véranda se seraient effondrées durant le conflit, suite au dynamitage du Pont de la Roque, situé à proximité.

 

Photos inventaire PACA - Vestiges de la cheminée

 

L'immeuble est vendu puis réhabilité en logements sociaux. Le jardin avec ses installations sont restés à l'abandon jusqu'à aujourd'hui, où un programme immobilier est prévu.

 

Photos - Inventaire PACA

 

L'ancienne fabrique se situe sous le rempart inférieur du centre historique de Grasse. Elle se composait de deux unités distinctes : d'une structure assez composite, premier lieu de production du site (?), et d'un immeuble sur la planche supérieure. La première structure s'apparentait à une cour aménagée, dont ne reste aujourd'hui qu'un local en béton avec toit terrasse. L'immeuble présente un corps central avec deux ailes en retour. L'édifice forme dans son ensemble un U organisé autour d'une cour centrale. Le toit brisé en pavillon, avec lucarnes à linteaux cintrés dans les combles, donne un aspect assez bourgeois à l'édifice. La partie supérieure du toit est couverte de tuiles mécaniques et la partie inférieure de tuiles en écailles. Les lettres B et E, initiales de Bernard Escoffier, transformées A et F (pourquoi ?) au moment du rachat de la fabrique, sont portées sur le fronton de la porte d'entrée. L'immeuble comprend, un niveau de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, deux étages et un niveau de combles.

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-bernard-escoffier-puis-distillerie-actuellement-immeuble-a-logements/a5ba1d12-4f08-4ebd-b609-9c5e6e5f1e6e

Dossier  de Gabriel Benalloul

 

 

28/ LA PARFUMERIE V. TOUSSAN

 

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Etude de Gabriel Benalloul

https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-v-toussan-actuellement-immeuble-a-logements/0e230111-2cc7-48e7-9107-504fd56d300c​​​​​​

 

La parfumerie Toussan (en rouge) sur un plan de 1881. Elle est située en dessous et à l'est de la parfumerie Escoffier

 

La parfumerie V. Toussan a eu une existence assez éphémère. Victor Toussan, le fondateur de la société, possédait une propriété qui aurait appartenu antérieurement à une institution religieuse. En 1809, le site, au 20 boulevard Gambetta, se composait de cinq parcelles cadastrales, dont deux bâties. La part du bâti a par la suite considérablement augmenté, jusqu'à occuper la majeure partie de la propriété. Les deux premiers bâtiments qui étaient nettement séparés à l'origine ont été reliés par une série de constructions plus importantes. Il est vraisemblable que toutes ces constructions nouvelles existent avant l'établissement de la parfumerie, mentionnée dans le cadastre en 1857. Cette activité industrielle s'est d'abord concentrée dans un local situé à l'extrémité est de la propriété. Un plan de 1881, montre qu'une grande partie des bâtiments a été progressivement intégrée à la parfumerie et un second plan des lieux datant 1886, indique que la parfumerie a alors cessé son activité. L'ensemble des bâtiments a aujourd'hui une vocation résidentielle.

 

La propriété Toussan - Photos Alain Sabatier
La parfumerie V. Toussan, actuellement immeuble à logements au 20 avenue Gambetta- Vue à partir du vallon du Rossignol, au sud.

Documents : https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-v-toussan-actuellement-immeuble-a-logements/0e230111-2cc7-48e7-9107-504fd56d300c

 

 

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&FIELD_98=DMIS&VALUE_98=2011%2B&GRP=496&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&REQ=((2011%2B)%20%3ADMIS%20)&DOM=IVR&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P

 

 

 

29/ HONORE PAYAN

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Le parfumeur Honoré Payan avait installé en 1854 ses premiers ateliers d’extraction de produits naturels destinés à la parfumerie à la place de la Poissonnerie dans le centre historique de la ville de Grasse, là où Tombarelly Escoffier avait été le premier artisan parfumeur connu à exploiter ces locaux dont il avait hérité et là où le parfumeur J. Cl. Currault, l'ancien premier associé de Joseph-Donat Méro de la cour de l'Oratoire avait ensuite installé aussi sa toute petite et première entreprise artisanale en 1839. Donc, en 1854, ces petits locaux sont repris et exploités par le parfumeur Honoré Payan pendant plus de trente ans. 

Nous sommes en effet en 1886 quand la parfumerie Honoré Payan quitte la place de la Poissonnerie et s’installe dans de nouveaux locaux plus modernes et surtout plus vaste situés à l'extérieur du centre urbain, dans la campagne grassoise au quartier des Paroirs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En même temps qu’il déménage ses ateliers, Monsieur Honoré Payan cède son entreprise à son fils Antoine et à son neveu Édouard Bertrand qui vont gérer l’entreprise. La marque Honoré Payan est conservée mais la raison sociale change. Effectivement, le 30 Décembre 1886, Antoine Payan et Édouard Bertrand, négociants parfumeurs à Grasse forment entre eux une société en nom collectif pour le commerce de la parfumerie, de la distillerie et de tous les articles s'y rattachant sous la raison sociale « Payan et Bertrand ». 

 

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-tombarelly-escoffier-puis-j-currault-puis-h-payan-puis-payan-bertrand-actuellement-immeuble-a-logements/a91fe03c-9011-48e7-8f1d-c91fae49c665

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Mais les choses ne se passent pas très bien. Les deux cousins associés, qui avaient pourtant commencé à exploiter la nouvelle usine, se séparent et dissolvent la société qu’ils avaient constituée au tout début début du 20e siècle. Chacun retrouve ses "billes" et son indépendance. Antoine Payan installe alors la marque « Honoré Payan » dans un bâtiment situé à l'avenue Riou Blanquet qu'il exploitera et complètera avec "sa" marque personnelle, "A la Flore de Provence". Il se lance alors dans la production de parfumerie finie et conditionnée. 

Le second ancien associé de Payan & Bertrand, Edouard Bertrand, s'oriente plus vers la création et la fabrication des matières premières aromatiques pour la parfumerie et la savonnerie. Il reste au quartier des Paroirs dans la nouvelle usine quelques temps seulement car finalement pour conclure cette période, en 1906, M. Mühlethaler un industriel demeurant et domicilié à Nyon (Suisse) et dont on ne sait pas grand-chose, rachète l'ensemble des affaires de parfumerie aux deux cousins, les locaux, les fonds de commerce et les marques d’exploitation.

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Mais, en juillet 1907, nouveaux bouleversements, le même Monsieur Mühlethaler revend la totalité de son affaire de parfumerie finie et confectionnée (fonds de commerce, locaux du Riou Blanquet, la marque de fabrique "Honoré Payan" et "A la Flore de Provence") au parfumeur industriel Etienne Carémil (qui sera par ailleurs Maire de Grasse de 1931 à 1941). M. Carémil s'oriente d'emblée vers une exploitation touristique de sa parfumerie : visite des ateliers et vente directe de produits finis. Le tourisme des étrangers à cette époque est en plein essor sur la Côte d'Azur ; les installations de colonies d'étrangers dans la région connaissent un énorme succès. Le bâtiment qu'il a acheté à l'avenue Riou Blanquet (devenue depuis Avenue Etienne Caremil) et siège de l'entreprise est idéalement placé. Il se trouve en vue directe depuis les Grands hôtels des avenues Thiers et Victoria sur un axe fréquenté, favorable à l'implantation de ce type de commerce. On remarque d’ailleurs sur la toiture du bâtiment Honoré Payan des constructions en béton qui peuvent supportent de grands panneaux publicitaires visibles des "grands hôtels". Il s’agit donc à cette époque d’une position stratégique pour attirer les touristes et les visiteurs intéressés par les produits de parfumerie finie.

 

 

Document publié par Laurent Anton sur Facebook

 

L'usine Honoré Payan à visiter

 

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La propriété de Saint-Jacques

L'épouse de Etienne CAREMIL, Rose ACHARD, possède par sa famille une grande propriété agricole à Saint-Jacques de Grasse où sont récoltées les fleurs destinées à l'industrie de la parfumerie (tubéreuses, roses, jasmin...) sur de nombreuses restanques avec un mas (construit en 1804) et des ateliers de ramassage et de traitement des fleurs. La propriété de Saint-Jacques pratique également dans son domaine l'enfleurage à froid et quelques extractions florales destinées à l'industrie de la parfumerie. La fille de Etienne Carémil et de Rose Achard, Jeanne CAREMIL,  épousera André PASCALIE.

 

Les champs de culture et la petite usine d'enfleurage et de traitement des fleurs - Document Denis Pascalie
Photos Robert Raspati à l'occasion d'une visite de l'ancienne usine et des terrains de culture florale

 

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De la fleur au parfum, il n'y a qu'un pas ​​​​​​que Etienne Carémil franchira facilement : fleurs et matières premières pour parfumerie du côté de la propriété de son épouse à Saint-Jacques et produits de parfumerie finie de l'autre avec la famille de son gendre. Ils constituent en juillet 1945 une société à responsabilité limitée, la SARL Parfumerie HONORE PAYAN. L'objet de commerce est la fabrication, la transformation, l'achat et la vente des produits de parfumerie. L'usine est située Avenue Riou Blanquet et l'entreprise est exploitée avec grand succès. 

Informations orales de Denis PASCALIE, petit fils de Jeanne Carémil et André Pascalie et d'après : https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/maison-puis-parfumerie-payan/961d2765-6b92-428b-925a-416ec19dd124 ---

 

Document Denis Pascalie

 

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Visite de touristes chez Honoré Payan

Collection privée de photos aimablement confiées par Denis Pascalie, petit fils de Jeanne Carémil et André Pascalie que je remercie bien vivement.​​​​​​

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

Brochure publicitaire de Honoré-Payan aimablement confiées par Denis Pascalie

Collection privée de photos aimablement confiées par Denis Pascalie, petit fils de Jeanne Carémil et André Pascalie que je remercie bien vivement.​​​​​​

 

 

Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues
Grasse-vintage - Les parfumeries disparues

A partir de 1954, la société Honoré Payan est rachetée par la famille Mureau et elle s’installe peu à peu à Bar-sur-Loup. Le bâtiment de l'avenue Riou Blanquet semble rester en activité jusqu'à la fin des années 1960. Il sera par la suite transformé en ateliers municipaux puis occupé par le service des eaux de la ville de Grasse avant de finir en immeuble d'habitation.

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En 1964, M. Gibert, président-directeur général des Établissements FUNEL au Cannet qui fabrique quelques matières premières et surtout des produits de parfumerie finie et de cosmétiques fait l'acquisition de ce qu'il reste d'Honoré Payan et regroupe les marchés d'exportation de la parfumerie conditionnée pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Cette société Funel cessera d'exister en 1990. En 2002, pour permettre la survie de cette marque grassoise, Honoré Payan, toujours installé à Bar-sur-Loup, s’associe avec la marque Jehanne Rigaud Parfums qui, grâce à elle, pourrait perpétuer la pure tradition de la parfumerie française. Honoré Payan reste une petite affaire de famille avec une demie douzaine d'employés.

 

 

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Du côté de Payan & Bertrand

qu'est devenue l'usine du cousin ???

 

 

 

En Août 1922, Théophile Muhlethaler, l'industriel suisse propriétaire surprise de l'entreprise du quartier des Paroirs, vend à Henri Tron, demeurant à Paris, Ernest Pugibet, ingénieur des arts et manufactures à Paris, M. Henri Proal, demeurant à Cannes, Joseph Rodié, ingénieur industriel à Castelnay-les-Lez, et à Georges Labache à Fontenay Trévigny, le fonds de commerce de fabrique de matières premières pour parfumerie et les articles s'y rattachant qu'il possède et exploite à Grasse Quartier Saint-Jean chemin des Paroirs, dans un immeuble lui appartenant comprenant : clientèle, achalandage, raison sociale PAYAN & BERTRAND, procédés de fabrication, recettes, brevets, marques de fabrique, matériel, mobilier, marchandises existantes. En Octobre 1922, une société anonyme établie par Théophile Mulhethaler, Henri Pugibert, Henri Proal, Georges Labache, Joseph Rodié, et Henri Tron est constituée sous la dénomination PAYAN & BERTRAND, fabrique de matières premières pour parfumerie, savonnerie, droguerie. Le siège social est à Grasse, Quartier Saint-Jean. Durée de la société : 50 ans d'octobre 1922 à Octobre1972. En 1959, la direction en est assurée par Jean-Pierre Proal et l'entreprise a d'excellents résultas. En effet1970 L'usine reçoit l'Oscar de l'exportation et en 1973 le Flambeau de l'exportation. La parfumerie PAYAN & BERTRAND ne produit pas de produits synthétiques ni de produits alimentaires, mais consacre ses activités à la fabrication, la recherche et le contrôle de matières premières destinées à la parfumerie.  

 

 

Payan Bertrand milieu du XXe siècle

 

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En 2020, la société Payan Bertrand, spécialisée depuis son origine dans le traitement de matières premières aromatiques locales (jasmin, rose, feuilles de violette, mimosa) puis qui a étendu son expertise aux matières premières d’importation (patchouli, fève de tonka, styrax…) est toujours en activité et ne fait donc pas l'objet de cette étude. Elle est gérée par les successeurs de la famille Proal.

 

 

 

 

30/ PARFUMERIE TOMBARELLY ESCOFIER

PARFUMERIE J.Cl. CURRAULT

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C'est une des rares usines de parfumerie du 18e siècle à avoir conservé son attribution après la Révolution française et être restée en activité durant tout le 19e siècle. En effet, on constate plutôt, à partir du début du 19e siècle, une tendance forte au renouvellement des lieux de production de la parfumerie grassoise. Cette usine occupait les parties basses d'un immeuble du centre ancien de Grasse, présenté par l'historiographie de la ville comme le berceau de la parfumerie. Tombarelly Escoffier est le premier parfumeur connu à avoir exploité ces locaux. Mais s’agit-il d’un seul ou de deux parfumeurs, Tombarelly puis associé à Escoffier, parent avec Bernard Escofier ???

Toujours est-il que Tombarelly avait hérité de ce site et l'avait agrandi à la fin du 18e siècle, en achetant des locaux voisins. L'établissement est racheté en 1839, par le parfumeur J. Cl. Currault (l'ancien associé de Méro à la cour de l'Oratoire) qui l'exploite jusqu'en 1856, date à laquelle cette petite usine est reprise par la société de parfumerie Honoré Payan. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette fabrique de la place de la Poissonnerie qui n'est pas mentionnée dans les archives cadastrales, doit rester en activité jusqu'au début du 20e siècle, date à laquelle la société Honoré Payan, le dernier occupant connu, s'implante dans un nouvel établissement plus moderne situé à l'extérieur du centre urbain, avenue du Riou Blanquet. L'ancienne usine semble perdre, à partir de ce moment-là, ses liens avec la parfumerie et plus généralement avec une activité industrielle. Actuellement, le site abrite des caves et des logements.

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-tombarelly-escoffier-puis-j-currault-puis-h-payan-puis-payan-bertrand-actuellement-immeuble-a-logements/a91fe03c-9011-48e7-8f1d-c91fae49c665

 

 

 

31/ PARFUMERIE BERARD

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En bas l'entrée dans les remparts et en haut l'usine

"Il y avait à cet endroit un ancien établissement religieux, dit couvent des visitandines dont l'entrée se faisait par une porte située dans les remparts de la cité ancienne en dessous de la place du Barri. Le parfumeur Bérard l'acquiert et le transforme en usine de parfumerie. Il l'exploite jusqu'au début des années 1820 date à laquelle il la cède à Jean Niel, également parfumeur. La seule extension connue de l'établissement industriel est la construction, à la fin du 19e siècle, d'un petit local contre la face est de l'usine, rehaussé d'un niveau à une date inconnue. Peu avant la fermeture du site dans les années 2000, les locaux industriels occupaient presque la totalité des quatre corps de bâtiments qui formaient l'usine. Les espaces libres servaient de logements. Actuellement le site est désaffecté. En 1954 la société Niel employait 14 personnes. Elle a déménagé en zone industrielle du Carré."

 

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/couvent-de-visitandines-puis-parfumerie-berard-puis-jean-niel/2965c1b8-b7da-4805-8c3a-af77a9aeadb7

 

 

32/ PARFUMERIE A. EUZIERE

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"La société de parfumerie A. Euzière a été fondée selon toute vraisemblance dans le dernier quart du 19e siècle par Jean Apollinaire Euzière. Le siège social est établi à Grasse, au quartier Font-Laugière où se trouvent alors déjà de nombreuses autres parfumeries. La construction du premier bâtiment de l'usine date également de la fin du 19e siècle. Il s'agit d'une partie de l'immeuble qui constitue le corps principal de l'édifice. Il est impossible de dater avec précision l'édification des autres bâtiments du site. Cependant, une photographie des années 1920 indique que l'ensemble des différentes constructions de l'établissement existent à cette date. Le site a perdu son caractère industriel après la Seconde Guerre mondiale (source orale) puis est devenu un immeuble d'habitation."

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-euziere-actuellement-immeuble-a-logements/a3c1154a-7556-4fbf-9eef-0630b3b92ea3

 

 

 

 

33/ PARFUMERIE MOUTET

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"L'usine de la société de parfumerie de J. H. Moutet date du milieu des années 1920. La fondation de cette entreprise doit également remonter à cette époque. Le site se trouvait au quartier Saint-Claude, dans une zone de culture de plantes à parfum, qui s'industrialisait progressivement au même moment, avec la construction à proximité, d'autres usines de parfumerie (IA06001605 ; IA06001615). L'établissement, caractéristique des sites industriels de cette période, comprend quatre bâtiments principaux : bureau et exploitation, chaufferie et distilloir, atelier d'hydrocarbures et logement de fonction ainsi qu'une réserve à solvants, un bassin et une cheminée d'usine en béton. Les travaux de construction ont été réalisés par l'entreprise J. Simon et Fils. Un projet d'agrandissement de l'usine de 1947 ne voit pas le jour. Lors de sa fermeture définitive dans les années 1960, le site présentait donc les mêmes dispositions, et les salles, les mêmes attributions (source orale). Peu après la fermeture, l'usine est, semble-t-il, démolie et remplacée par un lycée." (Le lycée Professionnel Francis de Croisset, chemin de la Cavalerie au quartier Saint-Claude)

Documents :

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-h-moutet/6a7d82eb-e197-4697-8870-c6d6fcf1e4c7

 

 

34/ PARFUMERIE RANCÉ 1795

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Une très belle histoire racontée sur les sites officiels de cette parfumerie.

"Fondée par Louis Rancé à Grasse au XVIIe siècle, l’atelier du Maîtr Gantier, Rancé devint une Maison de parfum à partir de 1795. Connue comme fournisseur officiel de la cour impériale et comme parfumeur préféré de Napoléon, François Rancé a révolutionné l’art de la parfumerie en créant des fragrances à l’excellence intemporelle. Les générations Rancé qui se sont succédées ont continué à développer des fragrances innovantes et des joyaux de la parfumerie pour les personnages illustres de leur époque.

 

François-Alexandre Rancé

 

Installée à Milan depuis 1902, la société abrite à présent un musée permanent, qui conserve les produits historiques Rancé, les archives ainsi que la collection d’objets d’Art de la Parfumerie de la société. Aujourd’hui, la septième génération de Rancé poursuit le travail artisanal traditionnel de la famille, qui s’inspire d’anciennes recettes, d’ingrédients naturels sélectionnés, de passion, de recherche et de créativité. Un mélange unique d’élégance française et de maîtrise du parfum, de goût italien pour l’art et l’artisanat, les parfums Rancé 1795 esquissent un dialogue entre la tradition les tendances actuelles."

https://www.jovoyparis.com/fr/maisons-de-parfum/27_rance

https://www.rance1795.com/fr/histoire

 

 

 

La petite usine Rancé-Lautier se trouvaient dans l'avenue Chiris à droite en descendant l'avenue juste avant la rue du Saut. La porte d'accès à l'usine de cette époque ferme toujours l'immeuble.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ancienne usine Rancé-Lautier

 

Document Bibliothèque Nationale de France

 

 

La vérité qu'il faut savoir

Au tout début...

 

 Les parfumeries Rancé et Lautier Fils, ne sont au début du Second Empire qu’une seule affaire Rancé-Lautier Fils. 

Jean-Baptiste Lautier et son beau-frère François Alexandre Rancé étaient les propriétaires de cette fabrique installée entre la rue du Saut, l’Escourche (traverse Chiris) à l'avenue anciennement appelée avenue des Capucins (devenue avenue Chiris après la mort du Sénateur Léon Chiris en 1900). (Infos Benoit Lanaspre)

 

 

Suite à une brouille, les deux beaux-frères, Jean-Baptiste Lautier et François-Alexandre Rancé se séparent fin 1863, la fabrique, qui prend le nom de Lautier Fils, sera progressivement déménagée de l’ancienne avenue des Capucins vers une usine construite spécialement sur le plateau du Paradis, au début de l'avenue Font-Laugière, avenue qui, sur cette partie changera de nom plus tard et deviendra l'avenue Alphonse Morel en 1974 à l’occasion du centenaire d’un des directeurs des usines Lautier Fils. Pour sa part, l'atelier Rancé restera un temps en place mais le fils de François-Alexandre Rancé, Alexandre partira pour Milan en 1902 et y fondera une parfumerie qui existe encore, Rancé 1795.

 

 

Alexandre Rancé

 

Marie-Pierre Jeancard-Coast a réalisé une généalogie des Rancé

https://gw.geneanet.org/mpjcgeneal?lang=en&n=rance&nz=jeancard&oc=0&p=alexandre&pz=marie+pierre&type=tree

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La page Facebook de Rancé 1795

 

Un merci tout particulier à Messieurs Benoit Lanaspre et Guitry Jean-Paul pour l'aide précieuse qu'ils m'ont apportée à la réalisation de cet historique de la Parfumerie Rancé.

 

 

 

 

35/ PARFUMERIE ETIENNE ROBERT

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"Un document iconographique de la fin du 19ème siècle présente Etienne Robert (avec d'autres) comme l'un des fondateurs de la parfumerie grassoise. Si sa société de parfumerie est bien la première à avoir exploité l'usine du quartier de La Roque à l'impasse Gambetta, la date de mise en service de cet établissement peut remonter soit au dernier quart du 18e siècle, soit plus certainement au début du 19e siècle. Seul le bâtiment principal de la fabrique figure sur le plan cadastral de 1809. Les matrices cadastrales, muettes sur les attributions industrielles de cet édifice, mentionnent une mutation de propriété à la fin des années 1820 : Etienne Robert lègue son usine à Nicolas et Jean Claude Robert Frères, très probablement ses fils. Le site est à nouveau légué en 1853 par Nicolas Robert, parfumeur, à sa fille. Celle-ci poursuit, semble-t-il, l'activité avec son mari jusqu'en 1858. En 1865, elle cède l'usine à Auguste Goby, négociant. Le site, nommé dans l'acte de vente ancienne parfumerie Etienne Robert comprend alors un jardin arosable avec fabrique de parfumerie, distilloir, laboratoire, maison d'habitation, maison de jardinier, réservoir, pavillon et toutes autres dépendances. Le nouveau propriétaire transforme une grande partie de la parfumerie en fabrique de cire et de bougies et loue un atelier aux frères Tombarel qui exploitent l'usine de parfumerie voisine. Auguste Goby lègue les bâtiments industriels à son fils Xavier dans les années 1870 et son commerce de bougies à ses deux autres fils. Un plan de 1881 indique que l'ensemble des bâtiments qui composent aujourd'hui le site sont déjà en place. Xavier Goby s'associe aux frères Tombarel en 1890. La fabrique de cires est à cette date déplacée dans une autre usine et l'ancien établissement perd son caractère industriel. Il abrite actuellement une maison."

https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/dossier/parfumerie-etienne-robert-puis-usine-de-bougies-a-goby-actuellement-maison/9d496462-fda3-441c-b97e-e3132c1e82d7

 

 

36/ PARFUMERIE Jean COURT-O​​​​​​SSOLA

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https://dossiersinventaire.maregionsud.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=ossola&type=

   &     https://journals.openedition.org/cdlm/8293

 

D'une part il y avait la Parfumerie COURT : La parfumerie Court existe depuis la fin du XVIIIe siècle, lorsque Jean Court, fondateur de la société du même nom, épouse Magdeleine Bon, dont la tante exerçait déjà le commerce de distillation à Grasse à la Place Neuve.

D'autre part il y avait César OSSOLA : "César Marcellin Ossola est né à Saint-Laurent du Var le 21 septembre 1848, d’une famille aisée d’origine italienne. Ses études le conduisent à devenir ingénieur, diplômé de l’École Centrale des Arts et Manufactures, puis directeur de l’usine à gaz de Grasse. C’est ainsi que César Ossola commence un long chemin qui le mènera des résidus nauséabonds issus de la combustion du charbon nécessaire à l’exploitation du gaz de houille, aux odorantes cuves de fleurs de la parfumerie."

Le mariage des deux

César fait son entrée dans la bonne société grassoise par son mariage avec l’héritière de la parfumerie Court, Marie Anne Baptistine Thérèse, le 18 octobre 1873. Ce jeune chimiste infiltre ainsi le milieu des parfumeurs industriels de Grasse, de même que le réseau constitué de longue main parmi l’élite marchande locale, et fondé sur l’association d’intérêts privés et professionnels.

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Au départ de son activité, la société J. Court était installée dans des locaux situés Place Neuve, qui s'ouvraient également sur la rue du Saut. Cette implantation date sans doute de 1857 et certaines parties (les ateliers industriels) existeraient depuis 1809.

Le haut du bâtiment de la parfumerie Court qui donne sur la Place Neuve et deviendra la future poste

 

 

Les étages industriels de La Parfumerie J. Court entre la Place Neuve et la rue du Saut

La société J. Court possédait également le bâtiment dédié aux bains situé de l’autre côté de la rue et qui communiquait avec la fabrique grâce à un tunnel. 

 

 

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Au moment du mariage, les affaires de la parfumerie Court n'étaient pas florissantes. En effet, depuis quelques années, la parfumerie Court était administrée par la veuve de Jean-Émile Court. Le décès brutal de son époux en 1864 avait placé cette femme devant une situation qu’elle n’était guère prête à affronter. Pendant cette période, les affaires stagnent et l’usine accuse un retard technologique assez important. Et à la fin des années 1870, la société J. Court cesse son activité.  La partie nord de la fabrique, faite de caves, est louée à la société de parfumerie Tombarel Frères jusque dans les années 1890. A la fin du 19e siècle, les étages du haut seront occupés par le nouveau bureau de poste de la ville. Mais l’entrée du jeune Ossola dans la famille Court pourrait peut-être permettre un nouveau départ de l’entreprise.

Effectivement, la marque J. Court est reprise par César Ossola qui décide de lancer son entreprise en lui conservant son nom qui est réputé auquel César Ossola associe le sien. Il baptise donc son entreprise Jean Court Ossola, et reprend l'activité dans la partie sud de l'usine, sous le bureau de poste.

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Après quelques années, César Ossola met au point une pommade révolutionnaire, le Cosmétique hygiénique du Marcheur, destiné, comme le rappellent tous les documents publicitaires de l'époque, à « éviter tous les inconvénients de la marche, de l’exercice du cheval et d’une transpiration trop abondante ». L'entreprise fournira ce produit miracle à l'armée et à la Marine françaises. En effet de par ses relations politiques, César Ossola réussit à faire intégrer au paquetage de chaque nouveau soldat une boite  de cette pommade Ossola. Et l'entreprise connait un second souffle.

 

Monogramme inséré dans le fronton d'une des portes de l'ancienne fabrique.

 

Les bâtiments semblent avoir perdu tous ses liens avec la parfumerie après les années 1920. 

 

 

 

37/ BIOLANDES

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Un peu d'histoire

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1920 : à l'image d'autres sociétés de parfumerie de Grasse, la société Bertrand Frères fait construire  un site dédié à l'extraction par solvants volatils. Cet établissement annexe est bâti au quartier Saint-Joseph au milieu d'une plantation de roses que la société possédait.

 

 

1967 : achat de la parfumerie Bertrand Frères par le groupe industriel Naarden. La valse des "tontons flingueurs" commence ...

1987 : Naarden revend la société Bertrand Frères au groupe Unilever. Un an plus tard le nom de Bertrand Frère disparaît.

1990 : le site est cédé au groupe Quest.

1998 : l'usine est vendue à la société Biolandes

Entre la fin des années 1980 et la reprise du site par Biolandes, cette usine avait été divisée en deux, la partie est ayant été rattachée au site industriel voisin, exploité par le groupe Sanofi Bio Industrie qui y avait regroupé les activités de parfumerie de Chiris, Tombarel, Méro...

2006/2007 : Biolandes met le site de Saint-Joseph en vente et y cessera toutes ses activités.

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Publié dans Nice-Matin le jeudi 29 mai 2008

En novembre 2004 la direction de Biolandes affirmait à ses employés Grassois, inquiets, qu'elle ne fermerait pas son site du Moulin de Brun. Quatre ans plus tard, après un plan social et une délocalisation de la production, l'usine est à vendre pour 5 millions d'euros. Les machines ont été déménagées et depuis la fin de l'année dernière, il n'y a plus d'activité industrielle. Seule « l'équipe commerciale est encore présente sur le site » confirme-t-on au siège de Biolandes, dans les Landes. Elle devrait rester à Grasse, mais dans un autre lieu.

 

Photo internet

 

La vente concerne le terrain, presque entièrement construit, et 10 000 m2 de bâtiment divers. Cet espace est en grande partie frappé par le plan de prévention des risques. Le site longe le Grand Vallon. En théorie, il est donc impossible de reconstruire sur les espaces frappés par le PPRI en cas de démolition des bâtiments actuels. Mais cet espace représente tout de même un intérêt : il est situé à proximité de la zone d'activités de Sainte-Marguerite.

A Grasse depuis 1998

C'est la fin d'une courte histoire industrielle Grassoise. La société Landaise ne s'est installée au Moulin de Brun qu'en 1998. Mais très vite l'entreprise s'est séparée d'une centaine de collaborateurs et a commencé à transférer ses activités sur la côte Atlantique. En 2004 des bruits de fermeture du site Grassois ont commencé à circuler. « La direction prévoit le transfert des activités grassoises dans les Landes d'ici à la fin de 2005 », indiquaient à la fin 2004 les représentants du personnel. Une grève avait même été organisée. Le directeur de l'époque assurait que la région grassoise «n'est pas adaptée au traitement des déchets industriels et à leur valorisation, notamment au travers de terreaux ». Et « les contraintes réglementaires y seraient également plus favorables à l'industrie ». Deux ans plus tard, la page Biolandes se tourne et son site ferme, laissant une nouvelle friche industrielle.

 

 

http://archives.nicematin.com/article/grasse/grasse-biolandes-veut-vendre-son-usine-du-moulin-de-brun.51868.html

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Qui est Biolandes ?

Producteur d'huiles essentielles & d'extraits naturels

https://www.biolandes.com/biolandes.php?lg=fr

Biolandes est une entreprise familiale fondée en 1980. Elle est implantée dans les Landes à Le Sen en France et possède 12 sites de production dans 7 pays :

La Fleur d’Oranger au Maroc et en Tunisie

L'Ylang Ylang, de Madagascar aux Comores 

Les Mousses, de la Macédoine à la Lozère 

L'Iris, de la Toscane à la Gascogne

Le Ciste Labdanum en Andalousie

La Rose de Bulgarie 

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L’histoire de Biolandes commence à la fin des années 1970 quand Dominique Coutière décide d’implanter son entreprise au coeur des Landes. Biolandes naît de l’idée de distiller les aiguilles de pin maritime dans la plus grande forêt cultivée d’Europe. Les techniques de distillation traditionnelles sont modernisées par la mise au point d’un procédé de distillation en continu, qui sera ensuite appliqué à l’extraction du ciste puis des mousses.

Revalorisation des déchets, vision durable 

Tandis que l’essence de pin est vendue à l’industrie des parfums, les aiguilles de pin distillées sont valorisées par compostage. L’activité de fabrication de terreaux est née.

 

L'usine Biolandes dans les Landes



Le développement dans les extraits naturels 

Durant ses 20 premières années, Biolandes élargit son offre de matières premières aromatiques et crée des filières d’approvisionnement dans les pays où les plantes sont endémiques ou cultivées traditionnellement. Au milieu des années 1990, le groupe consolide sa croissance par l’acquisition de deux entités industrielles à GRASSE (Bertrand-Frères et finalement les restes de SBI). En parallèle, Biolandes met au point un procédé original d’extraction d’un antioxydant à partir d’écorce de pin maritime.

 



La diversification

En 2006, le groupe se diversifie dans le façonnage des compléments alimentaires. Ce nouveau métier est développé avec la même maîtrise des produits naturels et des procédés industriels que celle des activités historiques.

En 2011, le groupe acquiert une société dans le bois qui, bien implantée au Brésil, au Portugal et en France, s’est développée dans les aménagements en bois ainsi que la fabrication de granulés de bois énergie destinés aux mêmes marchés que l’activité terreaux.

Aujourd’hui 

Biolandes a quitté ses usines de Grasse

Porté par l’intérêt croissant des consommateurs pour les produits naturels, le groupe poursuit hors de Grasse son développement.

Brochure société  :  https://www.biolandes.com/biolandes.php?lg=fr

Grasse a perdu une entreprise en plein développement qui est partie avec tout le savoir faire grassois...

 

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Voir https://www.lesechos.fr/09/03/1998/LesEchos/17601-091-ECH_parfumerie---biolandes-technologie-renforce-son-leadership-mondial.htm

 

 

38/ ET QUELQUES AUTRES PARFUMERIES OUBLIEES

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39/ LES COURTIERS EN PARFUMERIE DISPARUS

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COURTIER LUCIEN ROUSTAN

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"Avec la disparition des usines à parfums s’est aussi éteinte la profession de "courtiers en parfumerie" . Toutes les « matières premières » ne se trouvaient pas seulement à Grasse ou alentour il y avait aussi l’importation . Mon grand père, Lucien Roustan de Saint-Jacques avait comme spécialité l’ylang ylang de Madagascar. Il importait exclusivement la production des missionnaires de la région de Noci Bé Noci Comba . Il y avait 3 niveaux de pression. L’extra , la première, la seconde. Des échantillons ,des prix différents, pour chaque catégorie. Il partait le matin avec dans sa sacoche les différents échantillons en disant. « Je vais faire ma tournée » vue le nombre d’usines à l’époque il fallait plusieurs jours dans la semaine. Il y rencontrait aussi un grand nombre de ses confrères chacun avec ses spécialités ou essayant d’avoir LA commande. !!! Il importait aussi du géranium Bourbon de la Réunion. Les marchandises arrivées par bateau à Marseille et étaient livrées dans des grands fûts scellés. Puis un jour une Grand catastrophe s’est abattue sur ces importations : la fermeture du canal de Suez. !!! Et les bateaux de marchandises ont mis entre deux et trois mois pour arriver dans l’obligation de faire le tour de l’Afrique par le Cap ! Un désastre ! J’entendais mon grand père répondre aux diverses demandes « ne vous inquiétez pas j’ai un bourbon flottant ». Ou « j’ai trois fûts d’extra en vue ( de Marseille) » à l’époque c’était un mystère pour moi, un code inexplicable !!!

Certaines usines comme Chiris avaient créé des comptoirs à l’étranger et distillait sur place pour le compte de la maison! Puis petit à petit les méthodes d’achat ont changé et la vie des usines s’est transformée..."

Texte de Laure Beluffi

 

Photos : Lucien Roustan courtier - Document Laure Beluffi

 

 

???

peut être ....

Toute information complémentaire à cette étude sera la bienvenue.

 

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De toutes les façons cette histoire ne sera jamais finie...

En fin de l'année 2017, nous apprenons que la Société EXPRESSIONS PARFUMEES crée par le parfumeur Jacques LIONS (ex nez de Lautier et de Méro) et qui a connu plusieurs années de gloire avec une progression fulgurante, va être reprise par GIVAUDAN qui souhaite "mettre un pied sur le territoire historique des matières premières pour les industries de la Parfumerie..." Comme un air de déjà vu ... (c'était la même chose avec ROURE...)

Heureusement, de nouvelles sociétés voient le jour... Quelques grands noms aiment Grasse et viennent y installer leur nom prestigieux comme DIOR et VUITTON...

Grasse continue à vivre dans un éternel recommencement....

 

 

 

"""""""""LES AVENTURES DE ROBERTET"""""""

ACTE 1

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ROBERTET ET FIRMENICH

SEPTEMBRE 2019

 

Robertet : un concurrent s'invite au capital

INVESTIR.FR | LE 30/09/2019 


Ce petit bijou de la Bourse de Paris a vu un grand acteur du secteur entrer à son capital. Spéculation, donc, autour d’une prise de contrôle.
L'analyse (Investir)
Nos voisins suisses ont des coffres-forts bien garnis quand il s'agit d'arômes alimentaires ou d'ingrédients pour la parfumerie. Après l'OPA lancée en 2018 par le numéro un mondial du secteur, Givaudan, sur Naturex, avec une prime de 42%, c'est Firmenich, le numéro deux, qui entre chez Robertet.
Le groupe familial helvétique (non coté) a annoncé jeudi avoir racheté les actions et certificats d'investissement encore détenus par les fonds First Eagle, actionnaires de l'entreprise de la famille Maubert depuis près de vingt ans. Firmenich a acquis 16,4% du capital.

 

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Le groupe Robertet, contrôlé par la famille Maubert, vient de voir un concurrent suisse, Firmenich, s'inviter au capital - et plus si affinités.

Ce qui n'est pas du goût des Maubert, malgré un nouveau sommet en Bourse pour l'action Robertet, qui, au record historique de 745 euros (soit + 41% depuis fin 2018), capitalise désormais plus de 1,6 milliard d'euros.

Discret, Robertet gagne pourtant à être connu. Ce groupe grassois se présente comme le leader mondial des ingrédients naturels et aromatiques utilisés par la parfumerie, les industries alimentaires, etc. Il s'agit d'un groupe 'global' dont l'Europe et l'Amérique du Nord représentent chacune environ le tiers du CA, et l'Asie près du cinquième.

En 2018, le chiffre d'affaires de presque 525 millions d'euros (+ 7,5% hors changes) s'accompagnait d'un bénéfice net de 51,9 millions d'euros (+ 6,6%) dont découle une marge nette appréciable de 9,9%, soit 20 points de base de plus qu'en 2017. Au 1er semestre 2019, où le le CA a atteint 287,7 millions (+ 4% à changes constants), la marge nette a atteint 10,2%. Le bilan est vierge de dette, permettant ainsi d'envisager des acquisitions.

Quid du capital ? La famille Maubert contrôle près de la moitié des parts, ce qui lui assure environ les deux tiers des droits de vote. Et sinon ? De longue date, un fonds d'investissement américain avait bâti une position importante au capital de Robertet à partir de 2000 : ainsi, First Eagle Investment Management a dépassé les 30% des parts vers 2010, avant de réduire un peu la voilure, pour revenir dernièrement vers 20%. Vu l'évolution du cours, il a sans doute bien gagné sa vie.

Coup de théâtre : le fonds américain vient de faire place au groupe suisse Firmenich International qui l'a remplacé, avec 17,4% des parts et près de 9% des voix, selon un avis de l'AMF du 26 septembre.

Avis qui comprend aussi la déclaration suivante : 'Firmenich International est prêt à demeurer actionnaire minoritaire passif et de long terme de la société aux côtés de la famille Maubert. Firmenich International est aussi disposé à discuter amicalement d'une éventuelle augmentation de sa participation, et également prêt à construire une collaboration plus étroite afin d'accompagner le succès à long terme de la société. Si cela lui est proposé, Firmenich International étudiera la possibilité de prendre une participation de contrôle dans la société'. On ne saurait être plus clair.

Dans ce secteur, 'Firmenich est le troisième acteur mondial détenant près de 14% de part de marché après Givaudan (20% de parts de marché) et IFF (18% de parts de marché)', explique Midcap Partners ce matin. 'Le secteur a connu une accélération de la consolidation, Givaudan, IFF et Symrise (4ème mondial) étant les plus actifs sur ces dernières années', ajoutent les spécialistes.

Comment a réagi Robertet ? 'Robertet a le plus grand respect pour la société Firmenich, acteur essentiel de l'industrie des parfums et des arômes', indique le groupe, ajoutant aussitôt : 'Dans cette prise de participation, il ne faut voir aucune volonté de rapprochement ni de collaboration avec ce nouvel actionnaire'.

Enfonçant le clou, le PDG Philippe Maubert déclare aussi : 'L'indépendance de notre société n'est pas négociable'. Fermez le ban.
 

ZONE BOURSE - 27/09/2019

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WEB TIME MEDIAS - 3 Octobre 2019

Grasse : Robertet bien décidé garder son indépendance face à Firmenich
Publié le 3 Octobre 2019 - par Jean-Pierre Largillet

"L'indépendance de Robertet n'est pas négociable", a bien souligné le groupe grassois, suite à l'annonce d'un rachat de 17% de ses actions (et 9% des droits de vote) par le puissant groupe suisse Firmenich. Spécialisé dans les produits naturels, Robertet, l'un des poids lourds azuréens des parfums et arômes (525 M€ de chiffre d'affaires) a fermé d'entrée la porte à une montée au capital, voire à une prise de contrôle du géant suisse (3,4 milliards de CA).
"L'indépendance de Robertet n'est pas négociable" : c'est ainsi que le groupe grassois, leader du naturel a pris acte dans un communiqué publié sur son site web de l’achat par le puissant groupe suisse Firmenich des actions détenues par le fond de pension américain First Eagle pour une part minoritaire du capital. Et de bien rappeler que la société Firmenich, acteur essentiel de l'industrie des parfums et arômes, ne disposait que 17% des titres mais seulement 9% des droits de vote. (Photo © Robertet)

Robertet : "Aucune volonté de rapprochement ni de collaboration avec ce nouvel actionnaire"

 

Photo Web Time Medias


"La famille Maubert, au travers de Maubert SA, contrôle plus de 65% des droits de vote de Robertet", est-il souligné. "Cette opération ne modifie en rien la politique d’indépendance et la stratégie du Groupe principalement tournée vers les naturels." Et d'enfoncer bien le clou. "Robertet a le plus grand respect pour la société Firmenich, acteur essentiel de l’industrie des parfums et des arômes. Dans cette prise de participation, il ne faut voir aucune volonté de rapprochement ni de collaboration avec ce nouvel actionnaire."

L'affaire s'est jouée récemment. La semaine dernière, la société First Eagle Investment Management a vendu les actions qu'elle détenait et, "agissant pour le compte de fonds et de clients dont elle assure la gestion", a franchi successivement les seuils de 15%, puis 10%, 5% du capital et des droits de vote de la société Robertet pour ne plus détenir à la fin aucune action.

Firmenich : prêt à une participation de contrôle si on le lui proposait
De son côté, le groupe suisse Firmenich a annoncé jeudi 26 septembre dans un communiqué qu'il allait acquérir 17% du français Robertet, au prix de 683,30 euros par titre, pour un montant d’environ 274 millions d’euros. Cela suite à un accord avec le groupe d’investissement américain First Eagle Investment. Cette participation minoritaire est constituée de 303.875 actions et 97.305 certificats d’investissement.

"Firmenich est prêt à demeurer actionnaire minoritaire passif et de long terme de Robertet aux côtés de la famille Maubert", relevait le groupe suisse dans un communiqué en précisant qu'il était disposé "à discuter amicalement d’une éventuelle augmentation de sa participation" et en ajoutant même que "si cela lui était proposé, Firmenich pourrait également envisager de prendre une participation de contrôle dans Robertet".

La position de Robertet sur les produits naturels...
Pour le Directeur Général de Firmenich, Gilbert Ghostine cité dans le communiqué, "cet investissement s’aligne pleinement sur notre vision pour des solutions durables et naturelles". Et de noter que Robertet dispose d’un portefeuille solide d’ingrédients naturels et qu'il est "bien positionnée" pour bénéficier de la demande des consommateurs pour les produits naturels. Mais face à ces appels du pied, la réponse qui lui a été faite du côté de Grasse est nette : Robertet, installé depuis 150 ans à Grasse, 525 M€ de chiffre d'affaires en 2018, est bien décidé à rester indépendant.

Groupe familial basé près de Genève, Firmenich pèse cependant très lourd. Plus lourd que Robertet avec 3,4 milliards d’euros de chiffre d'affaires. Il rivalise entre autres avec Givaudan, autre Suisse du canton de Genève, qui a fait quelques emplettes à Grasse l'an dernier en rachetant Expressions Parfumées et Albert Vieille et avait acquis à Avignon, Naturex, un fabricant d’extraits végétaux et d’ingrédients naturels, pour près de 1,3 milliard d’euros.
 

 

 

 

 """""""""LES AVENTURES DE ROBERTET""""""""

ACTE 2

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ROBERTET ET GIVAUDAN

5 Février 2020

 

PAR DENIS LANTOINE | INVESTIR.FR | LE 05/02/20 À 09:59 | MIS À JOUR LE 05/02/20 À 10:37 @dlantoine

Le numéro un mondial des arômes Givaudan a acquis près de 5% du capital de son concurrent français. Un message destiné au marché, selon un analyste, après la récente irruption de taille de l’autre ténor helvétique du secteur Firmenich. 

Robertet doit être une perle bien rare pour susciter autant l’intérêt des deux géants suisses de l’agroalimentaire Firmenich et Givaudan. Avec un refus en guise de réponse à toute approche de la part du groupe français. Pour le premier, il est déjà bien installé au capital du producteur d'arômes et de compositions pour la parfumerie, avec une part de plus de 20% du capital. La famille Maubert contrôle, elle, 47% du capital et surtout 67,5% des droits de vote. Mais "l'indépendance de notre société n'st pas négociable" avait affirmé le président-directeur général du groupe basé à Grasse.

Lors de sa réunion du 4 décembre dernier, le conseil d'administration s'était contenté de prendre acte de l’entrée de Firmenich au capital de la société par ses achats d'actions du 26 septembre et 11 octobre 2019. A l’unanimité, il avait estimé que cette entrée au capital « est non sollicitée et qu'aucune discussion avec la société Firmenich sur des points de rapprochement n'a été jugée opportune ».

Mais voilà maintenant que Givaudan, qui avait entre lui aussi dans la partie. C’est par un bref communiqué que Robertet indique ce mercredi avoir été informé que le géant suisse détient, via des achats de titres sur le marché, 4,68% de ses intérêts, ou 3,19% des droits de vote. Ce qui réduit d’ailleurs d’autant plus le flottant, à moins de 27%.

« L'indépendance du groupe reste la priorité »

La réponse, est, elle, la même : « L'indépendance du groupe reste la priorité car elle est créatrice de valeur et de croissance à venir » rétorque encore la direction de Robertet en conclusion de ce même communiqué. Pour les analystes de Midcap Partners, « cette entrée de Givaudan en tant qu’actionnaire minoritaire [est] une manière de signifier au marché que, dans le cas où Robertet serait à vendre, Givaudan pourrait se positionner en tant que potentiel acquéreur. Givaudan n’a aucunement envie de voir ce joyau des naturels dans l’escarcelle de son concurrent genevois. ». Une chose est sûre, avec sa majorité de droits de vote, c’est la direction de Robertet qui a les cartes en main. Ce qui n’empêche pas la Bourse de spéculer. Ce mercredi, l’action grimpe de plus de 4%, ce qui porte son avance à plus de 80% sur un an. 

 

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Les Maubert ont bien fait de conserver la majorité des droits de vote de l'entreprise familiale Robertet, au vu de l'intérêt qu'elle suscite dans le secteur des parfums et fragrances. L'entreprise de Grasse a révélé que Givaudan, l'un des trois plus grands acteurs du secteur, a accru sa participation à 4,68% du capital.

"Cette prise de participation n’a pas été sollicitée par Robertet et n’a fait l’objet d’aucune négociation", prend soin de préciser le management français. Il y a quelques mois, Robertet avait déjà enregistré l'irruption au capital d'un autre acteur de référence du secteur, Firmenich. Suisse, Genevois même comme Givaudan, Firmenich avait récupéré 21,61% du tour de table et fait un appel du pied sans équivoque à la famille Maubert. Il s'était vu opposer une sévère fin de non-recevoir : Robertet n'a pas l'intention de transiger avec son indépendance.

Il n'empêche, la pression monte et l'arrivée de Givaudan, qui n'a rien dit de ses intentions, vient compliquer un peu plus l'équation. "Comme cela a toujours été affirmé, l’indépendance du groupe reste la priorité car elle est créatrice de valeur et de croissance à venir", précise-t-on côté Robertet.

 

Document :https://www.zonebourse.com/ROBERTET-5034/actualite/Robertet-Givaudan-rejoint-Firmenich-au-capital-29943620/

 

 

 

 

 

 

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Ce blog a été réalisé par : andre.raspati@gmail.com

Avec mes plus vifs remerciements aux différentes personnes qui m'ont aidé à réaliser ce blog "Grasse-Vintage" et tout particulièrement :

  • La Région PACA qui m'a aimablement autorisé à utiliser les textes et les photos publiés dans l'inventaire général du Patrimoine Culturel : https://dossiersinventaire.regionpaca.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22parfumerie+de+Grasse%22&type=Dossiers
  • Le centre de Documentation iconographique, documentaire et historique produite par les services patrimoniaux de la DRAC PACA et réalisée par Gabriel BENALLOUL -  http://patrimages.culture.fr/
  • La Maison du Patrimoine de la Ville de Grasse dont la responsable Laurence ARGUEYROLLES m’a permis d’accéder à de très nombreuses informations - animation.patrimoine@ville-grasse.fr 
  • Les Archives Communales de la Ville de Grasse qui m'ont aidé dans mes recherches et permis d'accéder à de très nombreuses informations - http://www.ville-grasse.fr/archives_communales.html   et particulièrement Mesdames  BARBUSSE et HERNANDEZ 
  • Corinne JULIEN-BOTTONI qui m'a aimablement autorisé à publier ses articles de l'histoire de Grasse qui paraissent régulièrement dans Nice-Matin 
  • Robert VERLAQUE, professeur, historien, auteur d'ouvrages sur Grasse (Grasse du Moyen-Age à la Belle-Epoque, Grasse au XX ème siècle), Président du Cercle Culturel de Grasse qui m'a transmis de nombreux documents
  • Alain SABATIER, photographe qui m'a autorisé à utiliser ses clichés pour illustrer mes blogs
  • Toutes les personnes qui m'ont prêté leur collection de cartes postales, de photos ou de documents. 
  • Toutes les personnes qui publient ou qui ont publié sur les réseaux sociaux des documents ayant un lien avec mon blog

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Bibliographie

  • "Contribution à la connaissance de la ville de Grasse" de Joseph FARNARIER
  • "Le Pays de Grasse" de Hervé de FONTMICHEL
  • "Grasse, Portrait d'une ville provençale" d'Alain SABATIER et Lucien AUNE
  • "Grasse, dans les bouleversements du XXe siècle" de Robert VERLAQUE

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Si un document qui figure dans ce blog n'est pas libre de droit merci de me le signaler

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Commentaires
A
Bonjour<br /> <br /> J'ai acheté une veille boite remplie de fioles d'essences et d'huiles de parfumerie distillées maison aux antiquités<br /> La plupart n'ont pas d'etiquette mais certaines ont été étiquetées avec des noms exotique comme bois de santal mysore 1984 et Baume du perou 83, un vrai trésor des sens.<br /> J'ai plusieurs fiole neuve Roure Bertrand fils et J.Dupont Auturie N°22 extra 100gr<br /> Connaitriez vous une personne ou une société qui pourrait m'aider à identifier les différent parfum et savoir ce que contiennet ces fioles brunes<br /> Merci<br /> Bien cordialement
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S
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